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bernard cazeaux

Découvrir la littérature, Régionale, Terroir et Traditions, Fictions Bernard Cazeaux

Publié le par Evy

Nos écrivains racontent des histoires qui se sont déroulées venez les découvrir...

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Extrait du prologue du tome 1 de la Saga Fantasy "Malthéas" qui est en 6 tomes

Publié le par Evy

Idée cadeaux pour les fêtes ou pour le plaisir...

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Extrait du prologue du tome 1 de la Saga Fantasy   "Malthéas" qui est en 6 tomes

Prologue

Janas

1

L’heure la plus chaude de la journée donne l’impression que tout s’arrête. Tout sauf le bourdonnement incessant des mouches qui sortent toujours de nulle part et le chant mélodieux des cigales. 

Janas aimait cette période de l’année qui lui permettait de se prélasser dans l’herbe et de jouer avec les grillons et les sauterelles. 

Au sommet de la butte le grand noyer étalait ses longues branches. Alentour, des bois entourés de prairies. Légèrement en contrebas, une ligne de fourrés inextricables. Sur la droite, la prairie descendait doucement, se faufilant entre bois et vallons comme un gros serpent vert, piquée çà et là de bouquets de fleurs survolés de papillons multicolores et d’abeilles infatigables. Sur la gauche, un bois descendait le long de la pente pour remonter sur le versant opposé. Des ronces et des buissons entrelacés, percés de tunnels façonnés par les animaux sauvages, rendaient sa lisière inaccessible. Les quelques brebis confiées à la garde de Janas avaient rejoint l’ombre du noyer, serrées les unes contre les autres, le museau au ras du sol. Janas n’arrivait pas à comprendre pourquoi plus il faisait chaud plus les brebis se tenaient serrées. « C’est quand il fait froid qu’il faut se serrer pour se tenir chaud, comme je fais avec Marnia l’hiver dans la chaumière », pensait-il assis au pied de l’arbre, le dos appuyé contre le tronc. Marnia était sa petite sœur. Âgée de trois ans, elle était restée au hameau avec leur mère. Janas avait sept ans. Un grand par rapport à Marnia qui le regardait avec des yeux admiratifs partir seul le matin pour garder le troupeau. 

Au hameau, les hommes avaient dû quitter les champs pour manger un morceau et se protéger du soleil à son zénith. Janas se dit qu’il allait faire de même. Il ouvrit la besace et découvrit avec le morceau de pain et la moitié d’oignon, une petite pomme. Un sourire illumina sa face. Marnia avait dû la chiper pour la lui donner, au risque de se faire gronder par leur mère. Lorsque c’était le cas, elle tournait son regard plein de larmes vers son père qui la prenait aussitôt dans ses bras. Il ne supportait pas de la voir pleurer et lui pardonnait tout ; elle savait si bien s’y prendre. Janas n’était pas jaloux, il avait pour cet amour de petite sœur les mêmes faiblesses que son père.

Il posa la pomme à côté de lui et attaqua gaillardement le pain et l’oignon. Excédé par une grosse mouche bleue, il essaya de la balayer d’un revers rageur de la main. Dans ce geste aussi violent qu’inutile quant à ralentir l’ardeur de la mouche, il heurta la pomme. Celle-ci roula dans la pente vers les fourrés. Il sauta sur ses pieds et courut pour rattraper la fugueuse qui prenait de la vitesse. À trois pas des fourrés, courbé, bras tendus au ras du sol, il plongea et emprisonna dans ses mains le cadeau de Marnia que pour rien au monde il n’aurait voulu perdre. 

Il ne se doutait pas qu’elle venait de lui sauver la vie.

2

Les bêlements affolés des brebis le firent sursauter. Elles tournaient autour de l’arbre en se bousculant l’une l’autre. Une peur instinctive jeta un manteau froid sur ses épaules, malgré la chaleur écrasante il ne put réprimer un frisson. L’image d’un loup lui vint à l’esprit. Mais c’était impossible, pas en plein jour, pas l’été par cette chaleur. Les brebis auraient fui devant la terrible bête. Non, autre chose les dérangeait. N’écoutant que son courage et son sens du devoir, il se résolut à aller voir. À sept ans il était grand. Ne lui avait-on pas confié la garde du troupeau ? Il devait se montrer à la hauteur de la confiance placée dans sa jeune personne. Son père ne manquait jamais de le lui rappeler. Avec toute la fougue et la vitalité de son jeune âge, il remonta dans la pente en courant. À mi-parcours il s’arrêta pour reprendre son souffle. Ce fut là qu’il les entendit. Pas de doute : des cavaliers !

Au bruit des sabots frappant en rythme le sol s’ajoutaient, dominants, les souffles bruyants jetés par les naseaux et les ahans de ces pauvres montures que plusieurs cavaliers insensibles forçaient à galoper dans la montée écrasée par un soleil de plomb ; le tout accompagné des cliquetis métalliques caractéristiques d’un équipage en armes. D’esprit vif et éveillé, Janas jugea rapidement la situation. Il ne pouvait s’agir de son seigneur. Celui-ci aimait trop les chevaux pour leur infliger pareil traitement par cette canicule. Il ne pouvait pas s’agir non plus de moines qui n’utilisaient que des mules pour leurs déplacements. Des marchands étaient à exclure, ceux-ci ne galoperaient pas et ne voyageraient pas sous ce soleil. 

 

Janas décida de rester devant la trouée qui lui permettait de prendre en enfilade la prairie jusqu’au sommet de la colline où se trouvait le noyer. La pente du bois qui continuait sa descente jusqu’au fond de la combe lui procurait un angle de vision idéal. Sa chair de poule s’estompait à peine lorsqu’il apparut. Le sang de Janas se glaça ; la chair de poule l’envahit à nouveau. Dans un mouvement de recul incontrôlé il se retrouva sur les fesses. De sa bouche s’échappa un petit cri provoqué par une inspiration brutale. L’effet de surprise passé, il reprit sa position afin de mieux observer l’objet de sa stupeur.

3

Depuis toujours Janas adorait les chevaux. Il nourrissait pour eux une véritable vénération. Dans ses rêves d’enfant, il caressait l’espoir qu’un jour il parcourrait lui aussi la campagne sur le dos d’un cheval, tel un chevalier. Ce rêve était souvent de courte durée car son père, devinant dans ces moments-là le cheminement de sa pensée, venait bien vite crever cette bulle onirique en lui rappelant qu’il n’était qu’un petit paysan voué au travail de la terre de son seigneur.

 

4

Ce fut sans doute cette espèce d’amour impossible pour un animal inaccessible à sa condition qui provoqua chez lui un sentiment ambigu, mélange de terrifiant et de merveilleux, d’horreur et de beauté. Toutefois son instinct l’incita à la prudence. Bouche bée, yeux écarquillés, il ne quitta pas l’équipage du regard mais ne bougea pas de place.

Le destrier, une bête puissante au poitrail bien éclaté, était d’un noir de jais. Ses boulets et ses larges sabots étaient couverts de poils noirs descendant des canons. Sur une encolure puissante en col de cygne, une épaisse et longue crinière ondulée brillait de mille feux. Sa queue, faite de longs crins brillants, fouaillait l’air en tous sens. Son poil luisait de transpiration, tous les cuirs du harnachement étaient ourlés par l’écume blanche de la sueur. Il faisait des pirouettes et piaffait des antérieurs. À le voir ainsi, resplendissant de force et de beauté, c’était certainement un étalon de race Équidorienne. Destrier redoutable au combat lorsque bien dressé, capable de tuer un homme ou un cheval d’une ruade ou cabré en frappant des antérieurs dans les mêlées confuses des engagements ; véritable auxiliaire du cavalier. Il était au sommet du talus. Sa silhouette et celle de son cavalier se détachaient dans le bleu de l’azur. L’homme qu’il portait était de grande taille. À cette distance Janas ne pouvait pas deviner ses traits. Il était recouvert d’une épaisse cotte de cuir tressé de couleur fauve, noircie par plaques par la crasse et le sang séché. Lorsque l’homme se tenait debout, celle-ci devait arriver au-dessous des genoux. Elle était fendue devant et derrière pour permettre de monter à cheval. Une épaisse cotte capable de protéger des coups et des pointes de flèches. À son côté pendait une épée de la hauteur de Janas. Accroché au flanc du cheval, il y avait un bouclier rond d’où émergeait une lance pointée vers le ciel. Un arc complétait l’équipement. Sur sa tête, un casque conique équipé d’une protection qui descendait sur le nez brillait sous le soleil. Par cette chaleur l’homme devait littéralement cuire ainsi bardé de cuir et de fer.

Janas ne pouvait le quitter des yeux, à la fois terrorisé et fasciné. Un autre cavalier apparut à côté du premier. Il descendit légèrement dans la pente puis remonta vers l’arbre en opérant un mouvement tournant. Janas comprit qu’il voulait couper la route aux brebis. Puis deux autres cavaliers émergèrent du sommet en face du deuxième cavalier ; trois autres arrivèrent par la droite. 

 

Il vit un des soldats montrer au cavalier de l’étalon noir, qui semblait être le chef, la besace qu’il avait laissée au pied de l’arbre quand il était parti à la poursuite de sa pomme. Janas s’aperçut que dans l’herbe on discernait la trace de sa course jusqu’au bosquet. Le chef regarda dans sa direction et descendit vers lui en suivant la trace. À mi-chemin, Janas put voir le visage de l’homme. Il était large et recouvert par une barbe rousse, des mèches de cheveux aux couleurs d’incendie sortaient du casque. Jusqu'à l’angle de l’œil, sa pommette gauche était fendue par une grosse cicatrice, souvenir sans doute d’une épée adverse. Cette vision le terrorisa. L’homme ne pouvait pas le voir, pas plus qu’il ne pouvait pénétrer dans les buissons, mais la peur fut plus forte que la raison. Toujours accroupi, il se mit à reculer sans quitter l’homme des yeux. Le souffle puissant de l’étalon était assourdissant. À son approche les oiseaux s’envolèrent, le sous-bois perdit sa quiétude. 

Les yeux pleins de larmes, Janas semblait hypnotisé. Il ne pouvait pas détourner son regard et, sans regarder où il allait, il recula dans la pente, insouciant aux ronces qui lui mordaient les jambes, les bras et les oreilles. Il ne vit pas qu’il arrivait au-dessus d’un petit surplomb rocheux. Il tomba en arrière et atterrit sur un lit de branches mortes, de ronces et de branches de buissons qui s’ouvrit en craquant sous son poids. Lorsque son dos heurta le sol, il n’y avait plus rien pour l’amortir. Il eut juste le temps de voir des morceaux de ciel au travers du feuillage avant que, souffle coupé et ne pouvant plus bouger, la nuit se fasse dans ses yeux.

Le cavalier effectua un aller-retour en essayant de regarder dans le bois. Puis, éperonnant l’étalon, il lui fit remonter la pente au trot pour rejoindre les autres cavaliers.

 « Il a dû fuir à notre arrivée, dépêchons-nous avant qu’il donne l’alerte, le hameau n’est pas très loin. » 

Ils partirent au grand galop derrière l’étalon noir, impressionnants de force et de brutalité, puant la sueur et la crasse à plein nez, l’odeur des hommes mêlée à celle des chevaux. À cette heure chaude et paisible de ce jour magnifique, la mort avait pris l’aspect d’une horde effrayante.

 

Maltheas  (6 tomes)

Le Kandora est un empire subitement confronté à un complot aux nombreuses et surprenantes ramifications, où se rejoignent les manipulations politiques et les intérêts personnels. Pour le combattre, les personnages de cette épopée, dont le héros Malthéas, se livrent autant à la quête d’un artefact ancien, symbole du pouvoir d’une ancienne lignée de rois, qu’à la quête de leur propre identité. 

Dans cette saga qui mêle intrigues, action, combats et amour, des personnages attachants et complexes côtoient ou affrontent tout ce que compte l’humanité dans ce qu’elle a de meilleur et de pire. Chaque chapitre est le théâtre d’évènements, de rebondissements et de révélations.
 

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" Roman Fantasy " Bernard Cazeaux

Publié le par Evy

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" Recueils de Poésie " Bernard Cazeaux

Publié le par Evy

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L'interview de Bernard Cazeaux sur Rcf Pays d'Aude dans l'émission Rue des Arts est passée aujourd'hui.

Publié le par Evy

 

Interview sur RCF Pays d'Aude dans l'émission Rue des Arts est passée aujourd'hui.
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bernard cazeaux - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

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Bernard Cazeaux propose ses ouvrages ...

Publié le par Evy

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Extrait de "Chroniques du Sud-ouest - Histoires campagnardes Bernard Cazeaux... d'antan"

Publié le par Evy

Extrait des Chroniques du Sud-ouest
Histoires campagnardes d’antan
Le tas de fumier

Emblème incontournable de la ferme d’antan qui ne connaissait pas les pudeurs d’aujourd’hui, le tas de fumier s’exposait à la vue de tous, sans provocation ni indécence.

Il était le fruit d’une corvée aussi quotidienne que fastidieuse. Chaque matin, avec fourche et brouette, le paysan évacuait les bouses tombées dans la paille « au cul des vaches et des bœufs ». Un mélange lourd et malodorant qui imprégnait bottes, sabots et vêtements. Une odeur qui envahissait la ferme, y compris l’habitation du paysan qui jouxtait souvent l’étable afin de profiter de la chaleur des bêtes ; une simple porte se contentant de séparer l’étable de la salle principale de la ferme. 

Les lourdes brouettes pleines de fumier devaient être extraites de l’étable et vidées dehors sur le tas de fumier. Raison pour laquelle ledit tas se trouvait au plus près de l’étable afin d’éviter des trajets éreintants. Tout le monde était habitué à cette promiscuité. Il n’y avait guère que le touriste de passage pour pincer du nez en entrant dans la cour d’une ferme.

Au sujet du tas de fumier de la ferme me reviennent deux anecdotes étonnantes. 

*

La première, impliquant une touriste, date d’une trentaine d’années.

Un agriculteur voisin me fournissait en pain qu’il fabriquait lui-même de manière artisanale. Il élevait aussi de magnifiques porcs noirs gascons qui vivaient en plein air. Sa charcuterie hors du commun était, comme on dit, à s’en lécher les quatre doigts et le pouce. Alors que nous discutions de l’élevage des porcins tout en admirant les truies suitées de superbes porcelets qui s’agitaient dans les prés, nous en vînmes à parler de certains de ses clients. C’est ainsi qu’il me fit un jour ce récit.

Avant de poursuivre plus avant mon propos, je me dois de procéder à une précision sémantique. Il faut savoir que pour tous les habitants des campagnes du sud-ouest de la France, et depuis toujours, le touriste qui « parle pointu » est automatiquement identifié comme un Parisien. 

Une « Parisienne » donc, femme entre deux âges, coquette et apprêtée, venait régulièrement chez mon voisin pour acheter des œufs. De ces bons œufs frais de ferme qui ne sont pas pondus par des poules martyrisées dans des cages exigües et nourries exclusivement d’aliments industriels. 

Pour elle l’opération relevait du safari en « terra incognita ». Elle débarquait au volant de sa voiture immaculée qu’elle garait à l’extérieur de la cour de ferme, depuis qu’un jour elle avait retrouvé un énorme dindon perché sur le capot de la limousine. Capot qu’il n’avait consenti à quitter qu’après avoir lâché d’un air dédaigneux une énorme, liquide et odorante fiente que l’agriculteur s’était empressé de nettoyer avec un seau d’eau promptement jeté sur la carrosserie. La dame n’eût pas été plus effarouchée, chargée par un éléphant au Kenya.

Après avoir quitté son véhicule, elle s’aventurait à l’extérieur en posant ses pieds manucurés avec les précautions d’un évadé qui traverse un champ de mines. Mais l’appel des œufs frais, dont « elle raffolait à la coque avec des mouillettes », disait-elle en minaudant comme une gamine, avait raison de son appréhension.

Elle s’en régala tant et plus jusqu’au jour où, enhardie par l’habitude, elle prolongea sa découverte aventureuse plus avant dans la cour. Ce fut là qu’elle aperçut, stupéfaite, choquée même, ses pourvoyeuses d’œufs perchées sur le tas de fumier qui se trouvait à l’arrière des bâtiments. 

Les gallinacées s’en donnaient à cœur joie avec force gloussements et caquètements, grattant et fouillant avec entrain de la patte et du bec la masse malodorante pour en extraire des vers appétissants ou des grains pas digérés. 

Portant la main à son cœur, les yeux écarquillés et la bouche en cul de poule, la pauvre femme faillit avoir une attaque en découvrant que les pondeuses se nourrissaient aussi dans le tas de fumier. Elle trouva cela fort dégoutant, au point de cesser séance tenante ses achats d’œufs. 

Philosophe, l’agriculteur me dit en rigolant : « je me demande si elle sait que les œufs leur sortent du trou du cul ? »

 

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Poème qui dénonce les violences faites aux femmes Bernard Cazeaux ...

Publié le par Evy

Poème qui dénonce les violences faites aux femmes.

 

Domination.

 

Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

La haine et la folie ignorent la raison.

En confondant les mots amour et

possession,

Les affres du tourment germent dans

l’esprit mort.

 

Quand d’un MA possessif devant fiancée

ou femme

Il clôture d’un mot cette propriété,

Il nie à celle-ci sa part d’humanité

Pour mieux la séquestrer dans sa prison

infâme ;

 

Où l’esprit aliéné devient sombre cachot,

Avec pour geôliers des barreaux invisibles

Soigneusement forgés par un pervers

habile,

Qui en subtil bourreau la ligote de mots.

 

Mais si du cœur flétri où gisent les

passions,

Renaissent lentement des fleurs de

liberté,

Ce sera d’un couteau qu’il voudra les

couper,

La vengeance et la mort pour unique raison.

 

Bernard Cazeaux 

 

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Article paru, 11 décembre 2020, dans la Dépêche du Midi Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

 

Article paru, 11 décembre 2020, dans la Dépêche du Midi  Bernard Cazeaux...

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" Chroniques du Sud-Ouest - Histoires campagnardes d'antan " Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

" Chroniques du Sud-Ouest - Histoires campagnardes d'antan "  Bernard Cazeaux...

 

" Chroniques du Sud-Ouest - Histoires campagnardes d'antan "

Ce recueil d'histoires campagnardes, rudes, tendres et drôles, évoque des épisodes réellement vécus dans différents villages du Sud-Ouest. On y retrouve des personnages pittoresques, hauts en couleur, des tyrans domestiques, des enfants dégourdis, des arriérés et de joyeux lurons, témoins d'une époque révolue. ..

 

Introduction du livre

O tempora, o mores !

« Ô temps, ô mœurs », disait Cicéron. 

Autrement dit : « Quelle époque ! »

 

Au travers de ces courtes histoires, je parle de temps désormais révolus. J’ai tenté de rapporter la manière de parler de certains acteurs, tout en n’utilisant pas le patois, que je ne parle pas, qui était pour beaucoup à l’époque la langue de tous les jours.

 Je me dois également de prévenir que des éléments peuvent aujourd’hui choquer les âmes sensibles de notre société moderne coupée de ses racines ancestrales. Mais il fut un temps, pas si lointain, où la vie quotidienne dans nos campagnes réservait des moments de joie et d’allégresse propres à révulser certains de nos concitoyens citadins contemporains. 

Je pense en particulier aux moments où l’on festoyait entre voisins après avoir abattu les bêtes que l’on consommerait plus tard sur la ferme. Un temps de convivialité où le passage obligatoire par un abattoir n’était pas imposé. Ou encore, quand on « faisait la gnole », ce privilège de bouilleur de cru qui se transmettait,  désormais perdu à la mort du dernier détenteur.

Ces concitoyens contemporains qui parfois se hasardent dans une campagne idéalisée qu’ils ne peuvent imaginer que bucolique, et dont bien souvent ils veulent dicter les règles afin de contraindre la réalité jusqu’à son adéquation avec leurs fantasmes ou leur idéologie. 

Ainsi, un beau matin, après avoir acquis à prix d’or une bâtisse « de caractère » ou détourné une ancienne ferme de sa fonction première, ils débarquent en pays conquis, forts de leurs certitudes et de leur bon droit de propriétaire. 

Horrifiés, ils découvrent alors que les clarines des vaches tintent sans interruption tandis qu’elles paissent avec lenteur et enfournent de l’herbe à grosses bouchées dans les pâtures estivales. Puis, couchées dans l’herbe grasse, elles ruminent en posant un regard pénétré sur leur environnement, à la manière d’un philosophe en pleine méditation, tout en pétant à qui mieux mieux pour trouer la couche d’ozone. À ce tintamarre insupportable, tellement différent des bruits de la ville, vient se joindre parfois le tintement des cloches des églises qui rythment la vie des villages en égrenant les heures. 

Pire encore, dès potron-minet, les gallinacés mâles, que l’on nomme coqs, entonnent fièrement leur champ tonitruant pour annoncer l’arrivée de l’aube. Certains outrecuidants, peu fiables, déboussolés ou impatients, chantent alors qu’il fait encore nuit noire.

À l’heure de la traite matinale, les vaches laitières meuglent tandis que d’autres appellent leur veau. Les brebis et les chèvres bêlent pour sortir au pré et manifestent leur joie en quittant les bergeries, certaines portant aussi des clochettes.

Il faudrait expliquer à ces citadins que les cloches et clochettes ont une fonction autre que celle de les ennuyer. Dans les pâtures et les estives, elles servent au berger à repérer le troupeau. Mais aussi, lorsque elles se mettent à tinter violemment, elles signalent un affolement du troupeau à cause de la présence d’un danger, le plus souvent un prédateur, et éveillent les chiens de garde comme les Patous qui se précipitent pour protéger le troupeau.

Il arrive aussi que des chevaux hennissent, que des ânes braient ; sans parler des inévitables et omniprésents chiens de fermes et autres canidés de chasse qui aboient de manière intempestive pour un oui pour un non. Mais ce n’est pas tout. 

Aussi matinaux que les coqs, les oiseaux pépient et gazouillent bruyamment dans les bosquets, taillis et haies au mépris du repos bien mérité des citadins transplantés. Les merles insolents babillent et flûtent à tout-va. Les geais cacardent, les corbeaux croassent, les pies jacassent. La nuit les chouettes hululent, les crapauds coassent, les grillons stridulent, tout comme les cigales en plein jour qui se chauffent au soleil du midi sur l’écorce des pins, inconscientes de troubler la sieste du citadin fatigué.

Dans les basses-cours les dindons glougloutent, les canards cancanent, les poules caquettent, les oies cagnardent et les pintades cacabent au mépris de toute bienséance envers leurs augustes voisins humains en quête de grasse matinée. 

Bref, c’est insupportable pour celui qui n’est habitué qu’au vrombissement des moteurs à explosion, au fracas des métros et des trains, aux avertisseurs sonores des véhicules, aux sirènes d’alarmes, au ramassage des poubelles, etc. Et ce qui est pitoyable, c’est que tout ce beau monde exotique ne respecte pas la trêve du week-end, pas plus que l’élémentaire et minimal repos dominical.

Cependant, l’étonnement du citadin ne se limite pas à la faune animale locale. Le « paysan », espèce en voie de disparition, y met du sien avec une mauvaise volonté évidente. Pas plus que les animaux il ne respecte le week-end et des horaires décents. Allez savoir pourquoi il s’ingénie à travailler le samedi, le dimanche et même pendant les jours fériés ? S’il va jusqu’à ne pas prendre de congés, comme tout le monde, c’est à se demander si ce n’est pas prémédité, rien que pour enquiquiner ses voisins. 

Sans parler des nuits où il pousse le vice jusqu’à arroser et faire du bruit avec les jets. Quand ce ne sont pas les tracteurs et engins agricoles qui rugissent sous les étoiles tandis qu’il moissonne, qu’il coupe et presse du fourrage, qu’il traite les cultures. Mais pourquoi, bon sang, le paysan ne respecte-t-il pas des horaires normaux et les 35 heures ? 

Je hasarde ici une réponse qui n’engage que moi bien sûr : « peut-être parce que son métier est contraint par les caprices de la nature ? » Lui aussi je pense, préfèrerait se reposer dans son lit plutôt que moissonner encore à 2 heures du matin, alors qu’il lui faudra être debout dès l’aube pour s’occuper des animaux. 

Mais ces péquenauds obtus, ces culs-terreux, s’obstinent à perturber la tranquillité de leurs voisins fraîchement installés, venus pour se reposer à la campagne… faite pour ça comme chacun  sait. 

Les nuisances sonores ne sont hélas pas les seules à provoquer le courroux de ces nouveaux propriétaires. Il y a les nuisances olfactives. Oui, la campagne est aussi faite d’odeurs. L’odeur des fleurs, des fruits, des champs, des arbres, des herbes aromatiques, mais aussi des animaux et de leurs déjections, une odeur de merde quoi ! 

Personne n’ayant encore trouvé le moyen de faire aller les animaux aux toilettes et à tirer la chasse d’eau en sortant, ces derniers défèquent abondamment où bon leur semble. Dans les prés, bouses et crottins parsèment les prairies pour le plus grand bonheur des sangliers qui « vermillent » la nuit. Mais aussi sur les chemins qui mènent aux pâtures, obligeant le néo-rural à jouer à la marelle pour ne point ruiner ses belles chaussures de promenade dans quelque bouse bien fraîche au fumet odorant.

Dans les fermes, tas de fumier et fosses à lisier recueillent les déjections animales, avant que celles-ci ne soient épandues sur les champs pour les fertiliser, au grand dam des narines délicates des nouveaux habitants. Les mêmes qui, pas à un paradoxe près, militent pour une agriculture bio exempte d’engrais industriels.

L’installation de ces olibrius s’est accrue durant les dernières décennies, provoquant une flambée des prix de l’immobilier qui n’est pas sans générer des problèmes aux autochtones. On a vu ainsi s’installer des bataillons d’étrangers en provenance de l’Europe : Britanniques, Allemands, Néerlandais, Suisses… Certains pour vivre à demeure, tandis que d’autres occupent les maisons par intermittence.

Bien entendu, tous ne sont pas de cet acabit. Beaucoup, largement majoritaires, s’adaptent avec bonheur aux us et coutumes locaux, se fondant, ravis, dans le paysage et les communautés. Il ne faut pas voir dans mon propos une forme de xénophobie, car les cas pathologiques se rencontrent aussi chez de nombreux néo-ruraux nationaux qui fuient les villes pour s’installer et s’imposer dans nos campagnes.

Hélas, aujourd’hui les problèmes augmentent au gré d’une migration croissante en quête d’une ruralité rêvée, telle qu’elle n’a jamais existé. Alors les procédures, les mises en demeure et autres requêtes pleuvent pour faire cesser ces nuisances insupportables aux citadins. Les procès contre des agriculteurs, des cloches, des coqs, que sais-je encore, encombrent les tribunaux. Une espèce de retour au moyen âge où se tenaient des procès contre les animaux.

Que ces procéduriers se rassurent. Lorsqu’ils auront obtenu gain de cause et qu’en plus tout le monde sera obligé d’être végétarien, les animaux disparaîtront et leurs « nuisances » avec. Tout comme les paysans d’ailleurs. 

Cependant, les récits que je vais développer dans cet ouvrage sont bien antérieurs à cette époque de mutation moderne. C’était un temps où les paysans, bien plus nombreux qu’aujourd’hui, côtoyaient plutôt les touristes de passage et les vacanciers de l’été. Un temps où chacun d’eux, dans son registre et fort de ses certitudes, prenait l’autre pour un « couillon ».

Il va sans dire que lorsqu’on restitue une histoire croustillante, celle-ci n’est pas représentative de la norme et s’apparente plus à une caricature qu’à une analyse sociologique. 

Mais qu’est-ce qui nous fait sourire depuis la nuit des temps, sinon la caricature ?

 

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