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110 résultats pour “Marie-pierre nadal

" Rouge Océan Feuilleton " Marie-Pierre Nadal

Publié le par Evy

Chers amis,

Je vous donne rendez-vous, tous les vendredis, pour un feuilleton sur le groupe FaceBook « 66 infos libres » : ROUGE OCEAN

J’y dévoile un récit de mon cru, quasiment en direct. 3600 signes hebdomadaires pour vous faire frissonner et rêver devant le paysage océanique illustrant une croisière pas comme les autres, à la pointe du triangle des Bermudes.

Des meurtres vont être perpétrés, sans mobile apparent, sans aucun lien, et surtout, sans la moindre mansuétude.

Accompagnez-moi dans ce voyage si singulier, que vous n’en reviendrez pas !

Frissons garantis.

(Retrouvez-moi également sur ma page FaceBook dédiée à l’écriture : https://www.facebook.com/mpnadal/ ou Marie-P. NADAL-Auteure)

 

 

ROUGE OCEAN

Episode 1

Scott avait besoin de vacances. C’est avec le plus grand enthousiasme qu’il était prêt à embarquer sur l’ATLANTIS BLUE, gigantesque paquebot d’un blanc bleuté, qui s’étirait sur près de 350 m et culminait à plus de 60. Du sol, il semblait atteindre le ciel sans nuages.

Le jeune lieutenant de police new-yorkais n’en revenait pas. Se trouver à Miami pour le départ était déjà magique, mais embarquer pour une croisière d’une semaine était inespéré. Le cadeau que lui avait offert ses collègues pour ses trente-deux ans le laissait un peu dans les vaps. Il souriait, son nez retroussé en l’air, heureux comme un enfant qui découvre ses jouets un 25 décembre.

Les passagers défilaient devant lui qui était figé face au colosse flottant.

Cependant, une autre merveille s’approchait. La Directrice de croisière venait vers lui pour l’encourager à monter à bord. Elle descendait de la passerelle alors que le regard du new-yorkais se posait sur sa belle silhouette.

Il put ainsi se rendre compte que Pocahontas était bel et bien de ce monde. Ses yeux verts grandirent pour mieux apprécier cette jeune femme d’une trentaine d’années, brune hâlée aux cheveux caressant ses reins.

Ses yeux noirs accompagnaient un sourire pour le moins accueillant.

— N’ayez pas peur de monter, il n’y a aucun piège, dit la belle espiègle.

Elle tendit la main pour se présenter.

— Bonjour, je suis Halona Saint-James, la directrice de cette croisière. Vous êtes Monsieur ?

Le jeune homme reprit ses esprits et se présenta à son tour.

— Scott, je crois que je m’appelle Scott Cameron.

La jeune femme afficha un sourire plus accentué encore, à la limite du rire.

— Bien, Monsieur Cameron, je lis que vous venez de New-York, lieutenant de police, c’est exact ? Vous avez déjà parcouru un long chemin, dites-moi.

— Oui, et je compte bien profiter du plus intéressant. J’ai envie de me laver la tête de toutes les horreurs que je vois au quotidien.

— Je comprends. Eh bien, nous allons faire en sorte de vous distraire et vous détendre.

Elle le pria de la suivre. Ils s’engagèrent sur la passerelle comme on monte vers l’espoir de réjouissances festives.

Ils stoppèrent à son sommet, devant l’entrée du navire.

— Je m’arrête ici, annonça la belle indienne. Vous êtes sur le pont AZUR, au cinquième étage, cabine 508, dit-elle en regardant sa tablette. C’est à droite de l’ascenseur. Je vous souhaite une bonne croisière Monsieur Cameron.

— Merci, appelez-moi Scott, on sera peut-être amenés à se voir souvent, enfin j’espère, je veux dire, dans le cadre de votre travail, évidemment.

— Evidemment, reprit-elle, alors à bientôt !

Scott ne pouvait soutenir ce regard noir qui perçait son cœur si endurci par les affres de son métier. Il pénétra donc dans la ville sur mer.

Dès son entrée, la splendeur du lieu lui flanqua une gifle.

Devant lui, un hall démesuré et brillant de mille feux, où se croisaient des passagers aux bras chargées de valises et autres sacs, des uniformes bleu ciel signifiant que l’on avait affaire au personnel naviguant. Il y avait également des boutiques de toutes sortes, essentiellement pourvues en vêtements, bijoux et parfums pour tous les goûts. Les lumières projetaient leur clarté comme un sorcier jetterait des sorts de bonheur çà et là dans l’ambiance joyeuse.

Il se dirigea vers l’ascenseur que lui indiquait un panneau lumineux (lui aussi). Le lieutenant sortait du sombre de la vie new yorkaise pour plonger dans l’éclat du faste, l’esprit et les yeux déjà comblés de beautés diverses et variées.

Le mot splendeur avait été inventé pour qualifier le paquebot. Et il n’avait vu qu’une infime partie de l’endroit.

Toutefois, avant de se faufiler dans la cabine qui allait le mener à son étage, il eut un regard pour celle qui l’avait si gentiment reçu et qui se tenait, pour un quart d’heure encore, à l’accueil des retardataires. Il pensa que les bijoux n’étaient pas tous faits de matière inerte, l’éclat de la jeune indienne valait bien toutes les étoiles de la voute céleste. Que la vie était donc belle et surprenante !

Il respira profondément la joie d’être là et sourit à l’idée qui était une certitude, celle de vivre une semaine inoubliable.

Rien n’allait être plus vrai.

http://www.mariepnadal.fr/

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Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 2ème partie...

Publié le par Evy

Rouge Ocean – Marie-P. Nadal  2ème partie...

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

 

Episode 2

Scott n’eut aucun mal à se rendre dans sa cabine. Il se dit que si son apparence était proportionnelle à ce qu’il venait de voir, il allait pénétrer dans une véritable géode. 

Aucune fraude sur la marchandise, l’espoir ne fut pas vain. La porte s’ouvrit sur un bijou doré genre soleil couchant. 

Un lit deux places, peut-être même trois, régnait magistralement au centre d’une grande pièce ornée de dorures et de cuivres scintillants, tels qu’on en trouve dans les musées d’art moderne. De chaque côté de la pièce, un bureau et une table, tous deux en bois précieux. La table supportait un vase de cristal dans lequel fleurissait un bouquet de tulipes rouge sang.

Une longue et rectangulaire baie vitrée en guise de ciel de lit, remplaçait l’habituel hublot. À travers la vitre, l’océan étalait sa nappe bleue vers l’horizon. Un goéland glissait sur l’air marin qui l’emportait vers une destination inconnue. 

Une véritable toile de Maître. 

Scott jeta son sac sur le lit en vue d’un rangement ultérieur. Il prit toutefois ses effets de toilettes et se rendit dans la salle bains aux murs de marbre noir.

*****

Un appel du commandant annonça le départ. La voix dans les haut-parleurs invita les passagers à se réunir sur le pont principal pour des au revoir festifs, comme de coutume au départ d’une croisière.

Scott ne voulut pas s’y soustraire, l’occasion de revoir Halona étant bien trop belle. 

Il laissa là la corvée du triage vestimentaire, prit le plan du navire à la volée et se précipita sur le pont. 

Une foule de touristes en short et petites dentelles se pressait contre la balustrade décorée pour l’occasion de guirlandes et fleurs en papier. La musique trop forte couvrait les rires et les cris. Scott scrutait le pont pour tenter d’apercevoir l’image presque irréelle de la beauté incarnée. 

C’est par l’arrière que vint l’apparition attendue. 

— Scott ? hurla la jeune femme, son cri presque étouffé par le brouhaha. 

Le lieutenant se tourna brusquement. 

— Oh ! Halona ! s’exclama-t-il, à peine surpris.

— Etes-vous bien installé ?

— Oui, ma cabine est splendide. Merci. Vous restez pour le départ ?

- Non, j’ai encore du travail, mais…profitez, je vous en prie. Nous nous reverrons ce soir au dîner. J’ai organisé une soirée de gala.

La charmante personne approcha son visage de celui de son hôte. Sa bouche sensuelle manqua de peu le lobe auriculaire du lieutenant, qui n’était déjà plus ici et aujourd’hui.

— Je vais vous prévoir à la table du commandant, annonça la belle, d’ici là, visitez notre vaisseau des mers.

Scott avait du mal à respirer malgré la brise marine qui chargeait ses poumons d’embruns bienfaisants. Le visage de la jeune femme était si près, si près de lui, que le vide s’était installé entre ses oreilles. Il acquiesça de la tête, ne pouvant dire un mot. 

La belle fit demi-tour et disparut dans la foule comme un rêve qui s’évanouit. 

*****

L’heure du dîner arriva très vite, Scott avait juste eu le temps de visiter quelques étages, notamment la salle de sport, véritable hall de gare pour appareils de musculation. 

Il regarda sa tenue face à un miroir et fut satisfait de son apparence. 

— Parfait ! dit-il modestement, en ajustant son nœud papillon. 

La salle était comble. Les portes s’ouvraient sur une étendue de tables et fauteuils rouges, dispersés sur deux étages. 

Halona vint à la rencontre du policier. Sa robe bleu profond éblouit le jeune homme. 

— Vous êtes… époustouflante ! s’écria-t-il, frôlant la combustion spontanée.

— Merci, vous n’êtes pas mal non plus. Mais venez, que je vous présente au commandant.

Ce dernier était déjà sur place, une table au centre de la pièce, entouré de ses invités.

Commandant, laissez-moi vous présenter le lieutenant Scott Cameron, de la police de New-York. 

Le maître de bord se leva pour saluer son convive. 

— Enchanté lieutenant, je suis le commandant Roy Bradford, c’est un plaisir d’accueillir un policier de la grosse pomme. 

— Merci commandant, votre paquebot est un vrai bijou.

— Oui, c’est ma fierté. Voici mon second officier, Diego Alves.

— Lieutenant ! dit ce dernier. 

— Bien ! termina le commandant, asseyez-vous et faisons honneur à nos cuisiniers français.

Halona et Scott s’installèrent côte à côte, sous la bienveillance du commandant, affamé. 

Le dîner se passe dans les meilleures conditions. La mort était pourtant là qui guettait, prête à s’inviter pour le dessert.

 

 

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ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL 5ème partie

Publié le par Evy

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL 5ème partie
ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL 5ème partie

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

Episode 5

Le commandant eut une lueur d’espoir. Il reprit son sang-froid. 

— Je vais faire venir le médecin. 

— Il y a combien de lits à l’infirmerie ? demanda ironiquement le lieutenant.

— Quatre je crois, répondit naïvement le chef de bord.

— Je plaisantais commandant, mais, entre nous, je pense qu’il va falloir trouver un endroit un peu plus grand et froid, si vous me comprenez.

— Eh bien, il y a la chambre froide, où nous entreposons les vivres. Ce sera loin d’être glamour si on y entasse des cadavres. Mais la morgue fera l’affaire, il me semble. 

Ce fut au tour du commandant de bord de s’amuser du jeune policier. 

— Vous avez votre propre boîte à refroidis ? mazette ! quel luxe ! s’étonna le jeune homme.

— Le terme est un peu singulier, mais exact. Oui. Hélas, nous ne sommes pas un endroit épargné par la mort, il arrive des accidents, la preuve ! je vais avertir notre médecin, pour sa première croisière parmi nous, on peut dire qu’il est gâté ! il ne s’attendait pas à ça !

— Personne, Roy. Bon. Il va falloir penser aux passagers. Quand leurs tables vont se vider, il va y avoir des questions et un vent de panique si elles restent sans réponse. 

— Vous êtes bien pessimiste lieutenant. Il ne va tout de même pas tuer tout le monde avant qu’on arrive à Porto Rico !

— Ah mais on ne va pas à Porto Rico, commandant. On fait demi-tour voyons ! la croisière est terminée, nous sommes sur le Titanic version Stephen King ! arrêtez de vous croire sur la croisière s’amuse ! quelque chose me dit qu’elle va pas rigoler plus que ça !

Le commandant était totalement dépassé. Après réflexion, il clôtura la conversation.  

— Nous ne pouvons faire demi-tour, vous allez enquêter, trouver le meurtrier et nous le débarquerons à Porto Rico. 

— La croisière va durer sept jours, nous en sommes déjà à deux morts. Nul besoin de s’appeler Pascal pour faire le compte. 

— Nous ferons escale comme prévu à Nassau, dans deux jours. Nous verrons à ce moment-là.

— Nous verrons quoi !? cria le lieutenant. Vous espérez qu’il quitte le navire et parte chasser ailleurs ? vous fuitez de la cafetière Roy ! nous sommes sa réserve à sex-toys pour ses orgasmes criminels, il va profiter comme jamais !  Mais c’est vous le patron après-tout ! 

Le policier en colère passa devant son hôte et se dirigea vers la porte d’un pas pressé.

— Où allez-vous ? s’enquit Roy. 

— Chercher mon arme. Je vais en avoir besoin à ce qu’il semble. 

Avant de sortir, il fit volte-face. 

— Sans vous commander, il me faudrait la liste des passagers, avec leur profession si possible, leur place à table et l’endroit où ils crèchent à bord. Dans un premier temps, ceux qui occupaient les tables des deux morts. J’espère que vous trouverez l’identité de celui-là. Je veux savoir qui ils sont. Peut-être ont-ils un rapport, un ami commun qui aurait mal digéré une drôlerie. Dans ce cas, les meurtres s’arrêteront là, mais j’en doute. Vous pouvez faire ça ? 

— Bien évidemment ! c’est Halona qui a ces renseignements. Nous sommes loin d’être au complet, c’est une période creuse, mais il y a quand même près de cinq cents passagers !

— On est pas sortis du rafiot ! il nous faudrait aussi un lieu, un PC où se retrouver pour faire le point. 

— Ici si vous voulez. 

— Ça marche. Mais…faites enlever ce pauvre type, il jure avec le décor.

Tout un panel de sentiments négatifs phagocytait le visage du commandant. Il était empreint de lassitude, d’incertitude et surtout, de terreur.

Scott le remarqua et tenta de radoucir l’ambiance. 

— Roy, relax !! Halona sera un atout pour nous, elle est la plus proche des passagers, elle sera d’une grande utilité. Ne vous inquiétez pas, je la collerai comme un morpion à une moquette. Il est trop sûr de lui ce fumier, c’est ce qui va le perdre ok ? 

Le commandant afficha finalement un sourire. 

La légèreté semblait avoir refait surface chez le jeune officier de police. Ce n’était qu’une apparence.  

 

 

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ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL 4ème partie

Publié le par Evy

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL  4ème partie

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos: LH K-rine

Episode 4

Le commandant devint plus blanc qu’un drapeau de reddition.

C’est lui, à présent, qui entraîne le jeune Scott à l’écart de la salle à manger.

— Venez avec moi ! s’écria-t-il, nous allons dans mon bureau. 

Les deux hommes parcoururent les nombreuses coursives jusqu’aux quartiers du commandant, jouxtant son bureau.

La porte de ce dernier était entrouverte, ce qui étonna le propriétaire du lieu. 

— Je ne me souviens pas l’avoir laissée ouverte, je n’étais pas si pressé que ça d’aller dîner.

Scott passa devant sans rien dire, et s’avança lentement. 

Il poussa délicatement la porte, pour découvrir, assis sur le fauteuil et affalé sur le bureau, un homme visiblement … mort. 

Scott accourut auprès de lui, vérifiant son pouls.

Le commandant le suivit, lâchant un cri de stupeur.

— Oh seigneur ! il est ??

— Cané ! lança le lieutenant.

L’officier de bord ouvrit une bouche de laquelle aucun son ne put s’échapper. Toutefois, après quelques secondes : 

— Vous êtes certain ? et c’est un meurtre ?

— Commandant, si j’en crois le couteau planté entre ses omoplates et à moins que ce type fût un contorsionniste à la ramasse, on peut affirmer que oui, on l’a tué.

Le new-yorkais se moquait à peine du pauvre homme, totalement dépassé, qui n’était pas vraiment coutumier des frasques meurtrières, contrairement à lui, qui les connaissait si bien.  

— Ça fait deux en une soirée !

— Bien compté ! lança le jeune homme, et vous savez quoi ? 

— Je vous écoute.

— J’espère que vous aurez assez de vos dix doigts, parce que quelque chose me dit que nous partageons la croisière avec un tueur en série. Ces mecs prennent rarement des vacances. Et comme pas grand monde ne sautera pour nager vers les côtes portoricaines, cette croisière va devenir un vrai buffet naviguant. 

Le commandant, à la limite de l’apoplexie, s’appuya sur un meuble proche, baissant la tête comme sous un fardeau trop lourd.

Scott reprit son sérieux et devint plus amical au regard de ce qui s’annonçait. Il s’approcha de l’officier et posa la main sur son épaule. 

— Roy, Roy, il faut appeler les secours, les gardes côtes, ce que vous voulez, pour éviter un carnage.

Le commandant se redressa et fit face au lieutenant. 

— Scott. Je me demandais si vous ne pourriez pas enquêter sur mon navire. Je vous le demande comme service. On ne peut pas rester sans rien faire et j’avoue que je ne connais rien quant au déroulement d’une enquête criminelle. Je suis perdu.

Le jeune homme ne fut pas surpris. Cependant, il n’avait pas autorité en dehors de New-York et dût refuser la sollicitation, à regret. 

— Je regrette, je ne suis pas du FBI, et on n’est même plus dans les eaux territoriales. Je ne peux pas vous aider. 

- Nous sommes sur un navire privé, lieutenant. Ici, je suis souverain et je peux donner le pouvoir à qui je veux. J’ai besoin de vous.

Le policier réfléchit. Il était là pour se détendre et profiter d’une semaine de calme. En aucun cas pour commencer une investigation sur une probable série de meurtres. Son regard se posa à nouveau sur le cadavre. Il se dit qu’il n’était pas flic par hasard. Il aimait son métier. Il l’avait choisi pour servir son prochain. La devise de la police américaine n’était-elle pas « Servir et Protéger » ? Le crime ne connaît pas de frontières, mais la justice non plus. Il prit sa décision. 

— Très bien. Si vous en prenez la responsabilité, je veux bien vous aider. Il faudra faire exactement ce que je vous dirai. J’ai ma propre manière d’enquêter, je vous demanderai de ne pas être étonné, tout ce que je vais faire sera bien considéré. Pas très orthodoxe, mais bien pesé.

— Pas de problème, je vous suis.

Le commandant tendit la main pour sceller cet accord. 

— On va le chopper ! lança le lieutenant. 

La soirée continuait ses festivités dans la salle à manger. Les passagers goûtent à des instants heureux, sans se douter de ce qu’il se passait. Nul ne savait ce que présageait la belle balade. 

À part un.

 

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Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 6ème partie...

Publié le par Evy

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

Episode 6

La machine était en route et pas seulement celle du paquebot. Le navire voguait comme si la sérénité et l’amour de son prochain faisaient partie intégrante de l’ambiance.

Scott inséra son glock dans son étui de cuir qu’il passa tel un gilet, sur son tee-shirt.

Halona frappa à la porte de la cabine restée ouverte. Scott se tourna vers elle, surpris dans ses pensées.

— Tu comptes t’en servir ? Dit la belle, posant ses yeux sur l’arme un peu trop visible.

— On n’a pas affaire à un enfant qui mérite une fessée ! S’il le faut, bien sûr, je m’en servirai.

— Comment dire, il est très visible, mets un sweat dessus ou une veste, tu vas effrayer les passagers. Et puis, tu es certain que c’est un meurtre ?

Le jeune homme s’exécuta. Il prit un léger blazer et l’enfila.

— Ça va comme ça ? Dit-il, écartant ses bras.

— Parfait !

— Si j’en suis sûr ? Le commandant va te demander un service. Il va falloir que tu me donnes la liste des passagers, et surtout les noms de ceux qui étaient à la même table que les morts.

— Les ? Morts ?

— Oui, y’en a un autre dans son bureau. Ça va être la foire aux macchabées !

La jeune femme ne sut que répondre, abasourdie par l’information. Scott la prit par le bras et tous deux sortirent de la cabine.

— Allons dans ton bureau, proposa le jeune homme.

— Mon bureau ? C’est ma cabine, rétorqua la belle indienne.

— Allons-y !

Le duo changea de pont pour se rendre à l’étage du personnel.

Scott vit une connaissance qui s’approchait entre deux couloirs.

— Ah merde ! Lança-t-il, avant de coincer Halona contre une cloison pour l’embrasser avec la fougue d’un puceau en rut.

La jeune femme se dégagea… Après avoir tout de même apprécié le baiser.

— Qu’est-ce qui t’a pris ? S’insurgea-t-elle.

— Désolé, la femme au chapeau, elle est passée ?

— La capeline rouge là-bas ?

— C’est ça ! C’est une veuve que j’ai serrée pour meurtre. Elle me kiffe, depuis. On peut dire que cette femme a le deuil fantasque.

— Quoi ?

— Le jarret nerveux, une nympho quoi !

— Je vois. Mais, elle est dehors ?

— Elle n’est jamais « entrée » si tu veux savoir. Un excellent avocat, quelques jeux de jambes, et je suis poli, un bénéfice du doute et hop ! Acquittée ! Je suis persuadé qu’elle a flingué son mec. Une balle dans le caisson, adieu ! Au suivant, j’ouvre de bonne heure !

— Délicieuse !

La discussion les amena à la porte de la cabine. Ils entrèrent et Scott put admirer la féminité qui se dégageait des murs. Il en fut émoustillé.

— Ferme la bouche Scott ! C’est juste quelques bibelots pour donner une note personnelle.

La belle avait déjà allumé son ordi et recherchait les listes.

— Filtre par table ! S’écria Scott.

— Pas de souci.

Elle s’arrêta sur celle qui contenait la première victime.

— Le pauvre gars qui a été empoisonné était un colonel à la retraite, affirma la jeune indienne.

— Quand on saura qui est le second et ce qu’il foutait dans le bureau du patron, on aura déjà une piste… Ou pas !

— Les passagers de cette table n’ont pas l’air de tueurs en puissance. Il y a un commercial, une enseignante, un club d’échecs de six personnes, un mannequin et son photographe.

— Tu sais, personne ne peut soupçonner un tueur en série. C’est un mec ou une femme à l’apparence tout à fait normale, jusqu’à ce qu’ils ondulent du bulbe.

— Ils sont fous ?

— Ben, en général non, ils savent très bien ce qu’ils font. Ça peut être une pulsion ou un jeu. Ils savent pourquoi, nous non. Il n’y a qu’eux pour connaître le mobile. C’est pas comme si un mec en tue un autre pour du fric ou parce qu’il en pince pour sa femme. Non, là c’est autre chose et c’est plus compliqué.

— Tu as l’air d’en savoir un brin sur les tueurs en série.

— Disons que j’ai flirté avec un copain de Jack l’Éventreur. J’ai connu plus sympa !

Un regard admiratif se posa sur le jeune homme, visiblement secoué par un souvenir encore bien présent.

— Merci Halona ! La liste est longue, mais avec un peu de logique et beaucoup de travail, on va y arriver.

Le portable de la jeune femme signifia sa présence par une musique douce.

— C’est le commandant qui va t’annoncer une bonne nouvelle, souffla Scott.

— Oui, commandant, je suis avec lui, nous avons commencé à éditer les listes. J’arrive.

Elle raccrocha et prit les documents.

— Je t’accompagne, dit Scott, il doit savoir qui est le second cané.

— Ça t’arrive d’être un peu compatissant ?

— Quand je dors !



 

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Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 9 & 10ème partie...

Publié le par Evy

 

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

EPISODES  9 et 10 (exceptionnellement)

Il y a des matins qui chantent, celui-ci promettait un requiem. 

La croisière festive et reposante allait prendre une tournure macabre, le navire devenant, peu à peu, une vaste morgue navigante. 

Le commandant avait été quémandé par une passagère à la recherche de son époux. Un steward l’avait amenée au bureau de ce dernier. 

— Calmez-vous, madame ! Que vous arrive-t-il ? 

— Je n’ai pas vu mon mari depuis le dîner. Il est sorti de table et depuis, plus rien.

Une corne de brume souffla dans l’esprit du chef de bord. Il allait connaître le nom du mort qui avait squatté son bureau. 

— Vous êtes madame ?

— Stanford. Mon mari est Jerry Stanford. C’est un ancien sergent des Marines. Retrouvez-le, supplia-t-elle. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. Il est parti avec une bouteille de vin, il m’a dit qu’il avait vu un ami et qu’il allait le saluer.

Roy tenta de rassurer sa passagère. 

— Il est peut-être endormi quelque part, on va le retrouver. Vous êtes dans quelle cabine, Madame ? 

— La 236, sur le pont Sud.

Il s’approcha d’elle et posa la main sur son épaule.

— Rentrez dans votre cabine, on vous appelle dès que l’on sait quelque chose. 

La femme acquiesça et sortit en silence. 

Sans attendre, le chef de bord bipa Halona et se rendit chez le médecin.

Il n’était pas encore sur place lorsque la jeune femme l’appela. Il lui signifia les nouvelles et la pria de le rejoindre chez le médecin, après avoir récupéré Scott.

Le jeune homme, les bras en croix sur son lit douillet, ne s’attendait pas à une surprise matinale. 

Halona, pourvue d’un passe général, pénétra dans la cabine et se jeta littéralement sur le policier. 

— Scott ! Scott ! Réveille-toi ! hurla-t-elle en le secouant.

Celui-ci sauta dans le lit comme pris d’une crise d’épilepsie soudaine. 

— Quoi !!!! cria-t-il. Ça va pas non ? Vous avez de drôles de manières ici ! Ils sont en option ces réveils ?

— Lève-toi, le commandant nous attend chez le toubib. 

— Quoi ? dit-il en plissant les yeux.

La connexion était visiblement hasardeuse. 

— Lève-toi, je te dis ! Fissa ! On sait qui est le second mort !

Le beau blond s’assit sur le lit et se gratta le crâne. Tout en bâillant, il demanda à la belle brune de bien vouloir se tourner. 

— Pourquoi ? 

— J’ai les joyeuses à l’air !! Tourne-toi, ch’uis à poils ! 

— Ah ça va ! J’ai déjà vu le film ! Allez, dépêche-toi !

La jeune femme dégagea le drap pour activer le saut du lit.

— Putain, mais tu me les gonfles, de bon matin ! râla le pudique.

— Elles n’en ont pourtant pas besoin ! rétorqua-t-elle, son regard malicieux parcourant un « trois pièces » parfaitement bien proportionné. 

Le jeune homme souffla sa lassitude et se leva pour aller prendre une douche rapide. 

— Je t’attends chez le toubib ! hurla l’espiègle, encore rêveuses et affichant un sourire qui ne la quittait pas. 

Ses pas la rapprochèrent de la bibliothèque devant laquelle elle passa sans s’arrêter. Il était encore tôt pour nourrir les neurones, personne n’y était encore allé s’instruire. Personne n’avait encore vu ce que la porte cachait si bien. 

Celle du cabinet médical était bien ouverte, elle. Les deux hommes discutaient de comment dire les choses à une femme en détresse. La présence d’Halona les rassura. 

— Nous connaissons le second mort ? questionna-t-elle en pénétrant dans la pièce blanche. 

— Oui, ce doit être Monsieur Stanford, son épouse est inquiète, elle ne l’a pas revu depuis le dîner d’hier soir. 

La jeune femme scruta la liste des passagers. 

— Lui et son épouse sont au pont Sud, cabine 236, précisa-t-elle.

Ses yeux grandirent à la lecture du document. 

— Commandant, ils étaient à la table voisine du premier mort.

 

 

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

EPISODE 10

Scott fit son entrée dans le cabinet médical, le cheveu fou et l’œil vif. 

— Ah t’es là toi ! se moqua Halona. Et joliment habillé, en plus ! 

— Ouais, je pète le style ! Pourquoi je suis là ? demanda-t-il. 

La jeune femme alla de ses explications.

Après une courte réflexion, Scott donna ses directives :

— OK ! On va commencer à mettre à part le nom des passagers des deux tables. Je vais chercher des empreintes sur le couteau.

— J’irai aux cuisines pour trouver de la farine, proposa Halona. 

— Ça marche. Commandant, il va falloir penser à informer les passagers.

— Jamais ! s’écria ce dernier. C’est pas le moment de créer la pani…

Son talkie-walkie se fit entendre. Un steward hurlait au bout des ondes : 

— Commandant !! Commandant !! C’est horrible ! Venez à la bibliothèque, vite !

Les quatre se précipitèrent comme un seul. Tous se doutaient de ce qu’annonçait cet appel, coutumiers depuis peu, de l’ambiance mortifère qui planait sur le beau vaisseau bleuté. 

Une femme vidait ses poumons de hurlements successifs, le steward tentait de la calmer, sans résultat. 

Scott pénétra le premier dans la bibliothèque. Il tourna vite les talons, retenant Halona.

— Non ! N’y va pas, c’est une boucherie, là-dedans !

Puis s’adressant au médecin, bon dernier de la course : 

— Doc ! Allez-y ! Je vous rejoins. 

Le commandant ressortit sitôt entré, courant vers les toilettes proches. 

— Laisse-moi entrer ! s’écria Halona. 

— Non chérie, c’est trop dégueu ! Occupe-toi de la femme, elle va nous piquer une crise de nerfs. 

La jeune femme n’insista pas. Scott put entrer à son tour, pour rejoindre le médecin. 

— Quelle belle journée, hein ? Doc ? Du rire, des jeux, j’adore cette croisière, pile poil dans mes cordes !

L’homme de science était plus blanc que la page d’un écrivain sans inspiration. 

— J’ai rarement vu un tel étalage de monstruosités, marmonna-t-il, sous le choc. 

— Vous n’aimeriez pas le Bronx ! se moqua Scott.

— Le pauvre type n’a pas eu le temps de se défendre. Ça n’a pas été difficile de le descendre. 

— Ouais, ce mec devait rayer la baignoire, il est taillé comme un bâton de sucette. 

Le médecin afficha un air d’incompréhension totale. Ses cours d’anglais se limitaient au langage courant, pas familier de la banlieue newyorkaise.

— Je vous demande pardon ? 

— Il est maigre ! Désolé, Doc, j’oubliais votre accent français, répondit le jeune new-yorkais en lançant un clin d’œil.

Il s’accroupit pour constater les dégâts et examiner la scène. Il ôta son tee-shirt pour récupérer l’arme, une clé à molette.

— Je doute de trouver une empreinte, mais on sait jamais, ajouta-t-il. 

Halona pénétra dans la pièce, horrifiée à son tour. 

— Scott, mon dieu, Scott ! lança-t-elle, au bord de l’évanouissement.

Il se retourna et vociféra pour lui épargner ce paysage peu ragoûtant. 

— Sors de là ! C’est pas ta place ! Occupe-toi de la femme !

Elle courut vers le couloir, en pleurs, croisant le commandant qui revenait à vide.

— Que lui avez-vous fait, bon sang ? s’enquit-il. 

— Il vaut mieux qu’elle ne voie pas ce carnage, non ? 

Le lieutenant s’était relevé, tenant l’objet lourd, dans son tee-shirt. 

— C’est quoi ? dit le patron.

— L’arme du crime, une clé à molette. 

Scott regardait l’arme et la bibliothèque qui les entouraient. Il analysa chaque élément de chaque meurtre et son visage blanchit soudain.

— Vous ne vous sentez pas bien lieutenant ? s’inquiéta Roy. 

Le jeune officier leva lentement sa tête et ses yeux bleus regardèrent le commandant, horrifiés. 

— Mais bon sang, qui a-t-il ? insista ce dernier.

— Ce fumier nous fait une partie de Cluedo. 

 

Marie-P. Nadal  Emoji
07 83 25 84 27
Perpignan







 

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Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 3ème partie...

Publié le par Evy

Rouge Ocean – Marie-P. Nadal  3ème partie...

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

 

Episode 3

La soirée battait son plein entre chansons, tours de magie et plaisirs culinaires. Des réjouissances qui laissaient présager un séjour exceptionnel. 

C’était sans conteste le qualificatif que chaque passager allait pouvoir notifier sur ses cartes postales, pour autant qu’il soit encore vivant pour le faire. 

Alors que l’orchestre entamait sa pose syndicale, un cri de femme se fit entendre. 

Malgré la douce musique des couverts que l’on entrechoque et les chants parlés des passagers, les têtes se tournèrent dans sa direction. Une table non loin de celle du commandant, vit ses onze occupants se lever soudainement. Seul un homme venait de tomber de sa chaise, se tordant tel un asticot sur une plaque chauffante.  

Le commandant se précipita en direction de la table, faisant signe au médecin de le suivre. Scott et Halona les imitent. 

Un attroupement se constituait autour du corps désormais inerte. Le commandant hurla qu’on faisait de la place et demanda à chacun de regagner la sienne. 

Le médecin s’accroupit et examina le corps. 

— Que s’est-il passé ? interrogea le commandant à l’adresse des occupants de la table.

Une femme s’avança. 

— J’étais à côté de lui, on bavardait et il a commencé à se tenir la gorge, il ne pouvait plus respirer et il a convulsé, je pense qu’il a fait une crise cardiaque. 

— Vous pensez mal Madame, répondit le médecin en se relevant, c’est un empoisonnement. 

Des chuchotements parcouraient la scène, la voisine du pauvre homme porta la main à sa poitrine. 

— Mon dieu ! Nous avons mangé la même chose, Seigneur, je me sens mal, je vais mourir. 

La panique s’empara d’elle. Avant qu’elle ne défaille, le médecin la rassura. 

— Vous seriez déjà morte, chère Madame. Asseyez-vous et calmez-vous.

Halona prit le relais et s’occupa d’elle et des autres passagers, sous le choc. 

L’homme de science amena le commandant à part alors que Scott examinait le cadavre à son tour.

— C’est du cyanure, l’odeur d’amande et sa peau livide le confirment. Je vais le faire porter à mon cabinet, on ne peut pas le laisser ici. 

— Bien évidemment. Demandez aux serveurs de vous aider, je vais parler aux passagers. Donc, essayez de faire ça discrètement. Dites aux serveurs de prendre une nappe que vous mettrez sur le corps. Veillez à ne pas le recouvrir entièrement, que les autres passagers pensent qu’il est simplement évanoui. Je ne veux aucune panique. Merci.

Le médecin acquiesça de la tête et s’empressa d’exécuter les directives.

Le commandant se présenta sur la scène, empruntant le micro d’un chanteur qui s’apprêtait à s’en servir. 

— Mesdames, Messieurs, veuillez excuser ce petit mouvement indépendant de notre volonté, un de nos passagers à eu un malaise. Mais je vous en prie, continuez votre repas et profitez de cette première soirée à bord de notre merveilleux vaisseau. Bonne soirée à tous. 

Le discours avait occasionné une légère diversion, le corps du malheureux passa presque inaperçu le long du mur. Par chance, sa table était proche des portes. 

Le seul maître à bord regagna la sienne pour s’excuser auprès de ses invités qu’il pria de poursuivre leur repas sans lui. Au vu des circonstances, sa présence aux côtés du médecin s’imposait. 

Il rencontra Scott et Halona qui venaient vers lui. 

— Monsieur Cameron, je suis vraiment désolé pour ce fâcheux incident, retournez donc à votre table, Halona, occupez-vous de notre ami voulez-vous ? 

Scott ne bougea pas. Il le prit par le bras et l'entraîna vers le mur, hors d’atteinte d’oreilles indélicates et fureteuses. Halona était, bien-sûr, de la partie. 

— Commandant, il faut que je vous parle.

— Qu’y a-t-il mon ami ? vous m’avez l’air inquiet. Ce sont des choses qui arrivent. Ce monsieur a eu un malaise cardiaque, rien de plus.

— Rien de plus ? vraiment ? ne me prenez pas pour une bille ! Ce mec a été empoisonné au cyanure, je suis flic et j’en ai vu d’autres. 

— J’avoue, oui. Pardonnez-moi lieutenant. Quoiqu’il en soit, ce pauvre bougre s’est donné la mort. J’aurais préféré qu’il le fasse dans sa cabine, mais c’est comme ça. À présent, je dois rejoindre notre médecin pour les formalités. Si vous voulez bien m’excuser…

Le jeune homme ouvrit des yeux de grand-duc un soir de pleine lune. Il retint son interlocuteur et l’entraina dans un coin.

— Les formalités ! j’aurai tout entendu ! mais vous ne comprenez pas ? ou vous avez beaucoup travaillé pour être aussi desserré ! 

— Quoi donc mon ami ?

— Je rêve ! commandant, ce n’est ni un suicide, ni le prix du plat, et encore moins l’asperge qu’il a avalée de travers ! commandant, c’est un meurtre !

Le second officier fit une annonce : 

« Mesdames, Messieurs, j’ai le plaisir de vous informer que notre paquebot pénètre dans le fameux et célèbre triangle des Bermudes, je vous souhaite un excellent voyage ».

Les deux hommes se regardèrent, l’inquiétude transpirant de leur peau.

 

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ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

Publié le par Evy

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL


L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.
Crédit photos : LH K-rine
Episode 13

Comme il le subodorait, la recherche des empreintes qu’il venait d’effectuer dans sa
cabine ne donna aucun résultat exploitable. Il n’en fut aucunement surpris. Il fallait donc
porter les paris sur le déjeuner en étudiant la gestuelle des passagers. Peu de choix s’offraient
à lui. Il devait connaître les relations entre eux, tissées avant leur embarquement. Ce genre de
plan réclame une complicité qui allait s’afficher sur leur comportement.
Le temps lui manquait, il fallait faire vite avant un nouveau drame.
Halona frappa à sa porte et entra dans la foulée.
— Tu as avancé ? questionna-t-elle en s’approchant de lui.
— Pas vraiment. J’ai des idées, mais aucune vraie piste.
Elle regardait l’étalage de farine et les bandes de ruban adhésif chiffonnées, car stériles
de renseignements.
— Je vais nettoyer mon chantier, t’inquiète pas.
Il n’eut qu’à replier les journaux sur eux-mêmes et le tour était joué.
— Voilà ! Net comme le cul d’un bébé après le bain !
La jeune femme rit de bon cœur.
— Tu parlais d’idées ? reprit-elle.
— Oui. J’ai été formé à l’étude de la gestuelle et je vais l’adapter au déjeuner. Ils
seront encore tous là et je vais pouvoir analyser leur comportement, leurs regards les uns vis-
à-vis des autres. Je vais commencer par les tables qu’occupaient les deux premiers morts. Ça
peut nous servir, crois-moi.
Elle buvait ses paroles, assoiffée de lui.
— J’ai convoqué les toubibs, dit-elle. Ils sont contents d’être invités chez Roy. Ils ne
s’attendent pas à la raison de leur invitation.
Elle s’approcha un peu plus de Scott, l’obligeant à reculer pour se plaquer contre le
bureau telle une affiche au mur.
— On a le temps avant midi, murmura la jolie espiègle.
— Ah ! s’exclama Scott. Bien conscient des réjouissances qu’allait lui proposer la
belle Indienne.
Il reprit :
— On devrait pas en profiter pour interroger quelques passagers ?

— Ils ne comprendraient pas pourquoi on les interroge. On serait obligés de leur dire
qu’il y a des tueurs sur le bateau. Ça ferait désordre.
En disant ça, elle passait ses mains sur le buste du pauvre homme qui commençait à
annoncer « présent » de son membre encore à l’abri dans son short.
— Tu as raison, répondit-il, en la prenant par la taille.
L’amour honora le bureau…puis le sol, pour terminer sa séance sur le lit.

*****

C’est avec un sourire non dissimulé, que le désormais couple se présenta dans le
bureau du commandant. Les quatre médecins et Roy étaient déjà attablés, prêts à en découdre
avec un tourteau servi en entrée.
— Ah ! Voici nos derniers invités, informa le chef de bord. Asseyez-vous, je vous en
prie ! Laissez-moi vous présenter les docteurs Di Maggio, Willis et Barlow. Vous connaissez
déjà notre médecin de bord.
Scott salua les invités, et s’excusa de ne pouvoir rester.
— Roy, je suis désolé, je ne peux pas déjeuner avec vous tous, j’ai à faire dans la salle
à manger, Halona vous expliquera.
— Mais !
— Je le débrieferai, commandant. Ne vous inquiétez pas, rassura la directrice de
croisière.
Ce dernier n’insista pas. Sa confiance en l’enquêteur était sans failles.
— Faites ce que vous avez à faire, dit-il simplement. Nous ferons de même ici.
Scott opina d’un hochement de tête et sortit, non sans un clin d’œil vers son amie.

*****

La salle à manger se remplissait peu à peu de ses utilisateurs. Scott épiait les deux
tables voisines qui avaient accueilli le colonel et le sergent. Le professeur, quant à lui, avait
été placé à une autre table, légèrement à l’arrière et entre les deux premières.
Observer les passagers n’était pas chose facile. Il ne pouvait se permettre de rester
statique sans se faire remarquer. Son plan était donc de passer devant chaque table, comme
s’il allait rejoindre la sienne, de laisser traîner son regard sur chaque personne et par la suite,
monter au premier niveau et se poster sur la balustrade pour avoir une vue d’ensemble.
La chance était finalement avec lui, les trois tables n’étaient pas éloignées l’une de
l’autre, il lui fut aisé d’avoir un plan rapproché. Les passagers concernés parlaient entre eux et
ne lui prêtèrent aucune attention. Scott avait encore leurs noms et leurs liens en tête, selon leur
emplacement. Son regard se posa sur un groupe de six personnes faisant partie d’un club
d’échecs. Trois hommes et trois femmes, n’ayant apparemment aucun lien affectif.
Quelques couples et deux femmes voyageant seules. Sans oublier, bien sûr, la place
laissée par la veuve du sergent, incapable de manger quoi que ce soit.
Il était convaincu d’être au beau milieu des meurtriers. Il en était certain.

Il grimpa, comme prévu, au premier niveau et s’appuya contre la balustrade. Dix
minutes passèrent. Un détail le frappa comme une gifle. L’évidence se dévoila à ses yeux. Les
trois tables qu’il observait formaient un triangle.
Une des femmes solitaires se leva soudain et se dirigea d’un pas leste vers la sortie.
Scott descendit au pas de course pour la suivre.
Elle avait disparu alors qu’il arrivait à la porte de sortie. Le nombre de coursives et de
directions différentes et opposées rend les filatures quasiment impossibles. Il l’avait perdue.

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Texte de Marie-Pierre Nadal Auteur ....

Publié le par Evy

Le cœur sur la main

Johanna était différente. Jeune fille de seize ans, des cheveux raides tombant sur ses reins, des yeux noirs toujours tristes et un sourire absent. Introvertie,elle était la risée de ses camarades de classe qui ne se privaient pas de déverser leur mal-être sur elle, la malmenant dès qu’une occasion s’y prêtait.

Ce fut le cas ce matin-là.Il y avait cours de natation. La jeune adolescente avait une horreur viscérale de la piscine. Se mettre en maillot était déjà une épreuve,et l’eau n’était pas vraiment son élément. L’ambiance, l’odeur de chlore, tout l’angoissait. Les autres en avait conscience.

L’une de ces autres se prénommait Monica,la plus populaire de la bande,qui attisait l’esprit de ses complices plus qu’amies,pour infliger les pires humiliations aux plus fragiles.

Monica, le monstre qu’elle redoutait le plus, tel un cauchemar sans réveil, se tenait droite, la toisait et se moquait d’elle, restée à l’écart.

Le professeur encouragea son élève apeurée, insista pour qu’elle monte sur le perchoir et saute enfin,comme l’exercice l’exigeait. C’était un jeune homme blond aux yeux émeraude. Il était si doux, si gentil avec elle. Son regard la rendait fébrile.

L’amour qu’elle lui portait lui donna le courage de grimper le long de l’échelle. Sans qu’elle s’en aperçoive, Monica la suivit.

Une fois sur la planche, elle s’approcha de son bord et stoppa net, paralysée par la hauteur qui la séparait de l’eau si hostile à ses yeux.

Monica s’avança et d’un rire presque irréel,la poussa dans le vide. Le plongeon surprit la jeune fille qui coula à pic. Le professeur, stupéfait par la scène, n’hésita pas à plonger à son secours.

De retour sur le sol dur et froid de la piscine, Johanna ouvrit les yeux. Lejeune professeur aux cheveux d’or était penché sur son visage, l’eau ruisselant sur ses joues telle une eau bénite.

— Ça va aller?lui demanda le beau prince.

La naufragée lui sourit, imaginant le bellâtre ponctuant son sauvetage d’un baiser langoureux. Il n’en fut rien,bien évidemment.

Elle acquiesça de la tête. Il l’aida à se relever et la pria d’aller se reposer dans les vestiaires.

Assise sur le banc devant la succession de casiers métalliques, elle pensait. Elle rêvait à cet homme qui venait de lui sauver la vie. L’amour l’envahit comme une brume bienfaisante.

Le cours terminé, les autres jeunes filles pénétrèrent dans le vestiaire. Monica vint à sa rencontre, affichant un sourire haineux et malsain. Johanna baissa la tête comme si elle accusait une faute impardonnable.

Regardez-moi ça!mademoiselle est amoureuse. T’aurais voulu qu’il te fasse autre chose hein?mais t’es trop laide ma pauvre! qui voudrait de toi? t’es maigre et moche.

Ces mots percutèrent les armoires tant ils étaient durs. Les rires fusaient, les moqueries continuaient dans le même discours.

— Elle en a perdu sa langue ! continua la méchanceté incarnée.T’aurais bien aimé la fourrer dans sa bouche hein ?

Les rires redoublèrent.

Les cheveux noirs tombant sur son visage fermé, Johanna leva les yeux. Sa tête bougea à peine, ses lèvres étaient pincées comme pour retenir un cri.Son regard était empli d’une haine bouillonnante qui ne demandait qu’à jaillir sur le visage de sa tortionnaire.

Cette dernière ressentit la tension qui transpirait de sa victime désignée,une tension et une colère accumulées depuis des mois. La jeune fille, déroutée et visiblement effrayée, retourna auprès de ses amies, sans mot dire.

—On s’en va, ordonna-t-elle, une fois à leur hauteur.

La saint Valentin affichait ses cœurs et autres chocolats à offrir à son ou sa bien-aimée. L’ambiance était au beau fixe, engluée de miel et de bons sentiments.

Monica n’y échappait pas. Elle venait de rejoindre son ami sur le terrain de foot où il avait préparé des friandises pour deux. Ils étaient seuls, libres de laisser leurs cœurs battre à l’unisson et s’exprimer à volonté.

Seuls? pas autant qu’ils l’auraient souhaité.

Johanna les observait, réfugiée sous les gradins. Elle pensait à son prof de sport, son petit prince blond. Son esprit l’emporta dans un tourbillon de visions imaginaires où tout lui était permis. Elle pouvait se donner à lui sans retenue, laissant les quolibets aux malheureux solitaires.

La fin d’après-midi annonçait une belle soirée. Monica quitta pour un temps son ami qui se dirigea vers l’opposé du stade. La jeune fille s’approcha des gradins et passa devant son bouc émissaire sans la voir. Cette dernière émergea de sa rêverie et entreprit de sortir de sa cachette.

Monica se tourna et la remarqua. Elle était vêtue de noir de la tête au pied, un manteau recouvrant son corps dans sa totalité et arborait un visage presque déformé par la haine.

—C’est toi ? qu’est-ce que tu fais ici ? cracha l’ignominie.

Sûrement pas ce que tout le monde fait un jour de Saint-Valentin ! Je suppose que t’as personne ! moi je rentre chez moi me préparer pour passer la plus belle soirée de l’année. Je vais couper par la forêt, j’irai plus vite. Salut !

Malgré ses paroles tranchantes, sa voix reflétait une certaine crainte. Johanna ne répondit pas, la suivant de plus près dans un silence lourd de rancœur.

—Mais qu’est-ce que tu veux ? s’inquiéta Monica, pressant le pas.

Sa question s’envola tel un voile dans le vent et ne rebondit sur aucune réponse. La jeune femme jusqu’ici moqueuse et condescendante, céda à la panique. Elle accéléra le pas

pour courir et pénétrer dans la forêt. Sa poursuivante, toujours à ses talons, toujours silencieuse.

Monica trébucha sur la racine d’un arbre géant, face contre terre. Elle se tourna,resta sur le dos car ne pouvant plus bouger,figée d’effroi.

La jeune brune se tenait debout.

—Dégage! fous-moi la paix ! hurla Monica avec l’énergie du désespoir.

Johanna s’approcha jusqu’à ses pieds. Ses yeux étaient vides de toute âme. Seule la rage s’y reflétait.

La jeune fille leva son bras et fondit sur sa victime, un couteau de cuisine en main. L’agresseur n’était désormais plus le même. La haine venait de changer de camp.

L’arme pénétra à plusieurs reprises, dans l’épaule, le bassin, le visage.

Johanna se releva. À ses pieds s’étalait un corps sans vie, presque haché, illustration d’une amertume longtemps retenue et enfin libérée.

La jeune fille contempla son œuvre comme un artiste vérifie s’il a bien tout exprimé dans son art.

Elle rebroussa chemin en direction de la ville, dans un état hypnotique. Elle sourit de satisfaction, de soulagement. Elle venait d’apposer le point final d’un mauvais roman dont elle avait été l’héroïne malheureuse.

La nuit étendait son ombre dans le calme et les joies lointaines.

Le professeur de sport préparait le cadeau pour son épouse qui n’allait pas tarder à rentrer.

On sonna à la porte.

Tout heureux, il laissa là les rubans et cadeaux empaquetés, et alla ouvrir. Il se demandait bien qui lui rendait visite en ce début de soirée. Son amoureuse avait ses clés, elle n’aurait pas sonné.

Une forme noire se dessinait à travers la vitre de l’entrée. Il se dirigea vers l’objet de sa curiosité aiguisée.

Il tira la porte et sa surprise fut totale. Son élève se tenait face à lui, souriante comme jamais, les yeux pétillants d’un plaisir non dissimulé, heureuse du cadeau qu’elle allait lui offrir.

Il ne put qu’ouvrir une bouche béante avant de lancer un cri d’horreur.

Johanna lui tendait ses mains contenant un cœur encore tout chaud.

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Succès pour la conférence de Jean-Pierre Bonnel

Publié le par Evy

 

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