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Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...
1874

Mathilde

 

Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, torturée par ce qu’elle avait vécu treize ans plus tôt et ses conséquences ; encore plus par l’acte qu’elle s’apprêtait à commettre.  

Elle sortit sans bruit de la petite chambre dans laquelle elle dormait avec son fils âgé de douze ans. Elle se retrouva dans la grande pièce principale. Bien que pieds nus et vêtue de sa seule chemise de nuit, elle ne frissonna pas. Pourtant le froid avait pris possession de la grande pièce. Les pierres du sol étaient glacées. Dans la cheminée, les braises de la veillée n’étaient plus que cendres. 

Seul le bruit régulier du balancier de l’horloge troublait le silence. Mais personne n’y prêtait attention. C’était plutôt son arrêt impromptu qui provoquait la sortie d’un sommeil bercé par ce métronome. Depuis la naissance de son fils, son père avait neutralisé la sonnerie pour ne pas le réveiller. Depuis, il ne l’avait jamais remise. Elle s’immobilisa en entendant un léger ronflement de son père qui se transforma en grognement, avant de redevenir un souffle régulier. Au fond de la pièce, dans l’alcôve au rideau tiré, ses parents dormaient du sommeil des justes, épuisés par les dures journées de labeur. 

La pièce était plongée dans le noir, mais elle la connaissait par cœur. Elle y vivait depuis sa naissance, vingt-sept ans plus tôt, et pouvait dire où se trouvaient chaque meuble, chaque objet, chaque ustensile. Elle avança lentement, guidée par le bruit régulier de l’horloge qui se dressait à côté de la porte d’entrée. Elle trouva le verrou à tâtons et le tira sans bruit. Puis elle leva la clenche et entrouvrit la porte. À peine, car elle était mince ; un joli brin de fille, disait tout le monde. 

Elle referma doucement la porte. La lune était ronde et le ciel dégagé. Le chien attaché à sa niche sortit et tendit la chaîne en gémissant, en quête d’une caresse. Il imaginait sans doute qu’elle allait le libérer comme chaque matin. Mais malgré sa queue qui fouettait l’air et ses pleurnicheries, elle ne s’approcha pas de lui. Il la regarda s’éloigner d’un pas lent dans la lumière spectrale de la pleine lune, et repartit se coucher, dépité.

Des aiguilles de pins tombées sur le chemin sablonneux se collèrent à la plante de ses pieds. Elle poursuivit sa marche comme un automate, sans tourner la tête, les yeux vides et fixes. Après avoir marché sur une centaine de mètres, elle bifurqua sur la droite en empruntant une sente qui se faufilait entre les grands pins. Ils s’élançaient vers le ciel en rangs serrés. Le sol était couvert de fougères, d’ajoncs, de bruyères. L’aube n’allait pas tarder à donner ses couleurs à la forêt, mais à cette heure tout n’était que nuances de noir et de gris. 

Elle poursuivit lentement son chemin, indifférente aux brandes qui griffaient parfois ses mollets nus. Après deux minutes, elle le vit dans une trouée. Il était là depuis toujours, calme, noir, inquiétant. L’étang niché au cœur de la forêt était comme une immense tache d’encre dans la verdure. Le sable noir sur lequel il reposait lui donnait cette couleur trompeuse alors que son eau était limpide. 

Elle s’approcha et s’arrêta au bord. L’eau commença à sourdre sous ses pieds nus. Elle porta son regard au-dessus de la vaste étendue transformée en miroir par la lune qui s’y reflétait. Au loin, d’autres grands pins commençaient à se détacher sur le ciel qui s’éclaircissait. Les premiers rayons du soleil feraient bientôt naître une nappe de brume qui s’effilocherait peu à peu. Comme d’habitude… sans doute. Mais aujourd’hui elle ne la verrait pas. 

Elle trempa un pied dans l’eau sans frémir malgré sa température. Puis l’autre suivit naturellement. Puis l’autre encore. Comme si elle repartait sur le chemin. Elle avança, le regard fixé sur un point invisible. Que voyait-elle ? À quoi ou à qui pensait-elle ? À son fils ? À ses parents qui l’avaient toujours aimée malgré leur souffrance ? À lui ? Sa chemise de nuit s’évasa en corolle autour d’elle et flotta à la surface comme un grand nénuphar. 

L’eau atteignit ses seins. Ses pieds s’enfoncèrent un peu plus dans le fond souple et vaseux. L’eau frôla son menton. Un pas de plus, deux pas. L’eau noire se referma au-dessus de sa tête avec un léger remous. Nul n’aurait pu la voir, mais elle fit encore quatre pas puis se laissa tomber en avant, bras écartés, bouche ouverte. Les ronds concentriques du remous troublèrent à peine la surface et se perdirent imperceptiblement dans les ajoncs et les bruyères. 

L’aube teinta le paysage. L’étang sembla soudain fumer. Les couleurs apparurent peu à peu. Poussant sur ses longs pieds, un héron s’envola de la berge. Dans les hauteurs des pins, des palombes posées pour la nuit roucoulèrent longtemps, s’envolant enfin vers leur destin dans de grands battements d’ailes bruyants.

Envie de le lire idée cadeaux pour les fêtes ou pour le plaisir ci-dessous un lien pour plus de choix dédicacé...

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/bernard%20cazeaux/

 

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Extrait du Roman ( Pinzutu ) Thérèse Cau

Publié le par Evy

Extrait du Roman ( Pinzutu ) Thérèse Cau

Pour votre Valentine, pour votre Valentin,

Avec de belles fleurs, achetez un bouquin.

D’un roman historique, d’amour ou même noir,

 

Nouvelle ou poésie, conte issu du terroir,

Étonnez votre amour en lui offrant un livre.

La lecture et l’amour nous aident à mieux vivre.

Dans son septième roman « Pinzutu », Thérèse Cau aborde, à travers une fiction mi-policière, mi-épistolaire, son vécu d'enseignante continentale à Ajaccio de 1977 à 1987 et elle s'inspire largement de faits et d'événements bien réels.

Juin 1986. Un climat de violence règne en Corse. Les attentats se multiplient contre les Continentaux. Les Insulaires rejettent les « Pinzuti », ces étrangers venus du continent.
Lettres de menaces, appels anonymes, racket et plasticages sont leur lot quotidien.
Dans ce contexte, Bruno Conte, professeur de français, est trouvé flottant entre deux eaux dans un golfe de Corse-du-Sud. Le jeune homme s’y livrait à son loisir préféré : la chasse sous-marine. L’inspecteur principal Jean-Yves Guenel, un Breton récemment affecté au commissariat d’Ajaccio, refuse la thèse de l’accident. Pour élucider cette mort suspecte il parcourt les lettres adressées par la victime à ses parents durant les quatre années de son séjour sur l’île, à la recherche d'un indice. Une plongée en eaux troubles au cœur de la Corse profonde entre règlements de comptes, intérêts mafieux et politiques.

 

1er extrait de « Pinzutu » (enquête):

 

Un peu avant neuf heures, les quatre policiers arpentaient déjà le sentier balisé de cairns et bordé d'asphodèles menant à la pointe du cap, où se dressaient encore les vestiges d'une tour génoise, entre l'anse de Minaccia ourlée de criques sauvages et le golfe de Lava formant un vaste ovale sablonneux. La mer étale se moirait de nuances allant du bleu indigo au vert émeraude, contrastant avec le gris anthracite des rochers. On avait envie de se plonger dans cette eau transparente. Un cadre idéal pour y vivre au plus près de la nature, loin de la fureur de la ville; pour y vivre et peut-être même pour y finir ses vieux jours, mais certes pas pour y mourir en pleine jeunesse! Les policiers franchirent les rubans de sécurité disposés à trois mètres de la falaise, selon les instructions du procureur; l'entrée de l'anse avait également été fermée par un cordon de bouées. Cinq ou six gars de la scientifique, arrivés sur les lieux en bateau, étaient déjà à l’œuvre, prélevant des algues sur les roches et fouillant les moindres recoins des criques. Tous s'affairaient, ayant reçu la consigne de rendre les plages aux vacanciers à partir de midi. L'inspecteur discuta brièvement avec eux, pour ne pas les retarder. Il se fit notamment préciser l'endroit exact où le corps avait été repêché, la direction des courants et il essaya avec ses hommes de déterminer quels avaient pu être les points d'impact du corps sur les rochers. Après avoir examiné avec soin les alentours et ramassé quelques mégots et autres menus objets coincés entre les galets, ils remontèrent. L’œil de Guenel fut alors attiré par les dizaines de petites crottes de bique qui jonchaient le sol, telles des olives noires desséchées, et qui luisaient entre les plantes à fleurs jaunes, sous le soleil maintenant assez haut. 


 

2e extrait de « Pinzutu » (leçon de corse)

 

.É vurtatu hóddie di a mattia = il est revenu aujourd'hui du maquis

Ici, il est probablement fait allusion à un élément du folklore corse: le bandit, ou «seigneur du palais vert»; tel est du moins le surnom que j'ai lu dans un article retraçant la vie et les forfaits de François B., le dernier bandit corse qui avait écumé la région avec un comparse, mais qui n'avait écopé que de 5 ans de prison, et qui vient de mourir paisiblement dans son lit. 

. Ci suó dui ommi; dammi u fucile = il y a deux hommes; donne-moi le fusil.

Drôle d'accueil, qui montre bien la méfiance générale. Apparemment, le fusil ne sert pas que pour la chasse aux merles et aux sangliers! Pierre, un syndicaliste du SNES, m'a narré un rituel bien ancré dans les mœurs locales, à savoir tirer des salves en l'air pour saluer les événements les plus divers: matches de football, processions, funérailles - surtout de nationalistes d'ailleurs, fêtes profanes ou même religieuses, élections gagnées. Le coup de fusil remplacerait ici le jaillissement du champagne coutumier sur les podiums des Grands Prix automobiles! Glissons prudemment sur le symbole! 

Cette tradition, m'a-t-on dit, a été respectée l'an dernier, à l'annonce de la victoire de Mitterrand; elle s'est ajoutée au concert de klaxons dans les rues. Les passagers des voitures roulant sur le cours Napoléon tirant des coups en l'air, au risque d'abattre des riverains penchés à leur balcon: peut-on imaginer une scène identique sur le continent?  

 

L'écriture est pour elle à la fois une passion et une thérapie. Pour vous procurer ses livres, contactez-la par courriel à cette adresse: cau.therese@wanadoo.fr  

Hélène Cau - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

Publié dans Extrait du Roman

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Extrait de " La Terre Privilégiée " de l'Auteur Patrice Salerno

Publié le par Evy

Extrait de " La Terre Privilégiée " de l'Auteur Patrice Salerno
Extrait de " La Terre Privilégiée " de l'Auteur Patrice Salerno

Idée cadeau pour les fêtes ou pour le plaisir

Autre choix ci-dessous

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/patrice%20salerno/

 

La Terre Privilégiée


 

Patrice Salerno



 

Avant-propos



L’histoire se situe dans la première partie de la période de refroidissement du Moyen-Age, communément appelée Petit Âge glaciaire. Elle s’est traduite par une importante avancée des glaciers, par des étés plus froids, des précipitations incessantes, notamment en 1315, et, par conséquent, de mauvaises récoltes ayant causé des épisodes de famines.  

Comme un malheur ne vient jamais seul, la peste noire se répand comme une vague sur tout le pays. Depuis Marseille, en novembre 1347, elle gagna rapidement Avignon, en janvier 1348, alors cité papale et carrefour du monde chrétien - la venue de fidèles en grand nombre contribuant à sa diffusion -, c’est en juillet 1348 qu’elle sévit à Albi.  

Tancrède, héritier du domaine de Marhaba, avec Roger, son ami fidèle, usèrent leurs vies pour que les terres prospèrent,  conjuguèrent leurs efforts pour le blé pousse, et que la vigne magnifiée,  jus de raisin qui coulent un peu dans leurs veines, soit le reflet de leurs compétences et de leur amour pour cette culture.

Guillaume prendra les rênes de Marhaba à la mort de son grand-père. Il ne pourra éloigner de lui l’ombre de Tancrède, figure tutélaire, dont l’aura servira à la fois de guide et de joug trop lourd à porter. Guillaume effectuera le même voyage que son grand-père, tel un périple, un pèlerinage, osant à peine croire qu’il ressentirait les mêmes choses que Tancrède. Il fit donc une incursion en Terre Privilégiée, au pays des troubadours et de la dissidence religieuse. En cette contrée mystérieuse, dans ce château si particulier, il découvrira une autre approche de la vie, qu’elle peut très bien se nourrir de ses différences. 

S’il est hasardeux de trouver une quelconque collusion entre troubadours et Bonshommes, l’idéologie courtoise, en propageant des valeurs laïques et profanes, participe elle aussi à la prise de distance par rapport à la vision du monde défendu par les clercs. La populeuse classe aristocratique occitane, influencée par la culture des troubadours, était volontiers libertine, voire anticléricale. Bien que l’art des troubadours soit à l’antipode des préoccupations métaphysiques des Bonshommes, il est indéniable qu’ils font partie intégrante de cette société. N’oublions pas, bien avant que le mot féminisme n’ait un sens, que l’émancipation de la femme était un fait dans ce Languedoc de tolérance. Les dames de cette aristocratie, à qui la « fin amor » des troubadours et la culture courtoise reconnaissaient valeur cordiale et sagesse amoureuse, et  que le droit coutumier méridional admettait à hériter, à léguer, voire à partager l’autorité coseigneuriale, manquaient pourtant cruellement d’échappatoire spirituelle. Ces dames, qui voulaient faire leur salut après une vie bien remplie d’épouse et de mère , se tournèrent avec intérêt vers cette église chrétienne indépendante de Rome. Cette Eglise qui ouvrait largement ses maisons religieuses et même son sacerdoce aux femmes. Et, c’est naturellement, que ces belles dames des troubadours, vieillissantes, achevèrent leur vie en religion, non pas cloîtrées au fond d’un couvent, mais comme directrices de conscience de leur parentèle.

 

 

Les personnages principaux du roman :

 

Tancrède et Amina : mari et femme, propriétaire du domaine de Marhaba.

Roger et Mathilde : mari et femme, meilleurs amis de Tancrède et Amina.

Jean : fils de Tancrède et Amina.

Mariette : Fille de Tancrède et Amina.

Marie : Femme de Jean.

Guillaume : Fils de Jean et Marie (le narrateur). 

Delfina : Amie de Mariette.

Blanche : Femme de Guillaume.

Melpomène : Hôte du château de Puivert

 

I

 

Marhaba, souvenirs des jours heureux.

 

Je me nomme Guillaume, fils de Jean et Marie, et je suis né à Albi en 1292. Tancrède et Amina, mes grands-parents, eurent deux enfants, Jean et Mariette. Tancrède, né à Montans, géra le domaine de Marhaba à la perfection, ainsi que quelques intérêts sur Toulouse qu’il sut défendre avec opiniâtreté. Quant aux terres d’Albi, la plupart vouées au pastel, Tancrède en délégua l’exploitation à son meilleur ami, Roger, et son épouse la belle Mathilde. A la mort de Roger mon père prit le relais à Albi, et voilà comment je me retrouvai près du palais de la Berbie (1). Toute cette équipée ne manqua pas de prétextes pour se retrouver à Marhaba, et je grandis sagement à l’abri des bras de mes parents et de mes grands-parents. Majestueuses branches auxquelles je m’accrochais solidement lorsque la tourmente soufflait sur mon cœur triste. Maintes fois j’escaladais ces arbres de vie, tantôt blotti au creux de cette rassurante ramure pour soulager mes peurs, ou fièrement fiché sur leurs épaules pour mieux embrasser l’immensité qui s’offrait à moi. Je bus leurs paroles, encore et encore, jusqu’à l’ivresse. Leurs mains fermes me guidèrent à l’ouvrage, rudes à la taille, précises à la houe, je  m’exténuais au travail avec eux. J’attendais avec impatience la fin de la journée afin d’obtenir ma véritable récompense, un regard complice, un geste tendre, une caresse des miens. Je suis fier d’être des leurs et ils me manquent tous aujourd’hui. Très jeune, j’eus ce désir de comprendre cette famille, d’en connaître le moindre détail, de m’en attacher le moindre sentiment. Ce travail fut amplement facilité par mon grand-père qui, de son vivant, a toujours veillé à ce que le greffon prenne. Il fit preuve, à mon égard, de beaucoup de patience et de sollicitude, mon éducation fut à la mesure de mes attentes. D’une manière moins patente, beaucoup plus pudique, plus effacée, mon père contribua également à ce que mon apprentissage dans cette tribu se réalise sans heurt.

 

Tancrède, contrairement à son père et ses oncles, consigna par écrit les moments forts de notre lignée. Enguerrand et son fils Tancrède, patiemment, et avec une certaine obstination, retrouvèrent avec difficulté le fil de leurs vies, sans doute un peu tard. Ils arrimèrent alors leur solitude à cet amour indicible qui les rapprochait et, patiemment, obstinément, lièrent ces attaches parfois si distendues. Mais le temps, prompt à  balayer la destinée, foudroya leur entreprise, si bien qu’aucun des deux ne put nouer fermement et à jamais ce précieux lien. Tancrède fut un être tout en nuance, l’expression même de la dualité, balance exacte entre la finesse de ses propos et l’animalité qu’il mettait à l’ouvrage. Il pouvait être déroutant, oscillant entre la bienveillance à l’égard des êtres chers, et âpre dans son jugement lorsqu’il faisait face à une vile opposition. Il demeure un exemple pour moi et il y eut entre nous plus que d’ataviques similitudes. Je retraçais la saga familiale avec une facilité déconcertante, compulser et ordonner les innombrables feuillets qu’il nous légua se révéla de loin  le travail le plus fastidieux. 

J’entrepris cette tâche comme une impérieuse mission, j’emboitai machinalement mes pas dans les siens, et me mis à écrire les événements et autres péripéties de notre famille. Je rédigeais sans cesse, griffonnais beaucoup, revenais toujours sur mes notes tant la frustration était grande. J’avoue humblement que je n’ai ni le talent ni la verve, et encore moins le style, de Tancrède. Son savoir et sa grande culture m’impressionnaient. Il était à l’aise dans toutes les matières et jamais ne s’égara en périlleuses conjectures. Comme lui je passais du temps dans la bibliothèque familiale, un fatras de livres illustrant des sujets aussi divers que l’art de cultiver la vigne, d’instructions pour utiliser les plantes à bon escient, en passant par d’illustres auteurs grecs et latins. Sans oublier, en bonne place, un florilège d’ouvrages dans notre langue, notamment œuvres de Macabru, Jauffré Rudel, Bernard de Ventadour, et bien sûr des poésies de Peire Vidal. Nombres de ses livres provenaient de l’ancienne bibliothèque de Philippa, la tante de Roger. Mon inaptitude aux belles phrases et autres envolées lyriques firent que j’optais finalement pour une retranscription de faits, une chronique en quelque sorte.

 

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Nicole BERNARD VILLA Genre : Roman

Publié le par Evy

 Nicole BERNARD VILLA  Genre : Roman

Avec de belles fleurs, achetez un bouquin.

D’un roman historique, d’amour ou même noir,

 
 

Nouvelle ou poésie, conte issu du terroir,

Étonnez votre amour en lui offrant un livre.

La lecture et l’amour nous aident à mieux vivre.

Auteur : Nicole BERNARD VILLA

Genre : Roman

 

Le roman POINT DE FUITE de N. BERNARD VILLA raconte l’histoire de trois personnages dont les destins amorcés il y a vingt ans  dans une belle perspective de vies vont tout à coup s’enchevêtrer et se télescoper de manière si imprévue qu’il ne va plus rester du savant dessin, qu’un jeune homme dans un train qui va rejoindre sa vie…

Louise a aimé Vincent, vingt ans plus tôt. Elle en a eu un fils Simon. 

L’histoire se déroule sur les trois jours de son enterrement qui va réunir Vincent et Simon qui ignorent tout des liens qui les lient chacun à Louise.

 

Voici trois extraits très différents du roman qui illustrent sa diversité.



 

L’enterrement de Louise dans un village d’Ariège.


 

Il faisait frais, avec cette odeur particulière de poussière minérale qui colle l’air dans les narines. Un air froid, un peu moite, comme dans toutes les églises fermées, parce que les églises sont toujours fermées.

Après l’énorme chaleur du dehors, il y avait eu comme un soulagement général de se retrouver dans cette ombre silencieuse et fraîche. Il y avait du bon dans cet enterrement d’été.

Bah ! C’est quand même moins triste un enterrement sous le soleil.

Bien sûr, elle était somme toute encore jeune pour mourir. Quarante-neuf ans, de nos jours, c’est quand même pas un âge pour mourir. Surtout pour une femme. Et bien conservée encore. Et gentille avec ça, pas bégueule pour un sou, même que c’était une artiste. Pour sûr, on n’avait jamais eu rien à redire de la Louise.

 

Quand elle est arrivée au village évidemment, avec ses grands cheveux n’importe comment, et toute seule avec son fils, qu’il s’appelait du même nom qu’elle et que donc, il n’avait pas de père, et qu’elle était quand même très jolie, les femmes se sont mises à critiquer sévère et les hommes ont fait mine de renchérir.

Mais on pouvait pas dire, pour la Louise, y’avait que sa peinture qui comptait et le gamin était bien éduqué, pas du tout comme ces hippies qui venait élever des chèvres en fumant des choses qu’il faut pas.

A part le toubib qui allait souvent à la maison aux volets bleus, alors qu’on voyait jamais Louise à la pharmacie et que le petit était robuste comme le mont Valier, on pouvait pas faire des histoires sur Louise. Et puis le toubib était divorcé depuis des années qu’on savait même plus le nom de sa femme, sauf les vieux qui n’ont plus que les généalogies comme souvenirs, et qu’en plus c’était un bon toubib, qu’on n’aurait pas aimé lui chercher noise.

Sans compter, que ça gardait les maris tranquilles.

 

Et maintenant, voilà qu’on allait porter la Louise en terre, et qu’il était là le toubib et qu’il n’avait rien pu faire avec toute sa science pour empêcher ça.

 

A côté du toubib, il y avait le fils de Louise. Un beau gars, pas beau comme on dirait d’un gars d’ici. Non, on voyait bien que c’était le fils d’une artiste et d’on ne sait qui de la ville, peut-être même de Paris.

Il était né ici, mais il n’était pas d’ici. Et sans doute, il ne resterait pas ici. 

D’ailleurs, il était déjà parti à la Capitale pour faire ses études. Pas même à Toulouse ou à Bordeaux, comme les jeunes gars d’ici, ou même à Lyon ou à Montpellier. Non, direct à Paris. A vingt ans. Comme si à vingt ans, on avait besoin d’aller tout de suite à Paris pour faire ses études ! Des études d’art ! Qu’on sait même pas à quoi ça ressemble, des études d’art ! Sa mère, elle, elle le faisait, l’art. 

Enfin, c’est comme ça maintenant, y’a des métiers, on ne sait même plus de quoi ils sont faits ! N’empêche, il est gentil quand même le petit, d’ailleurs, Camille a encore fait les confitures de myrtille pour qu’il emporte à Paris.

 

C’était presque fini. La cérémonie avait été courte. On ne savait même pas si Louise croyait au Bon Dieu, mais ici au village, on ne pouvait pas imaginer de porter quelqu’un en terre sans passer par le Bon Dieu, et encore plus une jeune femme, vous pensez, et puis le curé avait dit qu’elle était baptisée et que puisqu’elle était baptisée, il n’y avait pas de raison pour qu’on ne fasse pas comme d’habitude. 

Même la mort, c’est plus facile avec une habitude.

Même que ça ne s’appelle pas une habitude pour la mort, mais un rituel.

C’est comme quand tu embrasses ton môme avant de dormir et que ça l’empêche d’avoir peur et de faire des cauchemars. Parce que les enfants ont peur de la nuit, comme les adultes ont peur de la mort. 



 

Le JOURNAL de Louise, pour Simon son fils, après sa mort. Louise raconte l’amour unique et éphémère qu’elle a eu pour son père Vincent, dont il ignore tout.

 

Notre amour a été le point de jonction de nos différences quand elles n’étaient encore qu’au stade de l’identification.

Il s’en est nourri. Il a voulu croire que, puisque nous étions tous les deux différents du même monde, nous étions identiques.

Un africain noir et un asiatique jaune, sont très différents d’un blanc occidental. Mais cette différence par rapport au blanc, ne les fait en rien se rejoindre.

 

Il nous a fallu cinq ans pour nous rendre compte de cette évidence. 

Cinq ans de bel et bon amour, de jeunesse, de soleil, de rire, d’insouciance, de désirs, de vie sans avenir et sans passé, de vie réinventée…

Nous étions forts tous les deux, trop forts sans doute.

Il faut peut-être une inégalité dans l’amour, ou du moins une complémentarité. Ou peut-être, c’est la même chose.

 

Cette photo au bord du lac, c’était la dernière.

Nous ne nous sommes jamais revus.

 

Quand j’ai été retirer la photo dans le petit magasin jaune, une cloche s’est mise à carillonner gaiement à l’ouverture de la porte, comme les sonnailles des chèvres qui dévalent la montagne le soir, pour retourner au bercail.

Il faisait déjà frais en ce début de septembre.

 

Je l’ai posée là, juste à côté du cahier. Le temps s’est écrasé au point de cette mémoire retrouvée. Je sors de l’eau glacée, brûlée de soleil, je cours, je ris dans l’éblouissement de la lumière éclaboussée, je me jette sur lui, je suis contre sa peau, dans son odeur…

 

********

J’ai écrit sur la photo pour lui dire ma mort.

J’ai rajouté une carte parce que la photo était trop petite et je n’avais pas la place pour lui parler de toi.

Tu vois, un petit carton pour lui et un cahier entier pour toi.

Un cahier pour un grand passé que tu ignores, quand lui aura tout l’avenir pour te connaître.

Si tu veux. S’il veut.

 

Une fois satisfaite une curiosité légitime, il faudra que tu te poses les vraies questions :

Est-ce que tu veux vraiment adopter un père qui n’a jamais eu besoin de toi ?

Est-ce qu’il voudra vraiment adopter un fils qu’il aurait été incapable d’aimer ?

 

Si je vous donne l’un à l’autre, c’est aussi pour vous libérer facilement l’un de l’autre.

Ce ne devrait pas être trop difficile, maintenant que j’aurai disparu de vos vies. 

Ma mort rompt le lien ténu qui vous rapprochait. 

 

Je vous laisse libres.

Ta vie t’appartient, et la reconnaissance de ton origine n’en est certainement pas la clef.

 

J’ai mis la photo et le carton dans une enveloppe. Je vais la donner à Pierre, il l’enverra le moment venu. 



 

Vincent et Simon assistent à une conférence sur Van Gogh et ce qu’est un artiste.

C’est Simon qui parle, après le départ de Vincent.




Mais Vincent s’était soudain calmé, ses yeux devenus un seul trait noir enfoncé sous les arcades sombres, brillaient d’une étrange lumière. 

Il parla d’une voix serrée et rauque, comme si les mots étaient faits eux-mêmes d’une matière rêche et difficile à émettre :

« Se réaliser... se réaliser pour un artiste… mais c’est mourir, ou cesser de créer. Ce qui est sans doute la même chose. Parler de réalisation pour un artiste, c’est le nier. L’artiste, c’est celui qui cherche, celui qui va vers autre chose, celui qui ne possède jamais, celui qui va vers l’inaccessible désir… l’artiste est un homme qui marche… s’il s’arrête, c’est qu’il est mort… il ne faut pas vouloir arrêter un artiste… il faut qu’il marche… il faut accepter qu’il marche… il faut lui donner de le laisser marcher… »

Vincent s’est levé. Il est parti.

 

J’étais magnifiquement anéanti, je l’ai suivi, désespérément heureux, perdu, émerveillé.

Il marchait vite, sous une petite pluie fine et grasse. Je voulais lui dire que je l’aimais, que je comprenais, qu’il n’était pas tout seul et que moi aussi je savais tout ça exactement comme il l’avait dit, à cause de Louise. Je souffrais de n’avoir pas le courage de le rejoindre et cette souffrance en moi était terrible, et plus elle était terrible, moins je pouvais le rejoindre, et plus j’aurais voulu courir,  plus mes jambes devenaient raides. 

Je le suivais dans cet insupportable naufrage, comme l’homme perdu qui va couler s’accroche à l’infime lumière d’un phare improbable, sans avoir d’autre pensée que de se sauver.

 

Je l’aimais.

Je l’aimais comme un fou.

J’aimais cet homme au point de vouloir mourir avec lui sous cette pluie glacée, s’il fallait mourir pour rien, pour être différent et ne pas vouloir renoncer à cette différence.

Je le suivais comme une bête, sans rien savoir, sans rien comprendre, avec ce seul instinct sauvage de ne pas le perdre, quand ma vie entière tenait dans cette poursuite absurde d’un homme seul qui marchait dans la nuit glacée.

Il était arrivé à sa voiture. Il a ouvert la porte sans même se retourner, il est monté, il a démarré.

Je suis resté sur le trottoir gluant de pluie huileuse.

Il était parti.

Il n’était plus là.

 

La vie toute entière se résumait à cette petite pluie fine et tenace qui transperçait mon blouson de jean. Je ne bougeais pas. Le moindre geste et il aurait fallu que j’existe. Le moindre geste et il aurait fallu que je meure. 

Vincent était parti.

J’étais fixé à cet endroit précis, sans qu’aucune pensée ne puisse se greffer à cette seule évidence terrible.

Vincent était parti.

 

J’ai vu la voiture. Il est arrivé très vite. Il s’est arrêté juste devant moi. Il n’a pas stoppé le moteur.

Je suis monté.

Il faisait chaud, et j’ai essayé de calmer les battements de mon cœur en suivant le rythme régulier des essuie-glaces, comme si ma vie en dépendait.

 

Il fallait surtout que la pluie ne s’arrête pas.

 

Pour vous procurer ce roman, il suffit d'en faire la demande par mail à
Vous le recevrez avec une petite dédicace et l'adresse de l'auteur pour paiement.
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Retour de Lecture ...Nicole yrle

Publié le par Evy

Critiques de huit livres sur Babelio

 

https://www.babelio.com/livres/Yrle-La-pierre-de-Rose/225218

https://www.babelio.com/livres/Yrle-Les-Dames-de-Paulilles/225215

https://www.babelio.com/livres/Yrle-Noces-de-lavande/252583

https://www.babelio.com/livres/Yrle-DUn-Rivage-lAutre/358896

https://www.babelio.com/livres/Yrle-Eclats-de-vies/453990

https://www.babelio.com/livres/Yrle-Couleur-Corail/548935

https://www.babelio.com/livres/Yrle-Baisers-du-sommeil/1152645

https://www.babelio.com/livres/Yrle-Lignes-de-Cretes/1254486

 

Quelques commentaires de lecteurs (j’en ai perdu plus de 300, suite à un acte malveillant sur mon site d’auteur) :

 

Couleur Corail

E.J. Je viens de terminer la lecture de " Couleur corail ", un passionnant voyage à travers le temps. Je suis reconnaissante à l'auteur de m'avoir appris tant de choses sur l'histoire de ces îles, de la Sardaigne à Minorque, de m'avoir fait sentir, avec des mots toujours justes, les émotions des personnages, mais aussi les couleurs, les lumières et les senteurs qui les imprègnent. Un beau livre.

L. J’écris du bout du monde de l’Argentine. J’ai eu la chance de lire « Couleur Corail » de Nicole Yrle. Un livre passionnant du début à la fin.  La plume puissante de Nicole nous livre une histoire du Moyen-Âge à nos jours. Dans cette époque médiévale, entre superstitions, peste noire et sanglantes batailles, se déroule la vie de la Sardaigne. Cinq chapitres consacrés  pour le passé et cinq autres au 21ième siècle. Les personnages sont touchants et leur  sort nous angoisse.  Ce petit bout de corail, que Milena supposait un porte bonheur, arrivera dans les mains de Paul en 2003. Son histoire d’amour, de bonheur, de maladie et de mort, m’a touchée jusqu’aux larmes. Une Sardaigne avec un paysage qui donne envie de connaître, très documentée. Tous ceux qui avaient été chassés rêvaient du retour. Terre de mystères, d’étranges constructions datant  de la préhistoire. J’ai beaucoup aimé ce livre et comme toujours les personnages des livres de Nicole, resteront gravés dans ma mémoire. Le style impeccable comme d’habitude, mes compliments Nicole Yrle.

 

Eleonora

S.C. On peut lire Eleonora sans avoir lu Couleur Corail. Mais si on a lu le premier on a hâte de lire le second pour savoir ce que sont devenus nos héros.
Que dire de mon impression ? Je l’ai acheté dimanche soir et l’ai fini mercredi dans l’après-midi midi sans avoir pu (ou presque) le quitter. Outre l’écriture poétique et fluide, les parties historique et ethnologique m’ont énormément intéressée. J’ai beaucoup appris sur la Sardaigne, sa culture, son histoire, ses paysages, monuments et ses habitants.
J’ai aussi découvert une poétesse dont je n’avais jamais entendu parler : Christine de Pizan. Les personnages sont traités avec beaucoup d’humanité.

J’ai adoré !!!!!!!

 

Éclats de Vies

Dans cet ouvrage, la plume poétique et la touche d'humanité de l'auteur rendent ses histoires belles et attachantes. Ma nouvelle préférée s'intitule "Gratitude", mais j'ai également apprécié "Cadeau", "Boulevard Nord-Est" et "Trains à prendre".

Ne vous privez surtout pas de tous ces instants d'émotion, de plaisir et de partage, en ces temps particulièrement incertains…

 

Noses de lavande

Anon. C'est avec grand plaisir que je me suis plongée dans ce récit bien construit, au style fluide et simple, d'autant plus suggestif qu'il ne cède en rien aux modes langagières actuelles, trop souvent enclines à défigurer notre langue.(Merci pour les imparfaits du subjonctif que vous employez avec tant de naturel). Vous m'avez guidée dans les ruelles du vieux Collioure dont j'ai depuis parcouru tous les recoins, à la recherche de l'introuvable 26 rue Belle Vue... Tous ces lieux, éclairés par les points de vue et états d'âme des divers personnages(particulièrement Pierrette à qui va ma prédilection), resteront pour moi imprégnés du souvenir de cette touchante et troublante histoire. Comment pourrai-je revoir le promontoire de la plage St Vincent, sans penser à vos vieux " amants de Teruel " colliourencs ? Merci d'avoir adouci cette fin de mois d'août souvent nostalgique…

P.V. J'ai apprécié l'épaisseur humaine des personnages de ce roman qui n'est pas, du coup, seulement policier. Amour et sensibilité baignent tant de pages ! Le ton, parfois, me faisait penser à celui de certains écrits de Bernard Clavel. L’art du suspens bien dispersé tout au long de l’ouvrage ménage une découverte progressive des gens et de la solution de l'énigme habilement posée dès les premières pages. Je me suis même instruit à propos de la sardane et des lavandes. Qu'apprendrai-je encore dans le prochain roman? Sera-t-il explosif ?

 

François de Fossa

Nicole Yrle offre son talent, son style précis et subtil à la vie extravagante de ce jeune homme autodidacte et romantique avant l’heure. Elle dépeint avec brio cette période passionnante de notre histoire.

 

Nous nous sommes tout dit

L. Le livre fermé, je dois me remettre. Trop fortes les émotions ressenties.

Combien cette lecture touche les fibres de l’âme. L’amour d’une fille pour une mère proche de quitter ce monde, l’accompagner pendant quatre années où elles se sont tout dit .De l’amour,de la vie et de la mort.

 La p’ite maman, très âgée, fait un retour sur son passé, son enfance, son père qu’elle n’a pas connu. Des secrets  cachés se dévoilent. Chaque chapitre a son charme, sa lumière et son ombre. On ne sort pas indemne de ce livre, les rôles intervertis, la fille qui devient presque la mère de la vieille dame. Elle lui parle, entre tricots et souvenirs, entre gourmandises,   coquetteries, fleurs et parfums. Outre la qualité du livre, on apprécie  la sensibilité de l’auteur qui peut coucher sur le papier, tout son amour et sa  ferveur pour rendre bienheureuses les dernières années de sa mère.

F.S. Les mots sont simples. Mots de tous les jours. Les phrases courtes. Chuchotements, écoute de l’autre, attente de l’autre. Respect. Humilité. Et chance. Chance que l’une et l’autre, la mère et la fille, aient le même goût du Verbe. Que le souffle reste intact. Ont-elles toujours eu cette complicité ? Ou bien est-ce le cadeau offert par le temps, ces quatre années d’accompagnement réciproque. Ce précieux temps qui ne tolèrerait pas le mensonge, ni la perte de temps. Car il est dévoré aussi par le mystère, tout le mystère de l’au-delà que la vie même, illuminée de ces quatre années, a engendré, réalité de l’instant, quadrature du cercle. C’est toute la Poésie vécue.

Ce livre de Nicole, un long poème qui se lirait même sans ponctuation. L’eau de la source est là, fluide, fraîche et si nous n’avons pas eu la chance de vivre de pareils instants réellement, nous savons qu’au fond de nous ils existent pareillement et c’est cela tout le mystère, tout le miracle de la Vie, du Verbe qui rejoint l’innommable, le sacré.

 

Lignes de Crêtes

F. S. Il y a très longtemps que je n’avais reçu un tel livre ! Reçu hier à 18h… à 19h je m’installe, curieuse, pour goûter le style et lire un chapitre… Et je ne peux pas m’arrêter… à 1h30  je m’endors… pour me réveiller à 7h et… le terminer… à 9h je le ferme…. Ce livre-ci est pour moi le meilleur… écriture juste, chargée de tant de connaissance qui éveille notre humanité, malheureusement trop réelle car tous ces drames sont toujours présents en notre monde… mais Nicole Yrle sait trouver dans le cœur de ces montagnards le baume qui nous fait pleurer de cette tendresse à la vie indéfectible.

M.M. J'ai fini de lire depuis quelques jours "lignes de crêtes". Un régal ! un beau livre, vraiment ! une écriture fluide, claire, précise. J'ai appris des choses surtout sur l'aiguat... durant ces dernières années je me suis beaucoup documentée sur la guerre d'Espagne, et la Retirada... auparavant, on n'en parlait pas... En plus très heureuse surprise : je connais tous les lieux de montagne par lesquels passent les familles espagnoles du livre. Merci pour ce magnifique livre qui m'a replongée dans mon village natal et dans notre histoire. 

B. M. Ce roman m'a fait découvrir une partie de l'histoire, La retirada, que je ne connaissais pas. J' ai vécu avec les personnages de ce roman, leurs moments de doutes, de chagrin, de détresse.

La deuxième partie qui raconte l'aiguat est décrite d'une façon magistrale. J'y étais.
Un très bon roman, très abouti, écrit dans le style très pur de Nicole Yrle.

S.F. Un roman passionnant ou est racontée la vie de deux familles face aux horreurs de la guerre et des éléments déchaînés. Le tout avec beaucoup d'émotion et de sensibilité. Merci pour ce moment d'évasion. 


 

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Extrait du livre "Ne me lâche pas la main" de l'Auteur Cathou Quivy...

Publié le par Evy

Pour votre Valentine, pour votre Valentin,

 

Avec de belles fleurs, achetez un bouquin.

D’un roman historique, d’amour ou même noir,

 
 

 

Nouvelle ou poésie, conte issu du terroir,

Étonnez votre amour en lui offrant un livre.

La lecture et l’amour nous aident à mieux vivre.

Extrait du livre "Ne me lâche pas la main" de l'Auteur Cathou Quivy...

 

Extrait du livre "Ne me lâche pas la main"

 

Les femmes Hmong sont de remarquables couturières et de merveilleuses brodeuses. Leur costume traditionnel que certaines avaient réussi à cacher (roulés très serrés dans un tissu de chanvre au fond de leurs bagages) et à emporter avec elles, depuis le Laos, est constitué d’une jupe coupée dans un tissu de chanvre qu’elles tissent elles-mêmes, teint en noir ( ou en blanc pour les Hmong blancs ) et dont il faut une dizaine de mètres pour n’en fabriquer qu’une seule, et d’une veste exécutée dans le même tissu noir, imprimée de minuscules motifs (avec la technique du batik) et croisée sur la poitrine. La jupe assez courte, accompagnée de jambières en coton noir, plissée très serrée, est de plus brodée sur toute sa hauteur, recouverte de points de croix minuscules et de tous petits morceaux de tissu bariolés, cousus à même l’étoffe de bas avec la technique de patchwork. La jupe est ouverte devant mais un long tablier brodé sur toute sa surface, simplement noué à la taille, la maintient fermée. Une large ceinture enroulée autour de la taille, également brodée, la maintient fermée. La veste est ornée pareillement. Les membres d’un même clan se reconnaissant par les couleurs des galons appliqués sur le bas des manches : Hmong blancs, noirs, bariolés, verts ou à fleurs. Il existe autant de variantes de costumes et de coiffes que de groupes ou de clans. Le col des vestes sont à eux seuls une véritable œuvre d’art, entièrement recouvert de broderies aux couleurs vives, il sert de code aux jeunes filles et aux femmes qui le portent : les dessins qui s’y étalent, expliquent aux hommes la condition de la jeune fille. Est-elle mariée, promise, fiancée ou au contraire libre de tout engagement ? Les costumes ; (dont il faut plus d’un an pour n’en réaliser qu’un seul) ; sont agrémentés de perles en verre multicolores, de minuscules pompons en laine de couleur et sont cousus de pièces de monnaie qui cliquettent au moindre mouvement. N’oublions pas que le Laos a été durant de longues années un protectorat français et que l’administration était en droit de frappée sa propre monnaie d’où cette habitude de coudre de petites pièces en argent sur les costumes !  

Dans le souci constant que notre équipe avait de susciter des échanges entre Cévenols et réfugiés, j’organisais des après-midi « couture » thème fédérateur, qui au-delà des mots et du vocabulaire, pouvait par l’échange des techniques et des savoirs, réunir des femmes pour les faire se rencontrer et se connaître. Mais une des femmes, lozérienne de souche saisit la main d’une jeune brodeuse Hmong et lui dit : « tu tiens ton aiguille à l’envers ! » Elle lui ôta l’aiguille des mains et la lui replaça dans ce qui était pour elle ; le seul bon sens possible. 

- « Savez-vous coudre ou broder comme elle ? » lui dis-je « non » répondit-elle.

- « Alors pourquoi affirmez-vous qu’elle tient son aiguille à l’envers ? »

Je pense que nous agissons trop souvent comme cette femme ; assurés de notre culture de notre savoir et de notre bon droit : c’est assurément l’autre qui tient son aiguille à l’envers ! Il nous faut admettre que cet autre qui nous nous est étranger dans sa culture, ses raisonnements, ses habitudes  sa langue mais que sa façon d’appréhender le monde est aussi valable que la nôtre...Alors la rencontre devient possible, l’échange est admissible et l’amitié recevable ... 

 

Lozère année 1979   

Envie de le lire idée cadeaux pour les fêtes ou pour le plaisir dédicacé

ci-dessous un lien pour d"autre choix...

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/search/cathou%20quivy/

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La Parcelle du sang de Marie Ader auteur...

Publié le par Evy

La Parcelle du sang de Marie Ader auteur...

Extrait :

C’est le quatrième jour de cueillette, le jeudi matin. Louis se rend comme chaque matin au lieu d’arrivée des cueilleurs. Ce jour-là, ils vont cueillir plus loin, les parcelles sont en effet très étendues. Ils se rapprochent donc en voiture du lieu de travail et ne se garent pas au hangar.

Hier, Louis a croisé Alfred et lui a demandé si le miroir brisé était encore une de ses blagues. Celui-ci s’est mis en colère aussitôt, accusant Louis de harcèlement, lui promettant de porter plainte à la gendarmerie… Bref, comme d’habitude, c’est l’impasse. Louis se dit qu’il aurait mieux fait de la fermer, pour cette fois. Même s’il ne voit pas ce que ce miroir tranchant, coupé en deux, faisait là ! Il l’a emporté et jeté dans la benne à ordure. C’était un assez grand morceau de miroir, d’environ 25 cm de haut et 15 cm de large.

 

Les cueilleurs sont prêts à s’installer. Tout le monde est là, sauf Valério. Ceux de la plate-forme partent avec Éric.

« Est-ce qu’on pourrait pas changer ? J’aimerais mieux travailler avec le groupe d’en bas. »

C’est Jérôme qui demande ça, un gars pas très motivé par le travail, qu’il trouve trop dur, mais qui est très intéressé par la présence des filles du groupe. Il est venu travailler au verger, d’une part parce qu’il a besoin d’argent, d’autre part parce que ses copains l’y ont poussé. Il a 25 ans, fait une formation en boucherie, mais le travail ne lui plaît pas, alors il ne sait plus quoi faire. Il se cherche, dit-il.

Louis, qui a auparavant déjà fait le point avec Éric, lui dit :

-On verra, on verra. Pour aujourd’hui, on continue comme ça.

[…]

Il se dirige au bout d’un moment vers le hangar et là, il voit qu’une voiture de la gendarmerie est garée et qu’un gendarme parle avec Éric. Il s’approche.

« Voilà le patron, Louis Bélinier, dit-il au gendarme. Il s’éloigne vers le verger pour conduire la plate-forme jusqu’au champ à cueillir.

-Bonjour monsieur Bélinier. Brigadier Loiret, Brive. Vous êtes le propriétaire de ce verger ?

-Oui, enfin, mon père, mais il est à la retraite maintenant. J’ai repris l’exploitation.

-Je vais avoir besoin de vous dans une de vos parcelles.

-Ah bon, mais… pourquoi ?

-Suivez-moi ! Je vais vous expliquer en chemin. Montez, nous irons plus vite en voiture.

 

Les deux hommes se dirigent vers les champs du bas. Il faut bien cinq minutes pour y parvenir en roulant doucement.

-Nous avons été prévenus qu’un cadavre se trouve sur l’un de vos champs.

-Un … cadavre ? Louis blêmit, ne comprend pas tout à fait ce que le brigadier veut lui dire.

-Oui, ce matin. Et j’ai besoin de vous car vous connaissez peut-être la personne qui est décédée. Nous avons déjà mis en place les procédures d’usage en attendant l’arrivée de Madame Bélars, la Capitaine chargée de l’enquête. Madame la Procureure va également se déplacer.

-Mais… pourquoi ? Comment… ?

-Voilà. On arrive. Je vous préviens, ce n’est pas beau à voir. Il faut avoir le cœur bien accroché. Ah, au fait, je ne vous l’ai pas dit encore, mais il s’agit d’un meurtre !

Le brigadier est direct et ne semble pas se soucier de l’effet de ses paroles sur Louis, mais c’est volontaire. Il connaît bien son boulot. Il a une longue expérience professionnelle, et même s’il n’y a pas des meurtres tous les mois dans son secteur de travail, il sait ce qu’il doit faire.

Louis est devenu encore plus pâle, si possible. Il est très sensible et est pris d’une peur panique, inconsidérée. Il a les jambes qui tremblent et ne sait pas comment il va descendre de la voiture et marcher. Il y parvient cependant mais hésite à suivre le Brigadier Loiret.

-Venez, Monsieur Bélinier. Dans une enquête, il faut faire vite, si l’on veut trouver rapidement un coupable.

Les deux hommes voient déjà les rubans blanc et rouge qui entourent un coin du champ, ou plutôt le chemin du bas et l’extrémité de deux rangs de pommiers, jusqu’à la haie de séparation entre les champs du voisin et le sien. Des personnes vêtues de combinaisons et de sur chaussures s’affairent. Un photographe prend de nombreux clichés en se déplaçant avec précaution. En s’approchant davantage encore, Louis aperçoit la silhouette de quelqu’un assis, adossé au premier arbre du rang. Mais maintenant, ils sont à moins de dix mètres et Louis pousse un cri. Il ne peut pas s’en empêcher.

-Oui, je vous l’avais dit, ce n’est pas beau à voir…

 

Envie de le lire:à commander directement chez l'auteur (lien ci-dessous). laissez vos coordonnées par mail et votre adresse. En   retour je vous donne la mienne pour le règlement ....+ frais d'envoi

leguyadermarie@gmail.com

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Roman Policier Marie Ader ...

Publié le par Evy

 

 

C’est le quatrième jour de cueillette, le jeudi matin. Louis se rend comme chaque  matin au lieu d’arrivée des cueilleurs. Ce jour-là, ils vont cueillir plus loin, les parcelles  sont en effet très étendues. Ils se rapprochent donc en voiture du lieu de travail et ne  se garent pas au hangar. 

Hier, Louis a croisé Alfred et lui a demandé si le miroir brisé était encore une de  ses blagues. Celui-ci s’est mis en colère aussitôt, accusant Louis de harcèlement, lui  promettant de porter plainte à la gendarmerie… Bref, comme d’habitude, c’est  l’impasse. Louis se dit qu’il aurait mieux fait de la fermer, pour cette fois. Même s’il ne  voit pas ce que ce miroir tranchant, coupé en deux, faisait là ! Il l’a emporté et jeté dans  la benne à ordure. C’était un assez grand morceau de miroir, d’environ 25 cm de haut  et 15 cm de large. 

Les cueilleurs sont prêts à s’installer. Tout le monde est là, sauf Valério. Ceux  de la plate-forme partent avec Éric.  

« Est-ce qu’on pourrait pas changer ? J’aimerais mieux travailler avec le groupe d’en  bas. » 

C’est Jérôme qui demande ça, un gars pas très motivé par le travail, qu’il trouve  trop dur, mais qui est très intéressé par la présence des filles du groupe. Il est venu  travailler au verger, d’une part parce qu’il a besoin d’argent, d’autre part parce que ses  copains l’y ont poussé. Il a 25 ans, fait une formation en boucherie, mais le travail ne  lui plaît pas, alors il ne sait plus quoi faire. Il se cherche, dit-il. 

Louis, qui a auparavant déjà fait le point avec Éric, lui dit : 

-On verra, on verra. Pour aujourd’hui, on continue comme ça. 

[…] 

Il se dirige au bout d’un moment vers le hangar et là, il voit qu’une voiture de la  gendarmerie est garée et qu’un gendarme parle avec Éric. Il s’approche. « Voilà le patron, Louis Bélinier, dit-il au gendarme. Il s’éloigne vers le verger pour  conduire la plate-forme jusqu’au champ à cueillir. 

-Bonjour monsieur Bélinier. Brigadier Loiret, Brive. Vous êtes le propriétaire de ce  verger ?  

-Oui, enfin, mon père, mais il est à la retraite maintenant. J’ai repris l’exploitation. -Je vais avoir besoin de vous dans une de vos parcelles.  

-Ah bon, mais… pourquoi ?

-Suivez-moi ! Je vais vous expliquer en chemin. Montez, nous irons plus vite en  voiture. 

Les deux hommes se dirigent vers les champs du bas. Il faut bien cinq minutes  pour y parvenir en roulant doucement. 

-Nous avons été prévenus qu’un cadavre se trouve sur l’un de vos champs. -Un … cadavre ? Louis blêmit, ne comprend pas tout à fait ce que le brigadier veut lui  dire. 

-Oui, ce matin. Et j’ai besoin de vous car vous connaissez peut-être la personne qui  est décédée. Nous avons déjà mis en place les procédures d’usage en attendant  l’arrivée de Madame Bélars, la Capitaine chargée de l’enquête. Madame la Procureure  va également se déplacer. 

-Mais… pourquoi ? Comment… ? 

-Voilà. On arrive. Je vous préviens, ce n’est pas beau à voir. Il faut avoir le cœur bien  accroché. Ah, au fait, je ne vous l’ai pas dit encore, mais il s’agit d’un meurtre ! Le brigadier est direct et ne semble pas se soucier de l’effet de ses paroles sur Louis,  mais c’est volontaire. Il connaît bien son boulot. Il a une longue expérience  professionnelle, et même s’il n’y a pas des meurtres tous les mois dans son secteur  de travail, il sait ce qu’il doit faire. 

Louis est devenu encore plus pâle, si possible. Il est très sensible et est pris  d’une peur panique, inconsidérée. Il a les jambes qui tremblent et ne sait pas comment  il va descendre de la voiture et marcher. Il y parvient cependant mais hésite à suivre  le Brigadier Loiret. 

-Venez, Monsieur Bélinier. Dans une enquête, il faut faire vite, si l’on veut trouver  rapidement un coupable. 

Les deux hommes voient déjà les rubans blanc et rouge qui entourent un coin  du champ, ou plutôt le chemin du bas et l’extrémité de deux rangs de pommiers,  jusqu’à la haie de séparation entre les champs du voisin et le sien. Des personnes  vêtues de combinaisons et de surchaussures s’affairent. Un photographe prend de  nombreux clichés en se déplaçant avec précaution. En s’approchant davantage  encore, Louis aperçoit la silhouette de quelqu’un assis, adossé au premier arbre du  rang. Mais maintenant, ils sont à moins de dix mètres et Louis pousse un cri. Il ne peut  pas s’en empêcher.  

-Oui, je vous l’avais dit, ce n’est pas beau à voir…

 

2020 : roman policier ‘La parcelle du sang’

ISBN – 979-10-699-5510-3

Prix : 18 € - en vente à Céret (Librairie Le Cheval dans l’arbre, Maison de la presse) et en commande par mail à l’auteure.

Publié dans Marie Ader

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Extrait de " Assikoi le secret de la tombe " de Robert Mondange

Publié le par Evy

Adoption 

L’adoption est une extraordinaire histoire d’amour. Trouver l’affection d’une famille  est un cadeau merveilleux pour un enfant et même un adolescent.  En Afrique de nombreux enfants sont sans parents ou même abandonnés dans un orphelinat quand les ressources économiques de la famille ou la maladie ne laissent pas d’autres choix. Voici l’histoire d’Olga une enfant née dans le village d’Assikoi en Côte d’Ivoire 

EXTRAIT DE MON LIVRE : ASSIKOI LE SECRET DE LA TOMBE

Olga Dangemon était à la fois émue, heureuse et anxieuse elle venait d’arriver en Côte d’Ivoire, ce pays où elle était née, il y a vingt-quatre ans. Elle ne se souvenait de rien. Elle savait qu’elle était née dans un village qui s’appelle Assikoi, qu’elle avait perdu ses parents alors qu’elle avait tout juste deux ans et qu’elle avait été adoptée. Ses parents adoptifs qui travaillaient dans l’enseignement l’avaient connue parce qu’à la mort de ses parents naturels une tante qui vivait à Abidjan l’avait prise en charge. Comme cette tante, qui était leur femme de ménage, l’amenait très souvent chez eux ils avaient fini par avoir beaucoup d’affection pour elle. Aussi, lorsque sa tante fut tuée dans un accident de la circulation, monsieur et madame Dangemon décidèrent d’adopter la petite Olga. Vu leur profession et leurs relations l’adoption ne prit pas longtemps. C’était une adoption plénière et c’est comme cela qu’Olga prit le nom de Dangemon. Elle avait cinq ans lorsqu’elle arriva en France.

Augustine

- je me souviens vaguement de toi, mais je me rappelle très bien de tes parents naturels. Veux-tu que je t’en parle.

    - avec plaisir. Je peux même te dire qu’en venant ici, faire ma thèse de sociologie, j’avais l’espoir d’apprendre quelque chose sur mes parents naturels et les deux années que j’ai passées avec eux à Assikoi.

    - c’est très simple répondit Augustine, demain je te montrerai la maison où tu es née et où tu as vécu. En ce qui concerne ce qui s’est passé, c’est très simple. Tes parents étaient très amoureux l’un de l’autre et très fiers d’avoir une petite fille. Malheureusement, un jour  ton père n’est pas rentré. L’on savait qu’il était allé travailler dans un champ, en pleine brousse, à plus de deux heures de marche du village. Le lendemain des hommes sont partis à sa recherche, celle-ci a duré deux jours, mais il fallait se rendre à l’évidence ton père avait disparu. De nombreuses hypothèses furent alors émises : ton père s’était égaré et perdu en brousse, ton père avait eu un accident. Il y en a même qui prétendaient que ton père avait volontairement quitté sa famille et était allé refaire sa vie ailleurs, mais cette dernière hypothèse ne tenait pas, ton père était très amoureux de ta mère et très attaché à toi. Malheureusement, quelques jours plus tard, ta maman qui était allée faire du bois en brousse a été mordue par un serpent et est décédée quelques heures plus tard. Le chef du village se souvenant que tu avais une tante à Abidjan, l’a tout de suite fait venir et t’a confiée à elle. La suite, tu la connais. Demain, avant d’aller à la chefferie voir le chef du village et les notables, je t’amènerai sur la tombe de ta maman au cimetière……..

 

Le lendemain matin de bonne heure Olga étudia les documents que lui avait remis le chef du village. Elle y lut :

    - le chef du village est élu par le conseil des sages pour une durée de cinq ans. De préférence, il doit savoir lire et écrire, il doit être marié.

Olga ne peut s’empêcher de remarquer la sagesse de l’organisation administrative du village. Ce règlement datait depuis longtemps à une époque où il n’y avait pas d’école à Assikoi.

Olga passa toute la matinée à étudier l’organisation administrative du village. C’était un ravissement. Toute la population adulte participait à la vie administrative et économique du village, les allogènes c'est-à-dire les étrangers avaient eux aussi leur place.     

Envie de le lire:à commander directement chez l'auteur (lien ci-dessous). laissez vos coordonnées par mail et votre adresse. En retour je vous donne la mienne pour le règlement ....+ frais d'envoi

mondange@aliceadsl.fr

 

 

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Tous ses livres, tous ses textes parlent d’un village de Côte d’Ivoire qui s’appelle Assikoi

Publié le par Evy

Tous ses livres, tous ses textes parlent d’un village de Côte d’Ivoire qui s’appelle Assikoi

Avec de belles fleurs, achetez un bouquin.

D’un roman historique, d’amour ou même noir,

 
 

 

Nouvelle ou poésie, conte issu du terroir,

Étonnez votre amour en lui offrant un livre.

La lecture et l’amour nous aident à mieux vivre.

Une idée cadeau pour les fêtes dédicacé...
Une idée cadeau pour les fêtes dédicacé...

Une idée cadeau pour les fêtes dédicacé...

  Tous mes livres, tous mes textes parlent d’un village de Côte d’Ivoire qui s’appelle Assikoi. Je connais ce village depuis 1995 et j’y ai de nombreux amis. Il convient donc, que je vous le présente. En 2001, j’y suis allé avec l’ingénieur agronome Jean Robert, aujourd’hui disparu. J’ai emprunté une partie de son rapport sur la description du village.

Le pays d’Assikoi

A 120 km au Nord d’Abidjan sur la route d’Abengourou, le Pays d’Assikoi, sur le territoire de la Sous-Préfecture du même nom et de la Préfecture d’Adzopé, rassemble, autour du bourg principal d’Assikoi les terroirs agricoles et forestiers des villages d’Adonkoi, de Massandji et d’Apiadji. Sa superficie est d’environ 500 km².

 La forêt

Le paysage agricole de la région d’Assikoi est celui de la forêt subtropicale humide, recevant de 1 à 1,5 m d'eau par an en deux saisons des pluies, avec une humidité quasi permanente, même en saisons sèches. Cette forêt est composée de grands arbres de nombreuses espèces, d’un sous bois élevé et dense et d’une strate herbacée impénétrable. La décomposition organique est intense et cet horizon humifère important donne l'apparence de la fertilité et explique l'exubérance de la végétation du sous bois pourtant peu éclairé. Il s'agit d'une forêt secondaire transformée par les modes de vie des populations. C'est ainsi que la plupart des essences de bois de qualité et à grand développement ont disparu, remplacées par des espèces à croissance plus rapide mais de moindre intérêt. Certaines de ces essences sont toutefois intéressantes pour l'usage local, pour des bois d'oeuvre ou de menuiserie, ou pour l'alimentation des occupants (Karité, colatier…). Cette forêt secondaire, même appauvrie, concours encore au maintien d'un niveau moyen de fertilité et protège les arènes granitiques de l'action érosive des fortes pluies et des températures élevées. On peut dire que l'action de l'homme est devenue de plus en plus prédatrice au cours des périodes historiques d'occupation de ce territoire. Les forestiers et les planteurs de café et de cacao ont suivi les chasseurs et cueilleurs. Cette évolution s'est accélérée en raison des effets de la croissance démographique et du raccourcissement de la jachère forestière, qui peut aller jusqu'à la mise en cultures permanentes annuelles de certaines parcelles qui ne sont pas sans effet sur les équilibres naturels garants de la fertilité. Signalons notamment l'existence des voies de débardage des grumes qui quadrillent l'ex domaine forestier et qui peuvent servir encore pour l'accès aux champs. Le déplacement des groupes des cases familiales (campements), autrefois situées sur la zone défrichée est maintenant implantées en hameaux au carrefour des pistes desservant les plantations de café et de cacao.
   Relief, sol, hydrographie

   L’ensemble du territoire d’Assikoi est constitué de collines ou plateaux. Les dénivelées sont faibles (altitudes entre 80 et 120 mètres) et les pentes sont douces. Un réseau hydrographique serré de sous affluents et affluents de direction générale nord – sud alimente la rivière Massan au nord-ouest et la rivière Mé. En fin de grande saison sèche (de décembre à avril), les marigots n’ont pas d’écoulement de surface et le niveau de la nappe phréatique est bas  Seule la rivière Massan, qui arrose Assikoi présente quelque flaques d’eau dormante. Le lit majeur de l’ensemble des cours d’eau est faiblement creusé ce qui pose des problèmes en cas de fortes précipitations.

  Végétation et cultures

La forêt « dense » est aujourd’hui très éclaircie par les exploitations successives, toutes extractives voir destructrices des essences forestières initiales. Il s’agit en fait d’une forêt claire, profondément défrichée, mais avec des sous-bois peu pénétrables, Seuls quelques témoins isolés Iroko, Fromager, n’ont pas succombé à la hache ou au feu. Les bas-fonds sont peuplés de bambouseraies touffues, de palmiers et raphias et de plantes aquatiques enchevêtrées. Malgré la violence des orages tropicaux, les terres ne sont pas en général trop exposées à l’érosion pluviale ni au ravinement. L’occupation du sol est quasi continue, soit par des plantations pérennes, bien que dégradées qui sont parfois en jachère, soit par des cultures vivrières.

La poussée démographique, de 800 à 6000 habitants en un demi-siècle, le souci d’autosubsistance des populations rurales ont poussé à une reconversion vers les cultures annuelles au détriment des cultures de rente.

   Mode de faire valoir et système de production

Les grandes familles, héritières des quatre lignées fondatrices du village, se sont partagé le domaine forestier. L’exploitation est individuelle, sur des lopins concédés aux descendants ou collatéraux ou parfois loués. L’entraide est pratiquée pour les gros travaux d’abattage et de brûlis. Les mises en culture est plus conditionnée par le nombre de bouches à nourrir de la famille, et le nombre de bras, que par des considérations de maintien de la fertilité par une rotation appropriée. Il y a aussi la culture  du manioc (deux variétés), de la banane plantain, du maïs, de l’igname et des cultures maraîchères comme le piment, la tomate, l’aubergine, le concombre et le riz dans les bas-fonds. On notera l’absence de l’animal, seulement présent en élevage de case (volaille et mouton) et quelques taurins « Baoulés » en attente d’abattage. Les bovins et les chevaux ne peuvent pas être présents à cause de la mouche tsé-tsé. En fin de saison sèche, en l’absence d’une connaissance des ressources et des moyens de les mobiliser par des forages, des puits, des retenues, des citernes, l’on soulignera les difficultés liées au manque d’eau. En marge du système productif il existe à Assikoi d’autres activités : cueillette des sous-produits de la forêt fruits divers, vin de palme, raphia, bambou, chasse à l’agouti, aux biches, aux oiseaux, récolte du miel directement dans la nature. Pèche dans les cours d’eau les plus importants. Les conditions de travail sont celles du paysan d’autrefois, avec pour seuls outils la machette et la daba, pour moyen de transport, le panier ou la bassine en plastique sur la tête. L’accès aux parcelles en culture est un long et pénible cheminement sur les pistes en terre, puis sur les sentiers de la forêt. Les distances sont importantes  une heure à deux heures de marche, autant pour le retour avec un chargement de 30 kgs ou plus sur la tête.

Les produits sortis du champ ou cueillis en forêt pour faire vin de palme sont portés jusqu’au village et vendus sur place directement par les femmes. Quelques surplus sont transportés par minibus vers Adzopé.

   Le Centre du village.

Le village d’Assikoi est classé dans la catégorie « habitat dense traditionnel », non urbanisé. Il rassemble une grande majorité des populations, seules quelques rares familles continuant à habiter dans des « campements » en forêt. Le centre est organisé sur et autour d’un plateau culminant à environ 100 m. d’altitude, où se croisent les principales pistes carrossables vers Adzopé et Massandji au nord, vers Adonkoi à l’est, vers Apiadji au sud. L’habitat est encore partiellement traditionnel mur de terre et bambou ou raphia, toiture en palme, mais une grande partie du village est constituée de maison en dur. On trouve aussi quelques artisans : couturiers mais souvent planteurs le jour et couturiers la nuit, une menuiserie, un forgeron, des maçons, des fabricants de toitures en palmes. Quelques machines à usage domestique : broyeur de manioc et presse à « foutou ». Les fèves de cacao et les cerises de café sont traitées au village avant la vente ou l’expédition : séchage, tri et décorticage. L’huile de palme est extraite de façon traditionnelle, à la main (pression, ébullition dans l’eau, écrémage). Les bois abattus lors des défrichages sont utilisés en bois de feu pour la cuisine. Les bois d’œuvre, assez rares, ne sont pas exploités. Il existe une église catholique, des nombreuses églises évangéliques et une mosquée. Ces différentes convictions religieuses vivent en parfaites attente. Il y a une école maternelle, trois écoles primaires, mais sous équipées et un collège. De nombreux commerces depuis peu viennent de voir le jour. Avec l’arrivé du téléphone portable et d’internet le village est maintenant devenu une petite ville.

robert mondange - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

 

 

Prix du livre : 10 € + frais d’envoi.

Vous pouvez les commander à :

Robert Mondange : r.mondange@aliceadsl.fr

ou à Marie Sabine Forest Mur : mariesabinemur@gmail.com 

Dédicacé...

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