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270 résultats pour “Listes des Livres Pour Enfants

Bivouac et campement Africains raconté par Robert Mondange ...

Publié le par Evy

Bivouac et campement Africains raconté par Robert Mondange ...

BIVOUAC ET CAMPEMENT AFRICAINS 

Vous savez tous ce que sont des bivouacs et des campements mais savez vous ce qu’ils sont pour des planteurs africains et plus particulièrement pour ceux qui vivent de la terre et des ressources de la brousse dans le village d’Assikoi en Côte d’Ivoire.

Quand les plantations de brousse sont trop éloignées du village, certaines sont à plusieurs heures de marche du village, les planteurs sont obligés de rester sur leurs plantations plusieurs jours, pour cela ils doivent s’organiser pour vivre en toute sécurité en brousse, pour s’abriter, pour se nourrir et pour se soigner. Ils s’abritent dans des cabanes faites avec de la terre mouillée ou avec des bambous qu’ils recouvrent d’un toit en toile. Pour dormir, ils font des lits en paille ou en bambou à même le sol. Pour s’éclairer la nuit, ils utilisent des lampes à pétrole et ils les gardent allumées toute la nuit pour se protéger des prédateurs. Pour se nourrir, ils amènent du village de l’attiéké et du foutou mais pour une semaine seulement et très souvent du riz et du poisson qu’ils mangent avec des oignons. Ils boivent l’eau des rivières parfois d’un puits. Femmes, hommes et enfants restent au campement au moins une à deux semaines. Quand la nuit arrive, ils se regroupent  autour d’un feu et se racontent des histoires. Ils se soignent par la médecine traditionnelle : par exemple des écorces de manguier mélangées avec du piment servent à lutter contre les infections, des racines de papayers écrasées avec du piment sont un médicament contre le paludisme. En brousse pendant la saison des pluies, il y a beaucoup de moustiques. Du fait des conditions de vie en forêt tropicale, il y a un risque important de morsures par les serpents et un risque élevé de blessures avec les machettes qui servent au nettoyage des parcelles. De plus l’harmattan qui est un vent très chaud le jour, plus froid la nuit, très sec et le plus souvent chargé de poussières souffle vers le sud ouest en provenance du Sahara et en direction du golfe de Guinée de fin novembre et jusqu’au milieu du mois de mars. Il rend les conditions de travail en brousse dure à supporter. Il est la cause de  migraines, d’hypertension artérielle et de bronchites. Après cela vient la saison des pluies qui n’arrange pas les choses. En fait, il y a deux saisons sèches, une de janvier à mai, une autre en septembre et deux saisons humides juin, juillet, août et octobre. Au milieu de tout cela, il faut placer le travail des planteurs en brousse. Pour le café cueillette en janvier et février, désherbage en avril, désherbage plantation en juin et juillet, cueillette en décembre. Pour le cacao plantation en avril mai et juin, désherbage en juin juillet août, cueillette en septembre, octobre, novembre et décembre. Pour le manioc brûlé en janvier et décembre, plantation en janvier, février, mars, avril, récolte en octobre. Pour la banane fruit et la banane plantain plantation en janvier février, récolte en août et septembre. Certains autres fruits comme les mangues et la tomate se plantent et se récoltent toute l’année. Avec ce planning de travail vous comprendrez la nécessité des bivouacs et des campements.  

Robert Mondange

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Extrait de l'ouvrage « la vallée du bonheur » Jean-Louis Sanchez

Publié le par Evy

Une histoire bio 
 

Pierre et Paul naquirent au cœur de notre belle cité templière pratiquement le même jour de la même année. En sus de leurs prénoms d’apôtre, ils se ressemblaient énormément. D’une corpulence et d’une intelligence identiques, ils avaient usé leurs culottes sur les bancs de la communale, pratiqué ensemble tous les jeux des gamins de leur âge et, plus tard, courtisé les mêmes filles... 

Pourtant, très tôt, il fallut se rendre à l’évidence, ils possédaient un trait de caractère qui les différenciait totalement. Pierre était un gros travailleur ! Levé tous les matins avant l’aube et couché bien après le soleil, il œuvrait tous les jours avec opiniâtreté et persévérance. Jamais il ne semblait las. Pire ! Il avait la passion de son ouvrage. Tel le savetier de La Fontaine il sifflotait tout en semant, taillant ou labourant…. 

 

Lorsque l’un des malheurs, si fréquents dans le monde agricole survenait, il affrontait l’adversité avec courage, sans se départir de son éternel sourire disant à qui voudrait l’entendre “qu’après la pluie vient toujours le beau temps”. 

 

Son jardin semblait inspiré par Lenôtre tant les formes y étaient harmonieuses ; les couleurs chatoyantes s’y entremêlaient à souhait pour former des arcs-en-ciel végétaux. Le rouge provenait des arbres à fruits : cerisiers ou graciles groseilliers, de quelques touffes de géraniums, il s’étalait sur les sauges, les tomates ou sur les feuilles de vigne à l’orée de l’hiver. Les citrouilles rebondies et de taille respectable apportaient une touche orangée complétée durant la saison par l’éclat de petits plans de soucis disséminés sur toute la parcelle. Le violet naissait au cœur des giroflées ou des tulipes, il se répandait sur les dodues aubergines, et, vers la fin de l’été, il colorait les ceps de vigne afin de rendre Bacchus impatient... Le rose s’évadait, pétale par pétale, des fleurs portant son nom en répandant autour de lui des senteurs sucrées. Il venait parfois taquiner les framboises ou les fraises en annonçant les prémices de l’été. Les tournesols, les blés, les chaumes ou... les genêts, faisaient valser sur la planète l’or déversé à profusion par l’astre incandescent. Le bleu du ciel et de l’onde se mirait dans les myrtilles, la dentelle des myosotis ou l’âme des pensées. Le vert s’appropriait la quasitotalité de l’espace, du tendre des jeunes pousses à celui plus prononcé des courgettes ou des joufflues salades...

 

Lorsque le moment des récoltes venait et qu’il fallait moissonner les blonds épis, ou couper les lourdes grappes gorgées de nectar parfumé, Pierre éprouvait le bonheur simple de ceux qui connaissent la valeur des choses de la terre. Il se satisfaisait amplement de la générosité de la nature et se montrait insensible aux mesquineries des villageois. Il ne s’accordait qu’une journée de repos par semaine le dimanche, jour du seigneur, qu’il passait en compagnie de sa famille et de ses nombreux amis et encore, profitait-il de cette trêve hebdomadaire pour établir le planning de ses futures activités... 

 

Paul était à l’opposé de son ami d’enfance. La Catinou, l’aurait sûrement affublé du sobriquet de balen manquat !  (vaillant manqué!) Il avait pourtant fait d’énormes efforts. Il s’embaucha aux PTT à Paris, trompé par les publicités mensongères de l’administration qui omettent de préciser qu’après une rue, il y toujours... une autre rue, ce qui rend la distribution du courrier harassante, d’autant, que lorsqu’on a achevé une tournée il faut impérativement recommencer le lendemain ! Cette vie parisienne ruina son métabolisme et le contraignit à démissionner après quatre mois d’activité intense. Son père essaya alors de le traîner dans les blanquetières mais le calvaire parisien recommença : après la première rangée de vigne, il y a toujours une autre rangée de vigne... Il testa par la suite d’autres métiers réputés moins pénibles comme standardiste dans une clinique ou veilleur de nuit mais ce fut peine perdue. Un jour, il dut se rendre à l’évidence, il était atteint de la maladie incurable qui ravage les comptes de la sécurité sociale : l’allergie au travail ! Il abandonna alors toute velléité de résistance et se résigna totalement. Puisqu’il était né ainsi, que pouvait-il faire contre la génétique ? Son quotidien fut alors immuable. Levé très tard il passait la matinée à décortiquer scrupuleusement le journal dans le bistrot du village. Il se révélait ainsi l’un des habitants les plus avisés de l’actualité locale ou internationale. Il n’hésitait pas d’ailleurs à informer bénévolement, en homme serviable et dévoué, ses congénères des toutes dernières nouveautés. Ensuite, il tuait la matinée autour d’un tapis de carte ou sur le terrain de pétanque. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à utiliser l’aimant pour ramasser les boules... L’après-midi, après une sieste bienheureuse, il reprenait les parties interrompues en fin de matinée. Parfois il déambulait en bordure de la belle Aude pour taquiner dame truite, mais la pêche qu’il pratiquait n’était pas des plus sportives. Il dédaignait le “toc” ou le “fouet” et se contentait de pêcher “à fond” et à attendre, en rêvassant, la touche prometteuse qui agiterait le bout de son sillon... Ses journées passaient de manière quasi immuable et rien ne semblait devoir bouleverser ce bel ordonnancement. Il détenait toutefois une vision aiguë du travail et ne rechignait jamais à donner de bons conseils... aux autres. Il ne pouvait bien sûr jamais les mettre lui-même en pratique, du fait de son allergie chronique et dévastatrice, ce qui le désolait sincèrement. 

 

Un jour pourtant, Paul se rendit chez Pierre, la mine décomposée et l’air terriblement préoccupé : – Pierre, tu dois absolument me rendre service, il faut que tu me prêtes un bigos  (pioche à deux branches utilisé dans le midi pour le ramassage des pommes de terre)!  Son ami le dévisagea d’un air éberlué et incrédule. Un bigos ! L’instrument de torture des fainéants ! Il n’en croyait pas ses oreilles. Il s’empressa de dépanner son ami et lui présenta sa collection d’outils précautionneusement alignés, du plus petit au plus grand, sur une poutre de son établi. Leurs dents brillantes et affûtées à l’extrême semblaient dévisager les deux protagonistes. Sans hésiter, Paul désigna le plus gros de la série, un engin de plus de dix livres, aux pointes terrifiantes. Ce choix désarçonna encore plus Pierre qui lui proposa d’effectuer la tâche à sa place, inquiet de la tournure que prenaient les événements. Mais son ami refusa catégoriquement et partit son instrument sur l’épaule, le dos voûté, le visage décomposé... 

 

Soixante-douze heures plus tard, Paul était de retour, mais il arborait cette fois un large sourire. – Je viens te rendre ton bigos. Sans toi, j’étais perdu, je crois bien que tu m’as sauvé la vie ! Pierre ne savait que répondre et l’interrogeait du regard. Son ami continua : – Voilà, comme tu l’as sans doute constaté, l’autre jour j’étais malade, j’avais attrapé une grippe carabinée. Pour me  soigner, j’ai utilisé une médecine douce. J’ai posé ton outil sur la tablette de nuit bien en face de moi. La nuit, lorsque je me réveillais frissonnant de fièvre, je voyais ces deux pointes qui luisaient et me regardaient fixement. Alors, transi d’angoisse, je suais, je suais… Je fus ainsi rapidement débarrassé de mes microbes et, grâce à toi, je suis totalement guéri en un temps record ! ! 

 

Croyez-le si vous voulez mais Pierre resta totalement estabousi (éberlué) et, ce fut sans doute, l’une des rares fois, dans l’histoire de l’humanité, où un fainéant se servit d’un outil pour impressionner un honnête travailleur, jardinier de surcroît .


 

Extrait de l'ouvrage « la vallée du bonheur »

 

Pour acquérir ses livres le contacter à l'adresse mail suivante: 

 jls.sanchez@wanadoo.fr ou au 06 71 90 34 09.

jean-louis sanchez - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

 

Publié dans Extrait du Roman

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Extrait du livre " Au Nom du Bien " de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

Extrait du livre " Au Nom du Bien " de l'Auteur Bernard Cazeaux...Extrait du livre " Au Nom du Bien " de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Au nom du bien

1

Il se sentit apaisé pour la première fois depuis une éternité. Éternité qu’il venait de compromettre aux yeux des mortels, mais il n’en avait cure car il savait qu’il n’était qu’un instrument entre les mains divines. Cette dernière pensée le fit sourire. Un sourire vrai. Pas un sourire compassionnel composé pour la circonstance qui vous crée le personnage que les autres entendent retrouver face à eux ; image réconfortante qui colle parfaitement au rôle à jouer dans une société bien codifiée pour ne pas perturber l’équilibre fragile des relations humaines. Équilibre qu’il n’avait pourtant pas su sauvegarder au sein de sa propre vie. Mais était-il réellement responsable de cet immense gâchis ? Tout ce en quoi il croyait, tout ce pour quoi il vivait jusque-là avait volé en éclats. Sa vie avait été bouleversée.

Pourquoi avait-elle voulu partir ? Comme ça ! En riant !... Si seulement elle n’avait pas ri ! Rire est le propre de l’Homme, mais ce rire-là appartenait au Diable. Il n’en doutait pas, certain d’avoir senti le soufre quand elle lui avait exhalé « ses vérités » au visage. « Vraiment, avait alors susurré la petite voix dans sa tête, le soufre ? ». Il l’avait fait taire immédiatement avant qu’elle aussi ne se mît à rire. Le doute qui avait failli s’insinuer dans son esprit constituait bien une preuve supplémentaire de l’œuvre du Malin. Extirper toutes ces scories de l’esprit s’était imposé comme un travail nécessaire à la rédemption. Il aurait pu se laisser abattre, faire une dépression, se mettre à boire, se droguer, voire se suicider. Pourquoi ne pas tout abandonner comme tant de personnes auxquelles il manque la force ultime, le souffle de la foi que l’on porte en soi sous la forme d’une certitude inébranlable ? Lui avait su résister aux instruments délétères du Diable. Il avait plongé au plus profond de son être, au plus profond de son âme pour en extraire cette certitude, cette foi en la vérité révélée. Il avait affronté avec courage le Malin qui espérait l’engloutir dans les abîmes brûlants de l’Enfer. À l’instar de Jésus dans le désert, il avait trouvé les ressources nécessaires pour repousser la Bête. Tout lui était alors apparu clairement. Il avait rendu grâce à cette épreuve. S’il avait dû se confronter au Mal, c’était pour mieux l’appréhender, mieux le reconnaître afin d’être apte à le combattre. Sauvé de la damnation, investi d’une mission alors qu’il se croyait abandonné, il se sentait transfiguré, invulnérable ; jamais il n’aurait dû douter. Placé dans le berceau protecteur des mains de Dieu, il vouerait sa vie à la lutte contre le Mal. Où il s’insinuerait pour détruire l’œuvre de Dieu, il l’extirperait. Il écarterait les brebis contaminées pour sauver le troupeau. Il élaguerait les branches pourries de l’arbre de vie. Par la purification du temple pour la plus grande gloire de Dieu, il gagnerait sa propre purification. Un soldat du Christ venait de naître, baptisé dans le sang du péché. Comme l’ange Gabriel, lui aussi serait à sa manière un « héros de Dieu ». Oui ! Un bien beau nom pour une œuvre salutaire, « héros de Dieu » ! Il avait tout d’abord songé à Azraël, nom de l’ange de la mort, mais face à l’inculture crasse de ce début de XXIe siècle, il avait craint d’être confondu avec le chat des Schtroumpfs.

Certes son œuvre serait limitée à ses modestes moyens, mais elle n’en serait pas moins utile et salvatrice. Il mettrait ses pas dans ceux des Pères de l’Église, eux qui ont œuvré et souvent souffert jusqu’au martyre pour porter la parole de Dieu et affirmer Sa Gloire à la face du monde. Un monde pourri par les fausses croyances et le paganisme, soumis aux incessantes tentations du Diable. Un monde qui a oublié les préceptes de Tertullien qui a si bien dénoncé le rôle tentateur et corrupteur de la femme, « porte d’entrée du Diable », qui précipita Adam dans l’abîme en prêtant une oreille attentive au démon. 

Lui aussi, le nouveau « héros de Dieu », avait été soumis à cette tentation pour le détourner du Seigneur. Mais il avait résisté. Instruit depuis l’enfance des dangers qui guettent les hommes, il avait su déceler la présence du démon dans ses rires grotesques, ses railleries méprisantes, ses propos infamants et vulgaires proférés dans des effluves soufrés. Il avait su trancher la tête du serpent complice de l’Eve éternelle qui se tapit au fond de chaque femme éloignée de Dieu. Par cet acte il avait retrouvé le chemin de la Vie et tourné le dos aux abîmes infernaux. Heureusement que toutes ne cédaient pas au chant des démons lubriques. Il en connaissait d’admirables, tournées vers le Bien et respectueuses des enseignements du Seigneur. Des femmes à l’image de sa mère qui l’avait aimé et instruit dans la foi, le respect et la crainte de Dieu, bien qu’elle-même eût souffert jusque dans sa chair des avanies d’un homme lubrique et pervers, véritable suppôt de Satan ; son père qu’il n’avait que peu connu mais qui lui faisait horreur. S’il n’avait pas su récompenser sa mère en devenant ce qu’elle avait tant souhaité, il se rachèterait. Ces femmes, ces mères, ces filles de Dieu, il les respecterait et les protègerait.

 

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Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...
1874

Mathilde

 

Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, torturée par ce qu’elle avait vécu treize ans plus tôt et ses conséquences ; encore plus par l’acte qu’elle s’apprêtait à commettre.  

Elle sortit sans bruit de la petite chambre dans laquelle elle dormait avec son fils âgé de douze ans. Elle se retrouva dans la grande pièce principale. Bien que pieds nus et vêtue de sa seule chemise de nuit, elle ne frissonna pas. Pourtant le froid avait pris possession de la grande pièce. Les pierres du sol étaient glacées. Dans la cheminée, les braises de la veillée n’étaient plus que cendres. 

Seul le bruit régulier du balancier de l’horloge troublait le silence. Mais personne n’y prêtait attention. C’était plutôt son arrêt impromptu qui provoquait la sortie d’un sommeil bercé par ce métronome. Depuis la naissance de son fils, son père avait neutralisé la sonnerie pour ne pas le réveiller. Depuis, il ne l’avait jamais remise. Elle s’immobilisa en entendant un léger ronflement de son père qui se transforma en grognement, avant de redevenir un souffle régulier. Au fond de la pièce, dans l’alcôve au rideau tiré, ses parents dormaient du sommeil des justes, épuisés par les dures journées de labeur. 

La pièce était plongée dans le noir, mais elle la connaissait par cœur. Elle y vivait depuis sa naissance, vingt-sept ans plus tôt, et pouvait dire où se trouvaient chaque meuble, chaque objet, chaque ustensile. Elle avança lentement, guidée par le bruit régulier de l’horloge qui se dressait à côté de la porte d’entrée. Elle trouva le verrou à tâtons et le tira sans bruit. Puis elle leva la clenche et entrouvrit la porte. À peine, car elle était mince ; un joli brin de fille, disait tout le monde. 

Elle referma doucement la porte. La lune était ronde et le ciel dégagé. Le chien attaché à sa niche sortit et tendit la chaîne en gémissant, en quête d’une caresse. Il imaginait sans doute qu’elle allait le libérer comme chaque matin. Mais malgré sa queue qui fouettait l’air et ses pleurnicheries, elle ne s’approcha pas de lui. Il la regarda s’éloigner d’un pas lent dans la lumière spectrale de la pleine lune, et repartit se coucher, dépité.

Des aiguilles de pins tombées sur le chemin sablonneux se collèrent à la plante de ses pieds. Elle poursuivit sa marche comme un automate, sans tourner la tête, les yeux vides et fixes. Après avoir marché sur une centaine de mètres, elle bifurqua sur la droite en empruntant une sente qui se faufilait entre les grands pins. Ils s’élançaient vers le ciel en rangs serrés. Le sol était couvert de fougères, d’ajoncs, de bruyères. L’aube n’allait pas tarder à donner ses couleurs à la forêt, mais à cette heure tout n’était que nuances de noir et de gris. 

Elle poursuivit lentement son chemin, indifférente aux brandes qui griffaient parfois ses mollets nus. Après deux minutes, elle le vit dans une trouée. Il était là depuis toujours, calme, noir, inquiétant. L’étang niché au cœur de la forêt était comme une immense tache d’encre dans la verdure. Le sable noir sur lequel il reposait lui donnait cette couleur trompeuse alors que son eau était limpide. 

Elle s’approcha et s’arrêta au bord. L’eau commença à sourdre sous ses pieds nus. Elle porta son regard au-dessus de la vaste étendue transformée en miroir par la lune qui s’y reflétait. Au loin, d’autres grands pins commençaient à se détacher sur le ciel qui s’éclaircissait. Les premiers rayons du soleil feraient bientôt naître une nappe de brume qui s’effilocherait peu à peu. Comme d’habitude… sans doute. Mais aujourd’hui elle ne la verrait pas. 

Elle trempa un pied dans l’eau sans frémir malgré sa température. Puis l’autre suivit naturellement. Puis l’autre encore. Comme si elle repartait sur le chemin. Elle avança, le regard fixé sur un point invisible. Que voyait-elle ? À quoi ou à qui pensait-elle ? À son fils ? À ses parents qui l’avaient toujours aimée malgré leur souffrance ? À lui ? Sa chemise de nuit s’évasa en corolle autour d’elle et flotta à la surface comme un grand nénuphar. 

L’eau atteignit ses seins. Ses pieds s’enfoncèrent un peu plus dans le fond souple et vaseux. L’eau frôla son menton. Un pas de plus, deux pas. L’eau noire se referma au-dessus de sa tête avec un léger remous. Nul n’aurait pu la voir, mais elle fit encore quatre pas puis se laissa tomber en avant, bras écartés, bouche ouverte. Les ronds concentriques du remous troublèrent à peine la surface et se perdirent imperceptiblement dans les ajoncs et les bruyères. 

L’aube teinta le paysage. L’étang sembla soudain fumer. Les couleurs apparurent peu à peu. Poussant sur ses longs pieds, un héron s’envola de la berge. Dans les hauteurs des pins, des palombes posées pour la nuit roucoulèrent longtemps, s’envolant enfin vers leur destin dans de grands battements d’ailes bruyants.

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Texte de l'Auteur Robert Mondange une histoire vrai ...

Publié le par Evy

Cette histoire est vrai, elle m'a été envoyée par l'auteur elle-même par discrétion j'ai changé les prénoms.

Première cuisine

Première expérience culinaire d'Olga 25 ans remonte au mois de septembre 1994, alors qu'elle avait tout juste 14 ans. jusqu'alors elle n'était qu'une petite fille obéissante qui aidait sa maman à préparer les repas.Cette année là, sa maman Cendrine est frapée par une forte crise de paludisme qui l'oblige à rester couchée.

Il faut donc que quelqu’un s’occupe de nourrir la famille. Son frère Romuald n’a que 12 ans et son autre frère Firmin n’a que 8 ans. Débora, sa sœur aînée est chez son fiancé pour la durée des vacances. Il appartient donc à Olga de jouer le rôle d’aînée et de prendre les choses en main. A cette époque elle est en quatrième au collège d’Assikoi. Aujourd’hui, elle est en deuxième année de lettres modernes à Abidjan.

Pour la petite adolescente c’est un bouleversement, de sa paisible vie d’élève au collège, elle doit brusquement passer au rôle de maman dans la maison familiale. Lorsqu’elle se lève le matin, le brouillard de la nuit flotte encore au-dessus de la brousse, car à cette heure là, le soleil commence à peine à se lever, il n’est pas encore six heures.

Son premier travail, après avoir nettoyé la cour, est de chauffer l'eau pour sa maman et ses frères puissent se laver et déjeuner.Son premier travail, après avoir nettoyé la cour, est de chauffer l’eau pour que sa maman et ses frères puissent se laver et déjeuner. Son deuxième travaille est de partir au marché faire les provisions. Il faut y aller de bonne heure car après 8 h00 on ne trouve presque plus rien à acheter.


Olga se souvient très bien du premier repas qu’elle a préparé pour la maisonnée : un foutou banane en sauce. Le premier travail à faire est de nettoyer le poisson en prenant bien soin d’enlever les branchies et les écailles, puis de le faire cuire 15 minutes avec un mélange composé de piment, de tomates fraîches écrasées, de concentré de tomates, d’ail, d’oignons et d’un cube de concentré de bœuf. Après cela, arrive la phase délicate de la préparation du foutou banane qui consiste à faire cuire ensemble du manioc et des  bananes préalablement épluchés et coupés en morceaux.

Puis une fois cuit de les écraser avec un pilon pour obtenir une pâte homogène.C’est un travail pénible surtout pour une jeune néophyte. La pâte prête, il ne lui restait plus qu’à faire la même chose avec le poisson et ses ingrédients et de mélanger-le tout avec des aubergines bouillies dans l’eau de cuisson du manioc et écrasées elles aussi avec un petit pilon. Le repas prêt, Olga a commencé par servir sa maman puis ses frères.

Elle se souvient encore de l’angoisse qu’elle avait en présentant ce premier repas. Le succès fut total.
 Olga pouvait être fière. Au cours de  cette première journée, elle venait brusquement de passer de l’insouciance de l’adolescence à l’âge adulte.


Le rôle de maman qu’elle a joué pendant plusieurs mois, en nourrissant sa famille et en participant pleinement à l’éducation de ses frères a été pour elle une expérience inoubliable.
Elle sait depuis ce temps là, quelle peut gérer un foyer et éduquer convenablement des enfants.

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Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 9 & 10ème partie...

Publié le par Evy

 

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

EPISODES  9 et 10 (exceptionnellement)

Il y a des matins qui chantent, celui-ci promettait un requiem. 

La croisière festive et reposante allait prendre une tournure macabre, le navire devenant, peu à peu, une vaste morgue navigante. 

Le commandant avait été quémandé par une passagère à la recherche de son époux. Un steward l’avait amenée au bureau de ce dernier. 

— Calmez-vous, madame ! Que vous arrive-t-il ? 

— Je n’ai pas vu mon mari depuis le dîner. Il est sorti de table et depuis, plus rien.

Une corne de brume souffla dans l’esprit du chef de bord. Il allait connaître le nom du mort qui avait squatté son bureau. 

— Vous êtes madame ?

— Stanford. Mon mari est Jerry Stanford. C’est un ancien sergent des Marines. Retrouvez-le, supplia-t-elle. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. Il est parti avec une bouteille de vin, il m’a dit qu’il avait vu un ami et qu’il allait le saluer.

Roy tenta de rassurer sa passagère. 

— Il est peut-être endormi quelque part, on va le retrouver. Vous êtes dans quelle cabine, Madame ? 

— La 236, sur le pont Sud.

Il s’approcha d’elle et posa la main sur son épaule.

— Rentrez dans votre cabine, on vous appelle dès que l’on sait quelque chose. 

La femme acquiesça et sortit en silence. 

Sans attendre, le chef de bord bipa Halona et se rendit chez le médecin.

Il n’était pas encore sur place lorsque la jeune femme l’appela. Il lui signifia les nouvelles et la pria de le rejoindre chez le médecin, après avoir récupéré Scott.

Le jeune homme, les bras en croix sur son lit douillet, ne s’attendait pas à une surprise matinale. 

Halona, pourvue d’un passe général, pénétra dans la cabine et se jeta littéralement sur le policier. 

— Scott ! Scott ! Réveille-toi ! hurla-t-elle en le secouant.

Celui-ci sauta dans le lit comme pris d’une crise d’épilepsie soudaine. 

— Quoi !!!! cria-t-il. Ça va pas non ? Vous avez de drôles de manières ici ! Ils sont en option ces réveils ?

— Lève-toi, le commandant nous attend chez le toubib. 

— Quoi ? dit-il en plissant les yeux.

La connexion était visiblement hasardeuse. 

— Lève-toi, je te dis ! Fissa ! On sait qui est le second mort !

Le beau blond s’assit sur le lit et se gratta le crâne. Tout en bâillant, il demanda à la belle brune de bien vouloir se tourner. 

— Pourquoi ? 

— J’ai les joyeuses à l’air !! Tourne-toi, ch’uis à poils ! 

— Ah ça va ! J’ai déjà vu le film ! Allez, dépêche-toi !

La jeune femme dégagea le drap pour activer le saut du lit.

— Putain, mais tu me les gonfles, de bon matin ! râla le pudique.

— Elles n’en ont pourtant pas besoin ! rétorqua-t-elle, son regard malicieux parcourant un « trois pièces » parfaitement bien proportionné. 

Le jeune homme souffla sa lassitude et se leva pour aller prendre une douche rapide. 

— Je t’attends chez le toubib ! hurla l’espiègle, encore rêveuses et affichant un sourire qui ne la quittait pas. 

Ses pas la rapprochèrent de la bibliothèque devant laquelle elle passa sans s’arrêter. Il était encore tôt pour nourrir les neurones, personne n’y était encore allé s’instruire. Personne n’avait encore vu ce que la porte cachait si bien. 

Celle du cabinet médical était bien ouverte, elle. Les deux hommes discutaient de comment dire les choses à une femme en détresse. La présence d’Halona les rassura. 

— Nous connaissons le second mort ? questionna-t-elle en pénétrant dans la pièce blanche. 

— Oui, ce doit être Monsieur Stanford, son épouse est inquiète, elle ne l’a pas revu depuis le dîner d’hier soir. 

La jeune femme scruta la liste des passagers. 

— Lui et son épouse sont au pont Sud, cabine 236, précisa-t-elle.

Ses yeux grandirent à la lecture du document. 

— Commandant, ils étaient à la table voisine du premier mort.

 

 

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

EPISODE 10

Scott fit son entrée dans le cabinet médical, le cheveu fou et l’œil vif. 

— Ah t’es là toi ! se moqua Halona. Et joliment habillé, en plus ! 

— Ouais, je pète le style ! Pourquoi je suis là ? demanda-t-il. 

La jeune femme alla de ses explications.

Après une courte réflexion, Scott donna ses directives :

— OK ! On va commencer à mettre à part le nom des passagers des deux tables. Je vais chercher des empreintes sur le couteau.

— J’irai aux cuisines pour trouver de la farine, proposa Halona. 

— Ça marche. Commandant, il va falloir penser à informer les passagers.

— Jamais ! s’écria ce dernier. C’est pas le moment de créer la pani…

Son talkie-walkie se fit entendre. Un steward hurlait au bout des ondes : 

— Commandant !! Commandant !! C’est horrible ! Venez à la bibliothèque, vite !

Les quatre se précipitèrent comme un seul. Tous se doutaient de ce qu’annonçait cet appel, coutumiers depuis peu, de l’ambiance mortifère qui planait sur le beau vaisseau bleuté. 

Une femme vidait ses poumons de hurlements successifs, le steward tentait de la calmer, sans résultat. 

Scott pénétra le premier dans la bibliothèque. Il tourna vite les talons, retenant Halona.

— Non ! N’y va pas, c’est une boucherie, là-dedans !

Puis s’adressant au médecin, bon dernier de la course : 

— Doc ! Allez-y ! Je vous rejoins. 

Le commandant ressortit sitôt entré, courant vers les toilettes proches. 

— Laisse-moi entrer ! s’écria Halona. 

— Non chérie, c’est trop dégueu ! Occupe-toi de la femme, elle va nous piquer une crise de nerfs. 

La jeune femme n’insista pas. Scott put entrer à son tour, pour rejoindre le médecin. 

— Quelle belle journée, hein ? Doc ? Du rire, des jeux, j’adore cette croisière, pile poil dans mes cordes !

L’homme de science était plus blanc que la page d’un écrivain sans inspiration. 

— J’ai rarement vu un tel étalage de monstruosités, marmonna-t-il, sous le choc. 

— Vous n’aimeriez pas le Bronx ! se moqua Scott.

— Le pauvre type n’a pas eu le temps de se défendre. Ça n’a pas été difficile de le descendre. 

— Ouais, ce mec devait rayer la baignoire, il est taillé comme un bâton de sucette. 

Le médecin afficha un air d’incompréhension totale. Ses cours d’anglais se limitaient au langage courant, pas familier de la banlieue newyorkaise.

— Je vous demande pardon ? 

— Il est maigre ! Désolé, Doc, j’oubliais votre accent français, répondit le jeune new-yorkais en lançant un clin d’œil.

Il s’accroupit pour constater les dégâts et examiner la scène. Il ôta son tee-shirt pour récupérer l’arme, une clé à molette.

— Je doute de trouver une empreinte, mais on sait jamais, ajouta-t-il. 

Halona pénétra dans la pièce, horrifiée à son tour. 

— Scott, mon dieu, Scott ! lança-t-elle, au bord de l’évanouissement.

Il se retourna et vociféra pour lui épargner ce paysage peu ragoûtant. 

— Sors de là ! C’est pas ta place ! Occupe-toi de la femme !

Elle courut vers le couloir, en pleurs, croisant le commandant qui revenait à vide.

— Que lui avez-vous fait, bon sang ? s’enquit-il. 

— Il vaut mieux qu’elle ne voie pas ce carnage, non ? 

Le lieutenant s’était relevé, tenant l’objet lourd, dans son tee-shirt. 

— C’est quoi ? dit le patron.

— L’arme du crime, une clé à molette. 

Scott regardait l’arme et la bibliothèque qui les entouraient. Il analysa chaque élément de chaque meurtre et son visage blanchit soudain.

— Vous ne vous sentez pas bien lieutenant ? s’inquiéta Roy. 

Le jeune officier leva lentement sa tête et ses yeux bleus regardèrent le commandant, horrifiés. 

— Mais bon sang, qui a-t-il ? insista ce dernier.

— Ce fumier nous fait une partie de Cluedo. 

 

Marie-P. Nadal  Emoji
07 83 25 84 27
Perpignan







 

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" Rouge Océan Feuilleton " Marie-Pierre Nadal

Publié le par Evy

Chers amis,

Je vous donne rendez-vous, tous les vendredis, pour un feuilleton sur le groupe FaceBook « 66 infos libres » : ROUGE OCEAN

J’y dévoile un récit de mon cru, quasiment en direct. 3600 signes hebdomadaires pour vous faire frissonner et rêver devant le paysage océanique illustrant une croisière pas comme les autres, à la pointe du triangle des Bermudes.

Des meurtres vont être perpétrés, sans mobile apparent, sans aucun lien, et surtout, sans la moindre mansuétude.

Accompagnez-moi dans ce voyage si singulier, que vous n’en reviendrez pas !

Frissons garantis.

(Retrouvez-moi également sur ma page FaceBook dédiée à l’écriture : https://www.facebook.com/mpnadal/ ou Marie-P. NADAL-Auteure)

 

 

ROUGE OCEAN

Episode 1

Scott avait besoin de vacances. C’est avec le plus grand enthousiasme qu’il était prêt à embarquer sur l’ATLANTIS BLUE, gigantesque paquebot d’un blanc bleuté, qui s’étirait sur près de 350 m et culminait à plus de 60. Du sol, il semblait atteindre le ciel sans nuages.

Le jeune lieutenant de police new-yorkais n’en revenait pas. Se trouver à Miami pour le départ était déjà magique, mais embarquer pour une croisière d’une semaine était inespéré. Le cadeau que lui avait offert ses collègues pour ses trente-deux ans le laissait un peu dans les vaps. Il souriait, son nez retroussé en l’air, heureux comme un enfant qui découvre ses jouets un 25 décembre.

Les passagers défilaient devant lui qui était figé face au colosse flottant.

Cependant, une autre merveille s’approchait. La Directrice de croisière venait vers lui pour l’encourager à monter à bord. Elle descendait de la passerelle alors que le regard du new-yorkais se posait sur sa belle silhouette.

Il put ainsi se rendre compte que Pocahontas était bel et bien de ce monde. Ses yeux verts grandirent pour mieux apprécier cette jeune femme d’une trentaine d’années, brune hâlée aux cheveux caressant ses reins.

Ses yeux noirs accompagnaient un sourire pour le moins accueillant.

— N’ayez pas peur de monter, il n’y a aucun piège, dit la belle espiègle.

Elle tendit la main pour se présenter.

— Bonjour, je suis Halona Saint-James, la directrice de cette croisière. Vous êtes Monsieur ?

Le jeune homme reprit ses esprits et se présenta à son tour.

— Scott, je crois que je m’appelle Scott Cameron.

La jeune femme afficha un sourire plus accentué encore, à la limite du rire.

— Bien, Monsieur Cameron, je lis que vous venez de New-York, lieutenant de police, c’est exact ? Vous avez déjà parcouru un long chemin, dites-moi.

— Oui, et je compte bien profiter du plus intéressant. J’ai envie de me laver la tête de toutes les horreurs que je vois au quotidien.

— Je comprends. Eh bien, nous allons faire en sorte de vous distraire et vous détendre.

Elle le pria de la suivre. Ils s’engagèrent sur la passerelle comme on monte vers l’espoir de réjouissances festives.

Ils stoppèrent à son sommet, devant l’entrée du navire.

— Je m’arrête ici, annonça la belle indienne. Vous êtes sur le pont AZUR, au cinquième étage, cabine 508, dit-elle en regardant sa tablette. C’est à droite de l’ascenseur. Je vous souhaite une bonne croisière Monsieur Cameron.

— Merci, appelez-moi Scott, on sera peut-être amenés à se voir souvent, enfin j’espère, je veux dire, dans le cadre de votre travail, évidemment.

— Evidemment, reprit-elle, alors à bientôt !

Scott ne pouvait soutenir ce regard noir qui perçait son cœur si endurci par les affres de son métier. Il pénétra donc dans la ville sur mer.

Dès son entrée, la splendeur du lieu lui flanqua une gifle.

Devant lui, un hall démesuré et brillant de mille feux, où se croisaient des passagers aux bras chargées de valises et autres sacs, des uniformes bleu ciel signifiant que l’on avait affaire au personnel naviguant. Il y avait également des boutiques de toutes sortes, essentiellement pourvues en vêtements, bijoux et parfums pour tous les goûts. Les lumières projetaient leur clarté comme un sorcier jetterait des sorts de bonheur çà et là dans l’ambiance joyeuse.

Il se dirigea vers l’ascenseur que lui indiquait un panneau lumineux (lui aussi). Le lieutenant sortait du sombre de la vie new yorkaise pour plonger dans l’éclat du faste, l’esprit et les yeux déjà comblés de beautés diverses et variées.

Le mot splendeur avait été inventé pour qualifier le paquebot. Et il n’avait vu qu’une infime partie de l’endroit.

Toutefois, avant de se faufiler dans la cabine qui allait le mener à son étage, il eut un regard pour celle qui l’avait si gentiment reçu et qui se tenait, pour un quart d’heure encore, à l’accueil des retardataires. Il pensa que les bijoux n’étaient pas tous faits de matière inerte, l’éclat de la jeune indienne valait bien toutes les étoiles de la voute céleste. Que la vie était donc belle et surprenante !

Il respira profondément la joie d’être là et sourit à l’idée qui était une certitude, celle de vivre une semaine inoubliable.

Rien n’allait être plus vrai.

http://www.mariepnadal.fr/

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Une nouvelle " Un Pastisopathe " Jean-Louis Sanchez..

Publié le par Evy

Une nouvelle " Un Pastisopathe "  Jean-Louis Sanchez..

 

Un Pastisopathe

 

A Jep bien sûr et à sa tendre épouse, ainsi qu’à notre ami commun Robert qui aurait tant aimé lire cette nouvelle.

 

En apparence, Jep (diminutif de Joseph en Catalan) avait tout d’un être normal en dépit d’un arbre généalogique chargé. Si nous évoquons ses ascendants, c’est parce qu’il se targuait d’être petit-fils de curé et fils de communiste! Le fait est que ses ancêtres étaient d’authentiques catalans qui lui avaient légué un accent rocailleux au formidable roulement du R.

Ses origines n’avaient point nui au personnage puisqu’il avait hérité de son père un grand humanisme ainsi que des idées très progressistes et de son aïeul, une immense ferveur qu’il mettait dans l’accomplissement de tous ses actes, y compris les plus communs.

Grâce à cet apport ancestral, il était entré dans l’administration où il avait réussi un parcours professionnel parfait, entièrement basé sur un travail acharné, malgré un environnement difficile qui faisait que la servilité était souvent privilégiée aux dépens de la compétence... 

Ce fut vers le milieu de sa vie, alors qu’il était déjà un honorable père de famille, que se produisit la rencontre qui devait bouleverser son existence. Cet événement eut lieu sur la place d’un petit village catalan, inondée d’un franc soleil estival, le jour de la fête locale et au rythme enjoué de la sardane. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Jep n’avait  jamais goutté au pastis, breuvage méridional par excellence qui fait depuis plus d’un siècle le bonheur des habitants du sud de la Loire. 

Fonctionnaire consciencieux, tenu au devoir de réserve, il s’était jusqu’à présent contenté d’apprécier les formidables vins du terroir catalan: les côtes du Roussillon et les vins liquoreux  consommés à l’apéritif et qui ont pour noms Maury, Rivesaltes ou Banyuls. Ce jour-là, arguant de l’extrême chaleur et prétextant des vertus hydratantes de la boisson, notre homme se hasarda à commander, sous le regard désapprobateur de son épouse, un verre de pastis.

Ce premier contact envers cette boisson provoqua sur le personnage un choc émotionnel d’une extraordinaire densité qu’un vulgaire petit chroniqueur de province ne saurait décrire (et un chroniqueur parisien.... encore moins!). Toujours est-il que sur la place se produisit un coup de foudre et ce fut le début d’une intense histoire d’amour. Notre homme ne tarda pas à renouveler cette expérience bouleversante et très vite, il rattrapa son retard dans le domaine de l’étude du pastis. Il apprit à connaître les différentes marques: le goût de réglisse du Ricard, la légère amertume du Duval ou le vert prononcé du Pernod. Tel un professionnel, il voulut approfondir encore plus son savoir, et, pour cela, il fit un pèlerinage en   Provence où il découvrit des marques peu connues comme le Janot ou plus artisanales encore qui exaltaient toutes le soleil méridional.

Il prit son temps, un temps considérable et un jour il prononça un verdict longuement réfléchi. Il ne fit pas comme les juges modernes qui rendent quinze jugements dans la même journée. Il pesa le pour et le contre, contrôla la régularité des dosages, essaya de décrypter le parfum idéal, puis, il fit son choix: son pastis préféré, c’était le 51. A coup sûr, l’équilibre de tous les ingrédients s’harmonisait à la perfection pour former, sous les papilles une symphonie « pastissale ». Cette sentence délicate rendue, il décida de s’y conformer jusqu’à la fin de sa vie et d’y faire le moins d’entorses possibles (sauf cas de force majeure!).

La pénible décision assumée, commença alors pour lui une période de réel bonheur, consommée, bien sûr, avec modération. Il fallait être un de ses plus fidèles amis pour deviner l’émotion qui l’étreignait à la vue des premiers frémissements du breuvage. Il versait son eau parcimonieusement et contemplait avec béatitude le  léger trouble qui envahissait le fond de son verre. Parfois,  parodiant les évangiles qui prétendent que Dieu est amour, il n’hésitait pas à affirmer: Dieu est anis! D’autres fois, il avait la sensation de voir la vierge apparaître au fond de son verre.

Il ne supportait pas la goujaterie! Le manque de respect des  buveurs qui engloutissent leur breuvage d’un trait, sans la moindre trace de tendresse, l’horripilait. Il leur jetait des regards hostiles tout en s’imprégnant des senteurs les plus subtiles de la boisson, de la farigoule au fenouil, de la réglisse à l’anis étoilé...

Cette ferveur inconsidérée, héritée sans doute de son aïeul, faillit lui jouer un mauvais tour vers la fin de sa carrière. Il avait un contentieux sérieux avec un de ses puissants supérieurs hiérarchiques et les locaux administratifs résonnaient de son timbre puissant lors des différentes algarades qui l’opposaient à ce sévère personnage peu enclin à l’humour. Un jour qu’il était invité au pot de départ à la retraite d’un de ses collègues de travail, il fut pris d’une faiblesse coupable. Etait-ce la surcharge de travail? La nostalgie de devoir quitter un proche que l’on a longtemps connu auprès de soi? Ou un moment d’égarement dont les fonctionnaires - même les plus respectables - peuvent parfois être victimes? Toujours est-il que l’ami Jep rendit un hommage un peu trop appuyé à la bouteille de 51 qui était proche de lui. Or, les boissons anisées ont un important pouvoir diurétique qui obligea notre grand buveur à aller se soulager plusieurs fois. Mais celui-ci dédaigna les toilettes qui étaient à sa portée pour uriner abondamment sur la moquette du supérieur honni. Cette action, pour le moins incongrue, ne tira fort heureusement pas à conséquence car l’administration n’avait pas les moyens budgétaires nécessaires, carbone 14 ou tests génétiques, à l’identification du coupable.....

Ce fut à l’heure de la retraite sonnée que se produisit la révélation! Comme tous les sexagénaires, Jep avait d’importants problèmes avec ses articulations liés à l’arthrose ou aux rhumatismes. Ce jour-là, il sortait totalement déprimé d’une consultation auprès d’un éminent spécialiste qui venait de lui conseiller une opération urgente de son épaule totalement bloquée au point qu’il ne pouvait bouger son bras. Aussi, décida-t-il, pour se réconforter, d’assister à une petite sauterie organisée par la commune où il résidait. Après avoir consommé son troisième pastis qui l’avait rendu plus gai, il se présenta sur la piste de danse. L’orchestre entreprit un des anciens succès du célèbre Johnny Hallyday «souvenirs, souvenirs». Au bout de quelques minutes, Jep fut pris de sautillements et se surprit à taper dans ses mains en entonnant en catalan:

 

Si no vols treballar          Si tu ne veux pas travailler

Fes-te soldat o capellà       Fais toi soldat ou bien curé

 

I traparas res de tan bo      Et tu ne trouveras rien d’aussi bon       

El pastis del Rossello.       Que le pastis du Roussillon.

 

 Il se tourna vers son épouse qui lui fit remarquer sa guérison miraculeuse. 

 

Quelqu’un de normal se serait sûrement arrêté là mais Jep crut dur comme fer avoir découvert une nouvelle médecine douce. Après les homéopathes, les ostéopathes, il se baptisa pastisopathe et, en homme très généreux, il décida de se mettre au service de l’humanité toute entière. Malheureusement, il dut vite déchanter car son invention n’eut d’effets que sur lui. Les autres humains, moins respectueux que lui envers le quasi-divin breuvage, ne pouvaient bénéficier de ses bienfaits. Car, la pastisopathie est une science délicate, n’apportant le bonheur qu’à ceux qui le méritent.

 

Vexé par cet échec, l’ami Jep s’est retiré en Cerdagne catalane, tout près de l’Andorre, gros fournisseur de matière première, où il coule une retraite heureuse en profitant tout seul des vertus de sa découverte scientifique. 

 

 N B: L’auteur et l’imprimeur tiennent à préciser que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et que les boisons anisées, quelles que soient leurs marques, doivent être consommées avec modération!

 

Pour acquérir ses livres me contacter à l'adresse mail suivante: 

 jls.sanchez@wanadoo.fr ou au 06 71 90 34 09.

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jean-louis sanchez - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

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A André, grand maître de la confrérie du foie gras à Mazéres ancien adhérent d'Occitanie et aujourd'hui disparu ….

Publié le par Evy

 

Le péché de gourmandise

 

A André, grand maître de la confrérie du foie gras à Mazéres ancien adhérent des auteurs d'Occitanie et aujourd'hui disparu ….

Lorsqu’il se présenta aux portes du paradis, l’Augustou n’en menait pas large, d’autant qu’à quelques mètres de là crépitaient les flammes de l’enfer et qu’une forte odeur de roussi venait effleurer ses narines.

 

Saint Pierre l’attendait sur le perron du purgatoire et arborait un air avenant:

- Bonjour manhac (gentil garçon), as tu fait un bon voyage?

- Très bon seigneur, mais ....... vous parlez patois?

- Mais oui, pitchon notre religion rayonne sur toute la planète et je suis obligé de connaître toutes les langues de mes paroissiens. Je parle usuellement le Russe, les dialectes africains ou le Chinois ainsi que le basque, le breton et le catalan.

- C’est stupéfiant! Parlez vous également le Corse?

- Euh ..... le Corse ..... Là, vois tu,........ je ne peux pas te répondre car je suis soumis au secret professionnel! Mais, revenons à nos préoccupations, tu sais que je dois décider de ton avenir et nous devons passer en revue ton existence antérieure pour voir si tu mérites d’atteindre le paradis. As tu commis les sept péchés capitaux?

- Seigneur, je n’ai jamais tué personne, mis à part quelques perdigals (perdreaux) ou lapins forains et encore très peu car j’étais malaisit (maladroit) au fusil.

- As tu volé?

- Oh non, je n’ai jamais pris l’avion!

- As tu volé quelque chose?

- Jamais de ma vie, sauf, peut être, quelques figues ou cerises dans les vergers de mes voisins.

- Je vois, il s’agit de quelques larcins sans importance majeure. As tu souvent menti?

- Vous savez seigneur, mentir dans le midi c’est comme respirer, tout le monde ment du plus petit au plus âgé. Le mensonge nous est aussi nécessaire que l’EPO au coureur cycliste. Dire la vérité serait comme jouer aux cartes sans tricher, quelque chose d’inconcevable!

- Je le sais bien Auguste! J’ai à ce sujet de gros problèmes avec mes pensionnaires originaires du Sud de la Loire.

- Je me mets à votre place, mais vous ne pouvez pas nous envoyer tous griller en enfer pour ce simple motif, cela accroîtrait inexorablement votre stock de farine humaine en ces temps de vache folle.

- N’épiloguons pas, veux tu! Et le péché de chair, as tu commis ce terrible péché?

Visiblement mal à l’aise, l’âme d’Augustou ne put qu’avouer:

- Aie Seigneur! Celui là, je crois bien l’avoir commis souvent et ..... avec beaucoup de plaisir encore! Mais voyez vous, je pense avoir des circonstances atténuantes. En effet, comme vous devez le savoir, ma parcelle jouxtait celle de la Baptistine. Entre nos deux propriétés n’existait qu’un muret de pierres que j’avais assemblées unes à unes en son temps, avec, tout au bout un piboul (peuplier) qui procurait une ombre bienfaisante. Lorsque nous étions chacun au bout de la rangée de vigne, nous nous réfugions sous l’arbre où nous parlions et puis un jour, on avait rien à se dire alors ...... Je me dois de vous préciser que sans moi, la Baptistine, elle n’aurait pas eu deux beaux garçons, car son mari n’était guère prolifique. Grâce à moi, ils ont eu une famille comme tout le monde et le Mathurin explique à qui veut l’entendre, que ces enfants sont son portrait tout craché, donc....... je n’ai pas fait trop de mal.

- Et les autres? Parle moi un peu des autres.

- Les autres? Questionna à son tour le prévenu de plus en plus mal à l’aise.

- Oui, petit, les autres? Répondit Saint Pierre d’une voix douce et mielleuse.

Décidément son interlocuteur connaissait tout sur son passé et il allait falloir jouer serré pour éviter d’être damné.

- Voyez vous, Seigneur, là également ce n’était pas de ma faute. J’ai été pendant longtemps conseiller municipal et mes administrées me faisaient mander pour quelques problèmes d’extrêmes urgences et importances que je devais solutionner sur le champ. Et puis, j’ai toujours aimé rendre service...... C’est d’ailleurs dans ces occasions, que j’ai constaté que seules les voies du seigneur sont impénétrables!

- Ne blasphème pas malheureux, car cela n’arrange pas du tout ta situation! Parle moi plutôt du péché de gourmandise.

(A ce stade du récit nous nous devons de préciser que l’âme d’Augustou était plutôt du genre enveloppé. En effet, notre homme, durant son existence, dépassait allègrement le quintal et était réputé pour son goût de la bonne chère. Or - peu d’études ont été effectuées sur ce point nous nous devons d’en convenir- lorsque l’âme quitte son enveloppe charnelle, elle en conserve néanmoins son apparence d’origine.)

Cette question n’arrangeait visiblement pas l’ami Auguste qui essaya de biaiser en répondant:

- Oh! Vous savez le plus souvent je me contentais d’un petit mossèc (morceau).

- Parle moi donc du dernier banquet de la pétanque?

- Je ne crois pas avoir commis le péché auquel vous faites allusion, car c’est Isidore, notre Président qui avait élaboré le menu et les recettes n’étaient point amphigouriques. En entrée, nous avions du foie gras d’oie. Une tranche épaisse et délicieuse de plus de trois centimètres parfumée à l’Armagnac. Ensuite nous avons eu droit à un assortiment de tripou et cambajou maisons bien entendu. Le jambon était comme je l’aime, lardé d’un gras bien rosé. Après s’être rincé la bouche avec une salade batavia, on nous a servi une poularde rôtie, dodue et dorée à point. A l’intérieur de la volaille, les cuisinières avaient mis une farce gradaillée (aillée) réussie à la perfection et tout autour quelques pommes de terre bien mijotées dans le jus. Enfin, elles nous ont servi une crème faite avec douze oeufs et parfumée à la cannelle qui était si bonne que je crois bien que j’en ai repris ....trois fois.

- Disons plutôt quatre! Conte moi donc ta passion pour les champignons?

- Je n’ai jamais aimé trop les ramasser vous savez, car, compte tenu de ma corpulence, me baisser me posait des problèmes! Mais, j’ai toujours eu grand plaisir à les cuisiner. Tenez par exemple, les couriolettes accompagnent toujours une sauce de veau, les morilles blondes se servent avec un peu de crème fraîche sur un tournedos bien saignant, quant au cèpe je le prépare farci avec un peu de cansalade (petit salé) fumée qui lui octroie un parfum du tonnerre de ....

L’âme laissa sa phrase en suspens afin de ne pas commettre une gaffe.

- Et le vin petit, il paraît que tu étais un amateur?

(A vrai dire, la chose était aisée à deviner, car le divin breuvage avait laissé, du temps de son vivant, de nombreux sillons écarlates sur la figure de notre ami.)

- Ah seigneur, j’ai adoré le sang du Christ! J’avais pour lui une passion incommensurable. Quelle que soit sa couleur, du blanc au rouge, il me donnait beaucoup d’ardeur pour mon travail et me régénérait après une intense séance de bigòs (pioche à deux pointes). Je dois quand même vous avouer que parfois, j’ai un peu abusé de carthagène ou de blanquette......

- C’est d’ailleurs pour cela que tu es devant moi aujourd’hui! Je me suis laissé dire que tu as pris un coup de sang après un repas trop arrosé. Vraiment, dit-il fronçant les sourcils et élevant la voix, ton cas me paraît très délicat et presque désespéré.

L’âme d’Augustou ne put alors s’empêcher de se mettre en colère:

- Mais enfin, Nòstre Senher, qui a mis sur cette terre les jolies filles, les poulardes et le bon vin? Si vous désiriez que nous menions une vie monacale, pourquoi nous soumettre sans cesse à la tentation? Nous eussions pu nous contenter de patates bouillies et de pissenlits arrosés d’onde claire..... Je crois sincèrement ne jamais avoir péché durant mon existence mais avoir été, en quelque sorte, en état de .... légitime défense.

Croyez le si vous voulez, mais Saint Pierre fut tellement interloqué qu’il en ouvrit tout grand les portes de son établissement.

Et c’est ainsi que ce grand mécréant d’Augustou regagna le paradis. Prouvant ainsi qu’en certaines circonstances, la justice divine, comme parfois son homologue humaine, n’est pas exempte de bavures, et que ... la gourmandise n’est pas un si vilain défaut!

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Extrait du prologue du tome 1 de la Saga Fantasy "Malthéas" qui est en 6 tomes

Publié le par Evy

Idée cadeaux pour les fêtes ou pour le plaisir...

Idée cadeaux pour les fêtes ou pour le plaisir...

Extrait du prologue du tome 1 de la Saga Fantasy   "Malthéas" qui est en 6 tomes

Prologue

Janas

1

L’heure la plus chaude de la journée donne l’impression que tout s’arrête. Tout sauf le bourdonnement incessant des mouches qui sortent toujours de nulle part et le chant mélodieux des cigales. 

Janas aimait cette période de l’année qui lui permettait de se prélasser dans l’herbe et de jouer avec les grillons et les sauterelles. 

Au sommet de la butte le grand noyer étalait ses longues branches. Alentour, des bois entourés de prairies. Légèrement en contrebas, une ligne de fourrés inextricables. Sur la droite, la prairie descendait doucement, se faufilant entre bois et vallons comme un gros serpent vert, piquée çà et là de bouquets de fleurs survolés de papillons multicolores et d’abeilles infatigables. Sur la gauche, un bois descendait le long de la pente pour remonter sur le versant opposé. Des ronces et des buissons entrelacés, percés de tunnels façonnés par les animaux sauvages, rendaient sa lisière inaccessible. Les quelques brebis confiées à la garde de Janas avaient rejoint l’ombre du noyer, serrées les unes contre les autres, le museau au ras du sol. Janas n’arrivait pas à comprendre pourquoi plus il faisait chaud plus les brebis se tenaient serrées. « C’est quand il fait froid qu’il faut se serrer pour se tenir chaud, comme je fais avec Marnia l’hiver dans la chaumière », pensait-il assis au pied de l’arbre, le dos appuyé contre le tronc. Marnia était sa petite sœur. Âgée de trois ans, elle était restée au hameau avec leur mère. Janas avait sept ans. Un grand par rapport à Marnia qui le regardait avec des yeux admiratifs partir seul le matin pour garder le troupeau. 

Au hameau, les hommes avaient dû quitter les champs pour manger un morceau et se protéger du soleil à son zénith. Janas se dit qu’il allait faire de même. Il ouvrit la besace et découvrit avec le morceau de pain et la moitié d’oignon, une petite pomme. Un sourire illumina sa face. Marnia avait dû la chiper pour la lui donner, au risque de se faire gronder par leur mère. Lorsque c’était le cas, elle tournait son regard plein de larmes vers son père qui la prenait aussitôt dans ses bras. Il ne supportait pas de la voir pleurer et lui pardonnait tout ; elle savait si bien s’y prendre. Janas n’était pas jaloux, il avait pour cet amour de petite sœur les mêmes faiblesses que son père.

Il posa la pomme à côté de lui et attaqua gaillardement le pain et l’oignon. Excédé par une grosse mouche bleue, il essaya de la balayer d’un revers rageur de la main. Dans ce geste aussi violent qu’inutile quant à ralentir l’ardeur de la mouche, il heurta la pomme. Celle-ci roula dans la pente vers les fourrés. Il sauta sur ses pieds et courut pour rattraper la fugueuse qui prenait de la vitesse. À trois pas des fourrés, courbé, bras tendus au ras du sol, il plongea et emprisonna dans ses mains le cadeau de Marnia que pour rien au monde il n’aurait voulu perdre. 

Il ne se doutait pas qu’elle venait de lui sauver la vie.

2

Les bêlements affolés des brebis le firent sursauter. Elles tournaient autour de l’arbre en se bousculant l’une l’autre. Une peur instinctive jeta un manteau froid sur ses épaules, malgré la chaleur écrasante il ne put réprimer un frisson. L’image d’un loup lui vint à l’esprit. Mais c’était impossible, pas en plein jour, pas l’été par cette chaleur. Les brebis auraient fui devant la terrible bête. Non, autre chose les dérangeait. N’écoutant que son courage et son sens du devoir, il se résolut à aller voir. À sept ans il était grand. Ne lui avait-on pas confié la garde du troupeau ? Il devait se montrer à la hauteur de la confiance placée dans sa jeune personne. Son père ne manquait jamais de le lui rappeler. Avec toute la fougue et la vitalité de son jeune âge, il remonta dans la pente en courant. À mi-parcours il s’arrêta pour reprendre son souffle. Ce fut là qu’il les entendit. Pas de doute : des cavaliers !

Au bruit des sabots frappant en rythme le sol s’ajoutaient, dominants, les souffles bruyants jetés par les naseaux et les ahans de ces pauvres montures que plusieurs cavaliers insensibles forçaient à galoper dans la montée écrasée par un soleil de plomb ; le tout accompagné des cliquetis métalliques caractéristiques d’un équipage en armes. D’esprit vif et éveillé, Janas jugea rapidement la situation. Il ne pouvait s’agir de son seigneur. Celui-ci aimait trop les chevaux pour leur infliger pareil traitement par cette canicule. Il ne pouvait pas s’agir non plus de moines qui n’utilisaient que des mules pour leurs déplacements. Des marchands étaient à exclure, ceux-ci ne galoperaient pas et ne voyageraient pas sous ce soleil. 

 

Janas décida de rester devant la trouée qui lui permettait de prendre en enfilade la prairie jusqu’au sommet de la colline où se trouvait le noyer. La pente du bois qui continuait sa descente jusqu’au fond de la combe lui procurait un angle de vision idéal. Sa chair de poule s’estompait à peine lorsqu’il apparut. Le sang de Janas se glaça ; la chair de poule l’envahit à nouveau. Dans un mouvement de recul incontrôlé il se retrouva sur les fesses. De sa bouche s’échappa un petit cri provoqué par une inspiration brutale. L’effet de surprise passé, il reprit sa position afin de mieux observer l’objet de sa stupeur.

3

Depuis toujours Janas adorait les chevaux. Il nourrissait pour eux une véritable vénération. Dans ses rêves d’enfant, il caressait l’espoir qu’un jour il parcourrait lui aussi la campagne sur le dos d’un cheval, tel un chevalier. Ce rêve était souvent de courte durée car son père, devinant dans ces moments-là le cheminement de sa pensée, venait bien vite crever cette bulle onirique en lui rappelant qu’il n’était qu’un petit paysan voué au travail de la terre de son seigneur.

 

4

Ce fut sans doute cette espèce d’amour impossible pour un animal inaccessible à sa condition qui provoqua chez lui un sentiment ambigu, mélange de terrifiant et de merveilleux, d’horreur et de beauté. Toutefois son instinct l’incita à la prudence. Bouche bée, yeux écarquillés, il ne quitta pas l’équipage du regard mais ne bougea pas de place.

Le destrier, une bête puissante au poitrail bien éclaté, était d’un noir de jais. Ses boulets et ses larges sabots étaient couverts de poils noirs descendant des canons. Sur une encolure puissante en col de cygne, une épaisse et longue crinière ondulée brillait de mille feux. Sa queue, faite de longs crins brillants, fouaillait l’air en tous sens. Son poil luisait de transpiration, tous les cuirs du harnachement étaient ourlés par l’écume blanche de la sueur. Il faisait des pirouettes et piaffait des antérieurs. À le voir ainsi, resplendissant de force et de beauté, c’était certainement un étalon de race Équidorienne. Destrier redoutable au combat lorsque bien dressé, capable de tuer un homme ou un cheval d’une ruade ou cabré en frappant des antérieurs dans les mêlées confuses des engagements ; véritable auxiliaire du cavalier. Il était au sommet du talus. Sa silhouette et celle de son cavalier se détachaient dans le bleu de l’azur. L’homme qu’il portait était de grande taille. À cette distance Janas ne pouvait pas deviner ses traits. Il était recouvert d’une épaisse cotte de cuir tressé de couleur fauve, noircie par plaques par la crasse et le sang séché. Lorsque l’homme se tenait debout, celle-ci devait arriver au-dessous des genoux. Elle était fendue devant et derrière pour permettre de monter à cheval. Une épaisse cotte capable de protéger des coups et des pointes de flèches. À son côté pendait une épée de la hauteur de Janas. Accroché au flanc du cheval, il y avait un bouclier rond d’où émergeait une lance pointée vers le ciel. Un arc complétait l’équipement. Sur sa tête, un casque conique équipé d’une protection qui descendait sur le nez brillait sous le soleil. Par cette chaleur l’homme devait littéralement cuire ainsi bardé de cuir et de fer.

Janas ne pouvait le quitter des yeux, à la fois terrorisé et fasciné. Un autre cavalier apparut à côté du premier. Il descendit légèrement dans la pente puis remonta vers l’arbre en opérant un mouvement tournant. Janas comprit qu’il voulait couper la route aux brebis. Puis deux autres cavaliers émergèrent du sommet en face du deuxième cavalier ; trois autres arrivèrent par la droite. 

 

Il vit un des soldats montrer au cavalier de l’étalon noir, qui semblait être le chef, la besace qu’il avait laissée au pied de l’arbre quand il était parti à la poursuite de sa pomme. Janas s’aperçut que dans l’herbe on discernait la trace de sa course jusqu’au bosquet. Le chef regarda dans sa direction et descendit vers lui en suivant la trace. À mi-chemin, Janas put voir le visage de l’homme. Il était large et recouvert par une barbe rousse, des mèches de cheveux aux couleurs d’incendie sortaient du casque. Jusqu'à l’angle de l’œil, sa pommette gauche était fendue par une grosse cicatrice, souvenir sans doute d’une épée adverse. Cette vision le terrorisa. L’homme ne pouvait pas le voir, pas plus qu’il ne pouvait pénétrer dans les buissons, mais la peur fut plus forte que la raison. Toujours accroupi, il se mit à reculer sans quitter l’homme des yeux. Le souffle puissant de l’étalon était assourdissant. À son approche les oiseaux s’envolèrent, le sous-bois perdit sa quiétude. 

Les yeux pleins de larmes, Janas semblait hypnotisé. Il ne pouvait pas détourner son regard et, sans regarder où il allait, il recula dans la pente, insouciant aux ronces qui lui mordaient les jambes, les bras et les oreilles. Il ne vit pas qu’il arrivait au-dessus d’un petit surplomb rocheux. Il tomba en arrière et atterrit sur un lit de branches mortes, de ronces et de branches de buissons qui s’ouvrit en craquant sous son poids. Lorsque son dos heurta le sol, il n’y avait plus rien pour l’amortir. Il eut juste le temps de voir des morceaux de ciel au travers du feuillage avant que, souffle coupé et ne pouvant plus bouger, la nuit se fasse dans ses yeux.

Le cavalier effectua un aller-retour en essayant de regarder dans le bois. Puis, éperonnant l’étalon, il lui fit remonter la pente au trot pour rejoindre les autres cavaliers.

 « Il a dû fuir à notre arrivée, dépêchons-nous avant qu’il donne l’alerte, le hameau n’est pas très loin. » 

Ils partirent au grand galop derrière l’étalon noir, impressionnants de force et de brutalité, puant la sueur et la crasse à plein nez, l’odeur des hommes mêlée à celle des chevaux. À cette heure chaude et paisible de ce jour magnifique, la mort avait pris l’aspect d’une horde effrayante.

 

Maltheas  (6 tomes)

Le Kandora est un empire subitement confronté à un complot aux nombreuses et surprenantes ramifications, où se rejoignent les manipulations politiques et les intérêts personnels. Pour le combattre, les personnages de cette épopée, dont le héros Malthéas, se livrent autant à la quête d’un artefact ancien, symbole du pouvoir d’une ancienne lignée de rois, qu’à la quête de leur propre identité. 

Dans cette saga qui mêle intrigues, action, combats et amour, des personnages attachants et complexes côtoient ou affrontent tout ce que compte l’humanité dans ce qu’elle a de meilleur et de pire. Chaque chapitre est le théâtre d’évènements, de rebondissements et de révélations.
 

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