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263 résultats pour “Listes des Livres Pour Enfants

Poème (extrait de la Confiture de Vieux Garçon) Nicole Bernard Villa

Publié le par Evy

Idée cadeau pour la Fête des mères 

 

Poème (extrait de la Confiture de Vieux Garçon) Nicole Bernard Villa

 

Avec de belles fleurs, achetez un bouquin.

D’un roman historique, d’amour ou même noir,

Nouvelle ou poésie, conte issu du terroir,

Étonnez votre amour en lui offrant un livre.

La lecture et l’amour nous aident à mieux vivre.

 

 

Poème (extrait de la Confiture de Vieux Garçon)

 

… Il avance sans bouger

Lentement

très lentement

Il avance sur l’eau de sable sèche

couleur de miel et de jade vert

Il marche vers moi sans bouger

 

Je sais que je l’attends

immobile

figée dans cet énorme élan du désir

qui me projette toute entière vers lui

l’homme inouï

 

Il n’a pas de visage

et son regard a la couleur

des horizons perdus

je sais seulement qu’il est beau

absurde et magnifique

pétri de sable d’ocre et de fontaines

ruisselantes d’ambre bleue

Il porte au cou une pierre de jade

où frémit le reflet de la mer

 

d’où il vient

 

parce qu’il vient de la mer

seulement de la mer

 

Je sais qu’il vient de la mer

une mer de sable d’ocre

aux fontaines d’ambre bleue

dont l’écume noire projetée

mime le vol des lourds albatros

en ombre inverse de la lumière

dans l’odeur âcre

du sel et des algues vert jade

Frisson sur la peau

frémissement des paupières

le doux remue-ménage de la mer

au profond du ventre

frémissement du désir

dans le lent déploiement

des longues ailes de l’oiseau blanc

dont le vol lourd et superbe

suit voluptueusement la courbe

de la vague abandonnée sur le sable

 

Désir

désir obscur et tenace

désir interdit

de l’homme inouï

qui marche lentement

si lentement

sans bouger

figé dans mon rêve

comme le désir fou d’aimer

 

Il ne reste plus que le vent

un vent sec acharné aride acéré

un vent minéral de sable brut

 

l’homme inouï est debout

sans bouger dans sa marche lente

qui ne va nulle part

 

une ombre de sourire 

sur son absence de visage

une brûlure de sourire

dans mon ventre liquide

où ruissellent des fontaines

d’ambre bleu

aux étincelances d’ocre blond

Des vagues de petits grains de désir

acérés

soulevés par l’aigu du vent

déchirent mon ventre gonflé

 

Le désir a le goût fade du sang

La pierre de jade bleue

qu’il porte autour du cou

s’est mise à brûler

d’un étrange feu de cobalt

où se dissout la dernière lumière

de vie

jusqu’à ce que mon désir inassouvi

soit entièrement consumé

et qu’il ne reste plus à son cou

qu’un collier de cendres grises

et de plomb

un petit cercle de cendres grises

sans couleur

la mémoire de la mer

à jamais desséchée

dans l’implosion du désir

refusé

 

de la cendre de désir mort

 

L’homme inouï 

s’est approché sans bouger

 

je sais qu’il s’est approché

parce que sa nuit m’a enveloppée

jusqu’à l’oubli même du désir

jusqu’à l’inconscience même d’être

 

je suis dans son odeur

je suis l’algue et le limon

le tabac et l’oiseau mort

la terre mouillée et le pourpre

je suis la cendre de jade brûlée

 

il est autour de moi

comme le vent

comme la mer

je l’entends rire

de son rire inouï

irisé d’éclats vifs d’ambre bleu

comme mémoire de la mer

d’où il vient

car il vient de la mer

seulement de la mer

 

je sais qu’il vient de la mer

qu’il est là

autour de moi

traçant de son rire impérieux

la ligne infernale

du dixième cercle de l’amour

où viendra enfin se perdre

et mourir

l’indicible volupté

d’un désir

 

inouï

 

Pour vous procurer ce roman, il suffit d'en faire la demande par mail ànicole.bernard.villa@gmail.comVous le recevrez avec une petite dédicace et l'adresse de l'auteur pour paiement.

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Histoire qui est arrivé à Robert Mondange...

Publié le par Evy

Histoire qui est arrivé à  Robert Mondange...

C’est mon histoire et ça m’est arrivé.

C’était lors de mon premier voyage à Assikoi. Il nous manquait quelques éléments de quincaillerie pour construire les étagères d’une bibliothèque et quelques provisions. Comme je ne suis pas particulièrement bricoleur et que nous travaillons avec des outils manuels, mes amis m’avaient désigné pour aller à Adzopé, avec Martin un jeune du village,  acheter ce qu’il nous fallait. Adzope est une ville située à dix huit kilomètres d’Assikoi. Pour  s’y rendre, il faut prendre le taxi brousse, sorte de mini bus, qui ne part que lorsqu’il est complet et qui emprunte souvent la petite piste qui passe par Adonkoi, un petit village à trois ou quatre kilomètres d’Assikoi. Dans ce cas, le trajet est plus long.

Il n’était pas loin de 17 heures, la nuit allait tomber et nous avions pris place dans le taxi brousse pour Assikoi qui se remplissait peu à peu. Il faisait une chaleur épouvantable mais nous ne pouvions quitter nos places de peur de se les faire prendre. Enfin, le taxi brousse était complet. Mais nous ne partions toujours pas. Tout d’un coup arriva un homme tenant au bout d’une corde ce qui me semblait être un tout petit agneau. Avec trois de ses compagnons, ils le hissèrent dans une cage qui se trouvait fixée sur la galerie. Cage que nous n’avions pas vu car elle était située en bordure de la galerie, mais sur le côté opposé à l’entrée dans le taxi brousse.  Puis, nous sommes enfin partis. Le taxi n’avançait pas très vite, il nous semblait entendre des piétinements au-dessus de nous, peut-être étaient-ils dus à l’animal qui cherchait son équilibre. Puis au fil des kilomètres, nous n'entendons plus rien, il est vrai qu’avec les chocs occasionnés par les trous de la piste, il était difficile de savoir d’où venaient les bruits. Vers dix huit heures, nous arrivions enfin à Adonkoi. Ouf ! Plus que quelques kilomètres et nous allions enfin pouvoir quitter ce véhicule. Nous étions très fatigués, nous n’avions pratiquement rien mangé à midi et nous étions assoiffés car nous n’avions bu qu’une petite bouteille de flag, cette délicieuse bière africaine. De plus, nos pieds étaient coincés entre nos colis. Mais que s'est-il passé ? Le chauffeur et son arpète, c’est-à-dire le jeune garçon qui fait payer les gens et qui est chargé d’ouvrir et de fermer la porte du taxi brousse, levaient les bras au ciel et s’injuriaient mutuellement : la cage qui contenait le porcelet avait disparue. En conséquence, le chauffeur et son arpète devaient payer la cage et l’animal. Aussi prirent t-ils la décision de faire immédiatement demi tour pour essayer de retrouver la cage et l’animal. Tous les passagers protestent en disant qu’ils pouvaient nous amener à Assikoi qui n’était qu’à trois ou quatre kilomètres, puis qu’ils pouvaient repartir et faire des recherches. Mais rien n’y fit. Le chauffeur s’appuyant sur le fait, que si quelqu’un trouvait la cage et l’animal il s'empressera de se l’approprier, d’autre part si la cage s’était ouverte en tombant, l’animal qui pouvait être blessé ne pouvait pas être loin, d’autant plus que s’il essayait de fuir en brousse il n’avait aucune chance de s’en sortir. Il fallait donc retrouver le point de chute au plus vite. C’est ainsi que nous fîmes demi-tour, mais à vitesse très réduite. A l’aide de lampes de poches l’arpète et un passager scrutaient les bords de la piste et la lisière du bois. A l’entrée d’Adzopé, il fallut se rendre à l’évidence la cage et l’animal étaient introuvables. Nous partîmes toujours à vitesse réduite et toujours en scrutant les bords de la piste jusqu’à Adonkoi. Là, il n’y eut aucun doute, la cage et l’animal étaient irrémédiablement perdus. Le taxi brousse nous dépose vers 21 heures à Assikoi. Nos  amis nous accueillent avec  beaucoup de soulagement, ils commençaient à se faire beaucoup de soucis pour nous. Nous leur racontâmes brièvement notre aventure, puis pendant que nous prenions une bonne douche, ils nous firent chauffer notre repas que nous mangions avec une bonne flag bien fraîche. Ce trajet qui en principe ne dure pas plus d’une heure trente avait duré quatre heures. .

Envie de lire l'Auteur Robert Mondange 

Une idée cadeau pour les fêtes ou le plaisir Dédicacé...

Ci-dessous le lien pour commander ses  livres...

robert mondange - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

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Marie-Andrée Balbastre est auteur compositeur.

Publié le par Evy

Marie-Andrée Balbastre est auteur compositeur.

 

CD et RECUEILS de Marie-Andrée BALBASTRE  

 

www.mabalbastre.fr 

 LA TERRE, CE JARDIN  

 Aquarelles de Marie-Noëlle Berson. 

  

Avec ce premier recueil, Marie-Andrée Balbastre délaisse la guitare pour une  poésie libre en hommage à la nature, inspirée de ses racines paysannes.  La terre, l’eau, l’air, le feu, les quatre éléments qui composent l’univers, sont tour à tour  mis en lumière comme des forces qui donnent sens à la vie humaine.  C’est dans la simplicité de ces choses redécouvertes que l’homme retrouvera sa place  sur cette planète. 

 

BALLADES et CHANSONS 

tableaux à l’huile de Serge Tuquet.  

 Marie-Andrée Balbastre est auteur compositeur.  

Elle rassemble dans ce deuxième recueil les paroles de ses  chansons, comme le troubadour du Moyen Age a laissé trace écrite de ses poèmes chantés. Les textes sont regroupés d’une manière thématique, et non chronologique selon la parution de ses albums, pour donner une vue d’ensemble de son œuvre. Paroles sans musique dans ces pages, pour laisser toute la place à la musique des mots.  

A CHAQUE SAISON SA CHANSON 

 peintures au pastel de Françoise Chemla . 

La nature, toujours sous le regard du poète, se transforme au grès des saisons. A chaque période du cycle annuel, résonne un chant d’oiseau, souligné par un proverbe occitan, auquel répond la musique des mots et des images qui s’entrelacent, du printemps à l’hiver, en lente ritournelle du temps qui passe et du temps qu’il fait. La poésie dit la complexité et la fragilité de ce monde vivant qui force l’émerveillement et mérite le respect.

 

4 CD paroles et musiques de Marie-Andrée Balbastre 

ITINERANCE : Un voyage musical en forme de quête aux couleurs de l’espoir ; des mots qui chantent, au-delà de la réalité quotidienne du monde d’aujourd’hui, l’univers onirique de la femme poète qui poursuit son rêve. 

VENT D’OC : Ce vent qui souffle en Occitanie, venu d’on ne sait où, est porteur des rumeurs du monde. Il dit la fragilité des « enfants de la terre, petits d’hommes », mais aussi la force de l’amour, ce pont qui conduit à l’autre, l’ami ou l’étranger. 

PLUS LOIN QUE NOS REVES : de ses pérégrinations et de ses propres rêves, cette voyageuse glane ça et là les mots et les rythmes  de ses refrains. Elle nous emmène jusque sous les tropiques le temps d’une « Samba », ou aux portes du désert à « Marrakech », mais  aussi dans ces pays où la déraison des hommes sème guerre et misère. 

 VEILLEUR épuisé---------------------------------------------------------------------





 

COMMANDE à renvoyer à l’auteur :

Marie-Andrée BALBASTRE 4 rue de l'Orbiel 11600 Conques-sur-Orbiel, tél 06 76 77 52 78.  mabalbastre@wanadoo.fr 

NOM prénom……………………………………………………. 

Adresse………………………………………………………… 

…………………………………………………………………….. 

…………………………………………………………………………………………………………………………………………….   commande La terre ce jardin 12 € ………………………… 

 Ballades et Chansons 15 #……………… 

 A chaque saison sa chanson 12 €…………... 

  

 CD 15 euros : Itinérance, Vent d'Oc, Plus loin que nos rêves, (Veilleur épuisé) …………………………………………………………………………………………………………Total__________

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Bivouac et campement Africains raconté par Robert Mondange ...

Publié le par Evy

Bivouac et campement Africains raconté par Robert Mondange ...

BIVOUAC ET CAMPEMENT AFRICAINS 

Vous savez tous ce que sont des bivouacs et des campements mais savez vous ce qu’ils sont pour des planteurs africains et plus particulièrement pour ceux qui vivent de la terre et des ressources de la brousse dans le village d’Assikoi en Côte d’Ivoire.

Quand les plantations de brousse sont trop éloignées du village, certaines sont à plusieurs heures de marche du village, les planteurs sont obligés de rester sur leurs plantations plusieurs jours, pour cela ils doivent s’organiser pour vivre en toute sécurité en brousse, pour s’abriter, pour se nourrir et pour se soigner. Ils s’abritent dans des cabanes faites avec de la terre mouillée ou avec des bambous qu’ils recouvrent d’un toit en toile. Pour dormir, ils font des lits en paille ou en bambou à même le sol. Pour s’éclairer la nuit, ils utilisent des lampes à pétrole et ils les gardent allumées toute la nuit pour se protéger des prédateurs. Pour se nourrir, ils amènent du village de l’attiéké et du foutou mais pour une semaine seulement et très souvent du riz et du poisson qu’ils mangent avec des oignons. Ils boivent l’eau des rivières parfois d’un puits. Femmes, hommes et enfants restent au campement au moins une à deux semaines. Quand la nuit arrive, ils se regroupent  autour d’un feu et se racontent des histoires. Ils se soignent par la médecine traditionnelle : par exemple des écorces de manguier mélangées avec du piment servent à lutter contre les infections, des racines de papayers écrasées avec du piment sont un médicament contre le paludisme. En brousse pendant la saison des pluies, il y a beaucoup de moustiques. Du fait des conditions de vie en forêt tropicale, il y a un risque important de morsures par les serpents et un risque élevé de blessures avec les machettes qui servent au nettoyage des parcelles. De plus l’harmattan qui est un vent très chaud le jour, plus froid la nuit, très sec et le plus souvent chargé de poussières souffle vers le sud ouest en provenance du Sahara et en direction du golfe de Guinée de fin novembre et jusqu’au milieu du mois de mars. Il rend les conditions de travail en brousse dure à supporter. Il est la cause de  migraines, d’hypertension artérielle et de bronchites. Après cela vient la saison des pluies qui n’arrange pas les choses. En fait, il y a deux saisons sèches, une de janvier à mai, une autre en septembre et deux saisons humides juin, juillet, août et octobre. Au milieu de tout cela, il faut placer le travail des planteurs en brousse. Pour le café cueillette en janvier et février, désherbage en avril, désherbage plantation en juin et juillet, cueillette en décembre. Pour le cacao plantation en avril mai et juin, désherbage en juin juillet août, cueillette en septembre, octobre, novembre et décembre. Pour le manioc brûlé en janvier et décembre, plantation en janvier, février, mars, avril, récolte en octobre. Pour la banane fruit et la banane plantain plantation en janvier février, récolte en août et septembre. Certains autres fruits comme les mangues et la tomate se plantent et se récoltent toute l’année. Avec ce planning de travail vous comprendrez la nécessité des bivouacs et des campements.  

Robert Mondange

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Extrait de l'ouvrage « la vallée du bonheur » Jean-Louis Sanchez

Publié le par Evy

Une histoire bio 
 

Pierre et Paul naquirent au cœur de notre belle cité templière pratiquement le même jour de la même année. En sus de leurs prénoms d’apôtre, ils se ressemblaient énormément. D’une corpulence et d’une intelligence identiques, ils avaient usé leurs culottes sur les bancs de la communale, pratiqué ensemble tous les jeux des gamins de leur âge et, plus tard, courtisé les mêmes filles... 

Pourtant, très tôt, il fallut se rendre à l’évidence, ils possédaient un trait de caractère qui les différenciait totalement. Pierre était un gros travailleur ! Levé tous les matins avant l’aube et couché bien après le soleil, il œuvrait tous les jours avec opiniâtreté et persévérance. Jamais il ne semblait las. Pire ! Il avait la passion de son ouvrage. Tel le savetier de La Fontaine il sifflotait tout en semant, taillant ou labourant…. 

 

Lorsque l’un des malheurs, si fréquents dans le monde agricole survenait, il affrontait l’adversité avec courage, sans se départir de son éternel sourire disant à qui voudrait l’entendre “qu’après la pluie vient toujours le beau temps”. 

 

Son jardin semblait inspiré par Lenôtre tant les formes y étaient harmonieuses ; les couleurs chatoyantes s’y entremêlaient à souhait pour former des arcs-en-ciel végétaux. Le rouge provenait des arbres à fruits : cerisiers ou graciles groseilliers, de quelques touffes de géraniums, il s’étalait sur les sauges, les tomates ou sur les feuilles de vigne à l’orée de l’hiver. Les citrouilles rebondies et de taille respectable apportaient une touche orangée complétée durant la saison par l’éclat de petits plans de soucis disséminés sur toute la parcelle. Le violet naissait au cœur des giroflées ou des tulipes, il se répandait sur les dodues aubergines, et, vers la fin de l’été, il colorait les ceps de vigne afin de rendre Bacchus impatient... Le rose s’évadait, pétale par pétale, des fleurs portant son nom en répandant autour de lui des senteurs sucrées. Il venait parfois taquiner les framboises ou les fraises en annonçant les prémices de l’été. Les tournesols, les blés, les chaumes ou... les genêts, faisaient valser sur la planète l’or déversé à profusion par l’astre incandescent. Le bleu du ciel et de l’onde se mirait dans les myrtilles, la dentelle des myosotis ou l’âme des pensées. Le vert s’appropriait la quasitotalité de l’espace, du tendre des jeunes pousses à celui plus prononcé des courgettes ou des joufflues salades...

 

Lorsque le moment des récoltes venait et qu’il fallait moissonner les blonds épis, ou couper les lourdes grappes gorgées de nectar parfumé, Pierre éprouvait le bonheur simple de ceux qui connaissent la valeur des choses de la terre. Il se satisfaisait amplement de la générosité de la nature et se montrait insensible aux mesquineries des villageois. Il ne s’accordait qu’une journée de repos par semaine le dimanche, jour du seigneur, qu’il passait en compagnie de sa famille et de ses nombreux amis et encore, profitait-il de cette trêve hebdomadaire pour établir le planning de ses futures activités... 

 

Paul était à l’opposé de son ami d’enfance. La Catinou, l’aurait sûrement affublé du sobriquet de balen manquat !  (vaillant manqué!) Il avait pourtant fait d’énormes efforts. Il s’embaucha aux PTT à Paris, trompé par les publicités mensongères de l’administration qui omettent de préciser qu’après une rue, il y toujours... une autre rue, ce qui rend la distribution du courrier harassante, d’autant, que lorsqu’on a achevé une tournée il faut impérativement recommencer le lendemain ! Cette vie parisienne ruina son métabolisme et le contraignit à démissionner après quatre mois d’activité intense. Son père essaya alors de le traîner dans les blanquetières mais le calvaire parisien recommença : après la première rangée de vigne, il y a toujours une autre rangée de vigne... Il testa par la suite d’autres métiers réputés moins pénibles comme standardiste dans une clinique ou veilleur de nuit mais ce fut peine perdue. Un jour, il dut se rendre à l’évidence, il était atteint de la maladie incurable qui ravage les comptes de la sécurité sociale : l’allergie au travail ! Il abandonna alors toute velléité de résistance et se résigna totalement. Puisqu’il était né ainsi, que pouvait-il faire contre la génétique ? Son quotidien fut alors immuable. Levé très tard il passait la matinée à décortiquer scrupuleusement le journal dans le bistrot du village. Il se révélait ainsi l’un des habitants les plus avisés de l’actualité locale ou internationale. Il n’hésitait pas d’ailleurs à informer bénévolement, en homme serviable et dévoué, ses congénères des toutes dernières nouveautés. Ensuite, il tuait la matinée autour d’un tapis de carte ou sur le terrain de pétanque. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à utiliser l’aimant pour ramasser les boules... L’après-midi, après une sieste bienheureuse, il reprenait les parties interrompues en fin de matinée. Parfois il déambulait en bordure de la belle Aude pour taquiner dame truite, mais la pêche qu’il pratiquait n’était pas des plus sportives. Il dédaignait le “toc” ou le “fouet” et se contentait de pêcher “à fond” et à attendre, en rêvassant, la touche prometteuse qui agiterait le bout de son sillon... Ses journées passaient de manière quasi immuable et rien ne semblait devoir bouleverser ce bel ordonnancement. Il détenait toutefois une vision aiguë du travail et ne rechignait jamais à donner de bons conseils... aux autres. Il ne pouvait bien sûr jamais les mettre lui-même en pratique, du fait de son allergie chronique et dévastatrice, ce qui le désolait sincèrement. 

 

Un jour pourtant, Paul se rendit chez Pierre, la mine décomposée et l’air terriblement préoccupé : – Pierre, tu dois absolument me rendre service, il faut que tu me prêtes un bigos  (pioche à deux branches utilisé dans le midi pour le ramassage des pommes de terre)!  Son ami le dévisagea d’un air éberlué et incrédule. Un bigos ! L’instrument de torture des fainéants ! Il n’en croyait pas ses oreilles. Il s’empressa de dépanner son ami et lui présenta sa collection d’outils précautionneusement alignés, du plus petit au plus grand, sur une poutre de son établi. Leurs dents brillantes et affûtées à l’extrême semblaient dévisager les deux protagonistes. Sans hésiter, Paul désigna le plus gros de la série, un engin de plus de dix livres, aux pointes terrifiantes. Ce choix désarçonna encore plus Pierre qui lui proposa d’effectuer la tâche à sa place, inquiet de la tournure que prenaient les événements. Mais son ami refusa catégoriquement et partit son instrument sur l’épaule, le dos voûté, le visage décomposé... 

 

Soixante-douze heures plus tard, Paul était de retour, mais il arborait cette fois un large sourire. – Je viens te rendre ton bigos. Sans toi, j’étais perdu, je crois bien que tu m’as sauvé la vie ! Pierre ne savait que répondre et l’interrogeait du regard. Son ami continua : – Voilà, comme tu l’as sans doute constaté, l’autre jour j’étais malade, j’avais attrapé une grippe carabinée. Pour me  soigner, j’ai utilisé une médecine douce. J’ai posé ton outil sur la tablette de nuit bien en face de moi. La nuit, lorsque je me réveillais frissonnant de fièvre, je voyais ces deux pointes qui luisaient et me regardaient fixement. Alors, transi d’angoisse, je suais, je suais… Je fus ainsi rapidement débarrassé de mes microbes et, grâce à toi, je suis totalement guéri en un temps record ! ! 

 

Croyez-le si vous voulez mais Pierre resta totalement estabousi (éberlué) et, ce fut sans doute, l’une des rares fois, dans l’histoire de l’humanité, où un fainéant se servit d’un outil pour impressionner un honnête travailleur, jardinier de surcroît .


 

Extrait de l'ouvrage « la vallée du bonheur »

 

Pour acquérir ses livres le contacter à l'adresse mail suivante: 

 jls.sanchez@wanadoo.fr ou au 06 71 90 34 09.

jean-louis sanchez - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

 

Publié dans Extrait du Roman

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Extrait du livre " Au Nom du Bien " de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

Extrait du livre " Au Nom du Bien " de l'Auteur Bernard Cazeaux...Extrait du livre " Au Nom du Bien " de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Au nom du bien

1

Il se sentit apaisé pour la première fois depuis une éternité. Éternité qu’il venait de compromettre aux yeux des mortels, mais il n’en avait cure car il savait qu’il n’était qu’un instrument entre les mains divines. Cette dernière pensée le fit sourire. Un sourire vrai. Pas un sourire compassionnel composé pour la circonstance qui vous crée le personnage que les autres entendent retrouver face à eux ; image réconfortante qui colle parfaitement au rôle à jouer dans une société bien codifiée pour ne pas perturber l’équilibre fragile des relations humaines. Équilibre qu’il n’avait pourtant pas su sauvegarder au sein de sa propre vie. Mais était-il réellement responsable de cet immense gâchis ? Tout ce en quoi il croyait, tout ce pour quoi il vivait jusque-là avait volé en éclats. Sa vie avait été bouleversée.

Pourquoi avait-elle voulu partir ? Comme ça ! En riant !... Si seulement elle n’avait pas ri ! Rire est le propre de l’Homme, mais ce rire-là appartenait au Diable. Il n’en doutait pas, certain d’avoir senti le soufre quand elle lui avait exhalé « ses vérités » au visage. « Vraiment, avait alors susurré la petite voix dans sa tête, le soufre ? ». Il l’avait fait taire immédiatement avant qu’elle aussi ne se mît à rire. Le doute qui avait failli s’insinuer dans son esprit constituait bien une preuve supplémentaire de l’œuvre du Malin. Extirper toutes ces scories de l’esprit s’était imposé comme un travail nécessaire à la rédemption. Il aurait pu se laisser abattre, faire une dépression, se mettre à boire, se droguer, voire se suicider. Pourquoi ne pas tout abandonner comme tant de personnes auxquelles il manque la force ultime, le souffle de la foi que l’on porte en soi sous la forme d’une certitude inébranlable ? Lui avait su résister aux instruments délétères du Diable. Il avait plongé au plus profond de son être, au plus profond de son âme pour en extraire cette certitude, cette foi en la vérité révélée. Il avait affronté avec courage le Malin qui espérait l’engloutir dans les abîmes brûlants de l’Enfer. À l’instar de Jésus dans le désert, il avait trouvé les ressources nécessaires pour repousser la Bête. Tout lui était alors apparu clairement. Il avait rendu grâce à cette épreuve. S’il avait dû se confronter au Mal, c’était pour mieux l’appréhender, mieux le reconnaître afin d’être apte à le combattre. Sauvé de la damnation, investi d’une mission alors qu’il se croyait abandonné, il se sentait transfiguré, invulnérable ; jamais il n’aurait dû douter. Placé dans le berceau protecteur des mains de Dieu, il vouerait sa vie à la lutte contre le Mal. Où il s’insinuerait pour détruire l’œuvre de Dieu, il l’extirperait. Il écarterait les brebis contaminées pour sauver le troupeau. Il élaguerait les branches pourries de l’arbre de vie. Par la purification du temple pour la plus grande gloire de Dieu, il gagnerait sa propre purification. Un soldat du Christ venait de naître, baptisé dans le sang du péché. Comme l’ange Gabriel, lui aussi serait à sa manière un « héros de Dieu ». Oui ! Un bien beau nom pour une œuvre salutaire, « héros de Dieu » ! Il avait tout d’abord songé à Azraël, nom de l’ange de la mort, mais face à l’inculture crasse de ce début de XXIe siècle, il avait craint d’être confondu avec le chat des Schtroumpfs.

Certes son œuvre serait limitée à ses modestes moyens, mais elle n’en serait pas moins utile et salvatrice. Il mettrait ses pas dans ceux des Pères de l’Église, eux qui ont œuvré et souvent souffert jusqu’au martyre pour porter la parole de Dieu et affirmer Sa Gloire à la face du monde. Un monde pourri par les fausses croyances et le paganisme, soumis aux incessantes tentations du Diable. Un monde qui a oublié les préceptes de Tertullien qui a si bien dénoncé le rôle tentateur et corrupteur de la femme, « porte d’entrée du Diable », qui précipita Adam dans l’abîme en prêtant une oreille attentive au démon. 

Lui aussi, le nouveau « héros de Dieu », avait été soumis à cette tentation pour le détourner du Seigneur. Mais il avait résisté. Instruit depuis l’enfance des dangers qui guettent les hommes, il avait su déceler la présence du démon dans ses rires grotesques, ses railleries méprisantes, ses propos infamants et vulgaires proférés dans des effluves soufrés. Il avait su trancher la tête du serpent complice de l’Eve éternelle qui se tapit au fond de chaque femme éloignée de Dieu. Par cet acte il avait retrouvé le chemin de la Vie et tourné le dos aux abîmes infernaux. Heureusement que toutes ne cédaient pas au chant des démons lubriques. Il en connaissait d’admirables, tournées vers le Bien et respectueuses des enseignements du Seigneur. Des femmes à l’image de sa mère qui l’avait aimé et instruit dans la foi, le respect et la crainte de Dieu, bien qu’elle-même eût souffert jusque dans sa chair des avanies d’un homme lubrique et pervers, véritable suppôt de Satan ; son père qu’il n’avait que peu connu mais qui lui faisait horreur. S’il n’avait pas su récompenser sa mère en devenant ce qu’elle avait tant souhaité, il se rachèterait. Ces femmes, ces mères, ces filles de Dieu, il les respecterait et les protègerait.

 

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Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...

Publié le par Evy

Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...Extrait du livre Flotentin de l'Auteur Bernard Cazeaux...
1874

Mathilde

 

Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, torturée par ce qu’elle avait vécu treize ans plus tôt et ses conséquences ; encore plus par l’acte qu’elle s’apprêtait à commettre.  

Elle sortit sans bruit de la petite chambre dans laquelle elle dormait avec son fils âgé de douze ans. Elle se retrouva dans la grande pièce principale. Bien que pieds nus et vêtue de sa seule chemise de nuit, elle ne frissonna pas. Pourtant le froid avait pris possession de la grande pièce. Les pierres du sol étaient glacées. Dans la cheminée, les braises de la veillée n’étaient plus que cendres. 

Seul le bruit régulier du balancier de l’horloge troublait le silence. Mais personne n’y prêtait attention. C’était plutôt son arrêt impromptu qui provoquait la sortie d’un sommeil bercé par ce métronome. Depuis la naissance de son fils, son père avait neutralisé la sonnerie pour ne pas le réveiller. Depuis, il ne l’avait jamais remise. Elle s’immobilisa en entendant un léger ronflement de son père qui se transforma en grognement, avant de redevenir un souffle régulier. Au fond de la pièce, dans l’alcôve au rideau tiré, ses parents dormaient du sommeil des justes, épuisés par les dures journées de labeur. 

La pièce était plongée dans le noir, mais elle la connaissait par cœur. Elle y vivait depuis sa naissance, vingt-sept ans plus tôt, et pouvait dire où se trouvaient chaque meuble, chaque objet, chaque ustensile. Elle avança lentement, guidée par le bruit régulier de l’horloge qui se dressait à côté de la porte d’entrée. Elle trouva le verrou à tâtons et le tira sans bruit. Puis elle leva la clenche et entrouvrit la porte. À peine, car elle était mince ; un joli brin de fille, disait tout le monde. 

Elle referma doucement la porte. La lune était ronde et le ciel dégagé. Le chien attaché à sa niche sortit et tendit la chaîne en gémissant, en quête d’une caresse. Il imaginait sans doute qu’elle allait le libérer comme chaque matin. Mais malgré sa queue qui fouettait l’air et ses pleurnicheries, elle ne s’approcha pas de lui. Il la regarda s’éloigner d’un pas lent dans la lumière spectrale de la pleine lune, et repartit se coucher, dépité.

Des aiguilles de pins tombées sur le chemin sablonneux se collèrent à la plante de ses pieds. Elle poursuivit sa marche comme un automate, sans tourner la tête, les yeux vides et fixes. Après avoir marché sur une centaine de mètres, elle bifurqua sur la droite en empruntant une sente qui se faufilait entre les grands pins. Ils s’élançaient vers le ciel en rangs serrés. Le sol était couvert de fougères, d’ajoncs, de bruyères. L’aube n’allait pas tarder à donner ses couleurs à la forêt, mais à cette heure tout n’était que nuances de noir et de gris. 

Elle poursuivit lentement son chemin, indifférente aux brandes qui griffaient parfois ses mollets nus. Après deux minutes, elle le vit dans une trouée. Il était là depuis toujours, calme, noir, inquiétant. L’étang niché au cœur de la forêt était comme une immense tache d’encre dans la verdure. Le sable noir sur lequel il reposait lui donnait cette couleur trompeuse alors que son eau était limpide. 

Elle s’approcha et s’arrêta au bord. L’eau commença à sourdre sous ses pieds nus. Elle porta son regard au-dessus de la vaste étendue transformée en miroir par la lune qui s’y reflétait. Au loin, d’autres grands pins commençaient à se détacher sur le ciel qui s’éclaircissait. Les premiers rayons du soleil feraient bientôt naître une nappe de brume qui s’effilocherait peu à peu. Comme d’habitude… sans doute. Mais aujourd’hui elle ne la verrait pas. 

Elle trempa un pied dans l’eau sans frémir malgré sa température. Puis l’autre suivit naturellement. Puis l’autre encore. Comme si elle repartait sur le chemin. Elle avança, le regard fixé sur un point invisible. Que voyait-elle ? À quoi ou à qui pensait-elle ? À son fils ? À ses parents qui l’avaient toujours aimée malgré leur souffrance ? À lui ? Sa chemise de nuit s’évasa en corolle autour d’elle et flotta à la surface comme un grand nénuphar. 

L’eau atteignit ses seins. Ses pieds s’enfoncèrent un peu plus dans le fond souple et vaseux. L’eau frôla son menton. Un pas de plus, deux pas. L’eau noire se referma au-dessus de sa tête avec un léger remous. Nul n’aurait pu la voir, mais elle fit encore quatre pas puis se laissa tomber en avant, bras écartés, bouche ouverte. Les ronds concentriques du remous troublèrent à peine la surface et se perdirent imperceptiblement dans les ajoncs et les bruyères. 

L’aube teinta le paysage. L’étang sembla soudain fumer. Les couleurs apparurent peu à peu. Poussant sur ses longs pieds, un héron s’envola de la berge. Dans les hauteurs des pins, des palombes posées pour la nuit roucoulèrent longtemps, s’envolant enfin vers leur destin dans de grands battements d’ailes bruyants.

Envie de le lire idée cadeaux pour les fêtes ou pour le plaisir ci-dessous un lien pour plus de choix dédicacé...

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/bernard%20cazeaux/

 

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Texte de l'Auteur Robert Mondange une histoire vrai ...

Publié le par Evy

Cette histoire est vrai, elle m'a été envoyée par l'auteur elle-même par discrétion j'ai changé les prénoms.

Première cuisine

Première expérience culinaire d'Olga 25 ans remonte au mois de septembre 1994, alors qu'elle avait tout juste 14 ans. jusqu'alors elle n'était qu'une petite fille obéissante qui aidait sa maman à préparer les repas.Cette année là, sa maman Cendrine est frapée par une forte crise de paludisme qui l'oblige à rester couchée.

Il faut donc que quelqu’un s’occupe de nourrir la famille. Son frère Romuald n’a que 12 ans et son autre frère Firmin n’a que 8 ans. Débora, sa sœur aînée est chez son fiancé pour la durée des vacances. Il appartient donc à Olga de jouer le rôle d’aînée et de prendre les choses en main. A cette époque elle est en quatrième au collège d’Assikoi. Aujourd’hui, elle est en deuxième année de lettres modernes à Abidjan.

Pour la petite adolescente c’est un bouleversement, de sa paisible vie d’élève au collège, elle doit brusquement passer au rôle de maman dans la maison familiale. Lorsqu’elle se lève le matin, le brouillard de la nuit flotte encore au-dessus de la brousse, car à cette heure là, le soleil commence à peine à se lever, il n’est pas encore six heures.

Son premier travail, après avoir nettoyé la cour, est de chauffer l'eau pour sa maman et ses frères puissent se laver et déjeuner.Son premier travail, après avoir nettoyé la cour, est de chauffer l’eau pour que sa maman et ses frères puissent se laver et déjeuner. Son deuxième travaille est de partir au marché faire les provisions. Il faut y aller de bonne heure car après 8 h00 on ne trouve presque plus rien à acheter.


Olga se souvient très bien du premier repas qu’elle a préparé pour la maisonnée : un foutou banane en sauce. Le premier travail à faire est de nettoyer le poisson en prenant bien soin d’enlever les branchies et les écailles, puis de le faire cuire 15 minutes avec un mélange composé de piment, de tomates fraîches écrasées, de concentré de tomates, d’ail, d’oignons et d’un cube de concentré de bœuf. Après cela, arrive la phase délicate de la préparation du foutou banane qui consiste à faire cuire ensemble du manioc et des  bananes préalablement épluchés et coupés en morceaux.

Puis une fois cuit de les écraser avec un pilon pour obtenir une pâte homogène.C’est un travail pénible surtout pour une jeune néophyte. La pâte prête, il ne lui restait plus qu’à faire la même chose avec le poisson et ses ingrédients et de mélanger-le tout avec des aubergines bouillies dans l’eau de cuisson du manioc et écrasées elles aussi avec un petit pilon. Le repas prêt, Olga a commencé par servir sa maman puis ses frères.

Elle se souvient encore de l’angoisse qu’elle avait en présentant ce premier repas. Le succès fut total.
 Olga pouvait être fière. Au cours de  cette première journée, elle venait brusquement de passer de l’insouciance de l’adolescence à l’âge adulte.


Le rôle de maman qu’elle a joué pendant plusieurs mois, en nourrissant sa famille et en participant pleinement à l’éducation de ses frères a été pour elle une expérience inoubliable.
Elle sait depuis ce temps là, quelle peut gérer un foyer et éduquer convenablement des enfants.

Une bonne idée cadeaux pour les fêtes, pour le plaisir d'offrir:

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Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 9 & 10ème partie...

Publié le par Evy

 

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

EPISODES  9 et 10 (exceptionnellement)

Il y a des matins qui chantent, celui-ci promettait un requiem. 

La croisière festive et reposante allait prendre une tournure macabre, le navire devenant, peu à peu, une vaste morgue navigante. 

Le commandant avait été quémandé par une passagère à la recherche de son époux. Un steward l’avait amenée au bureau de ce dernier. 

— Calmez-vous, madame ! Que vous arrive-t-il ? 

— Je n’ai pas vu mon mari depuis le dîner. Il est sorti de table et depuis, plus rien.

Une corne de brume souffla dans l’esprit du chef de bord. Il allait connaître le nom du mort qui avait squatté son bureau. 

— Vous êtes madame ?

— Stanford. Mon mari est Jerry Stanford. C’est un ancien sergent des Marines. Retrouvez-le, supplia-t-elle. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. Il est parti avec une bouteille de vin, il m’a dit qu’il avait vu un ami et qu’il allait le saluer.

Roy tenta de rassurer sa passagère. 

— Il est peut-être endormi quelque part, on va le retrouver. Vous êtes dans quelle cabine, Madame ? 

— La 236, sur le pont Sud.

Il s’approcha d’elle et posa la main sur son épaule.

— Rentrez dans votre cabine, on vous appelle dès que l’on sait quelque chose. 

La femme acquiesça et sortit en silence. 

Sans attendre, le chef de bord bipa Halona et se rendit chez le médecin.

Il n’était pas encore sur place lorsque la jeune femme l’appela. Il lui signifia les nouvelles et la pria de le rejoindre chez le médecin, après avoir récupéré Scott.

Le jeune homme, les bras en croix sur son lit douillet, ne s’attendait pas à une surprise matinale. 

Halona, pourvue d’un passe général, pénétra dans la cabine et se jeta littéralement sur le policier. 

— Scott ! Scott ! Réveille-toi ! hurla-t-elle en le secouant.

Celui-ci sauta dans le lit comme pris d’une crise d’épilepsie soudaine. 

— Quoi !!!! cria-t-il. Ça va pas non ? Vous avez de drôles de manières ici ! Ils sont en option ces réveils ?

— Lève-toi, le commandant nous attend chez le toubib. 

— Quoi ? dit-il en plissant les yeux.

La connexion était visiblement hasardeuse. 

— Lève-toi, je te dis ! Fissa ! On sait qui est le second mort !

Le beau blond s’assit sur le lit et se gratta le crâne. Tout en bâillant, il demanda à la belle brune de bien vouloir se tourner. 

— Pourquoi ? 

— J’ai les joyeuses à l’air !! Tourne-toi, ch’uis à poils ! 

— Ah ça va ! J’ai déjà vu le film ! Allez, dépêche-toi !

La jeune femme dégagea le drap pour activer le saut du lit.

— Putain, mais tu me les gonfles, de bon matin ! râla le pudique.

— Elles n’en ont pourtant pas besoin ! rétorqua-t-elle, son regard malicieux parcourant un « trois pièces » parfaitement bien proportionné. 

Le jeune homme souffla sa lassitude et se leva pour aller prendre une douche rapide. 

— Je t’attends chez le toubib ! hurla l’espiègle, encore rêveuses et affichant un sourire qui ne la quittait pas. 

Ses pas la rapprochèrent de la bibliothèque devant laquelle elle passa sans s’arrêter. Il était encore tôt pour nourrir les neurones, personne n’y était encore allé s’instruire. Personne n’avait encore vu ce que la porte cachait si bien. 

Celle du cabinet médical était bien ouverte, elle. Les deux hommes discutaient de comment dire les choses à une femme en détresse. La présence d’Halona les rassura. 

— Nous connaissons le second mort ? questionna-t-elle en pénétrant dans la pièce blanche. 

— Oui, ce doit être Monsieur Stanford, son épouse est inquiète, elle ne l’a pas revu depuis le dîner d’hier soir. 

La jeune femme scruta la liste des passagers. 

— Lui et son épouse sont au pont Sud, cabine 236, précisa-t-elle.

Ses yeux grandirent à la lecture du document. 

— Commandant, ils étaient à la table voisine du premier mort.

 

 

ROUGE OCÉAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos : LH K-rine

EPISODE 10

Scott fit son entrée dans le cabinet médical, le cheveu fou et l’œil vif. 

— Ah t’es là toi ! se moqua Halona. Et joliment habillé, en plus ! 

— Ouais, je pète le style ! Pourquoi je suis là ? demanda-t-il. 

La jeune femme alla de ses explications.

Après une courte réflexion, Scott donna ses directives :

— OK ! On va commencer à mettre à part le nom des passagers des deux tables. Je vais chercher des empreintes sur le couteau.

— J’irai aux cuisines pour trouver de la farine, proposa Halona. 

— Ça marche. Commandant, il va falloir penser à informer les passagers.

— Jamais ! s’écria ce dernier. C’est pas le moment de créer la pani…

Son talkie-walkie se fit entendre. Un steward hurlait au bout des ondes : 

— Commandant !! Commandant !! C’est horrible ! Venez à la bibliothèque, vite !

Les quatre se précipitèrent comme un seul. Tous se doutaient de ce qu’annonçait cet appel, coutumiers depuis peu, de l’ambiance mortifère qui planait sur le beau vaisseau bleuté. 

Une femme vidait ses poumons de hurlements successifs, le steward tentait de la calmer, sans résultat. 

Scott pénétra le premier dans la bibliothèque. Il tourna vite les talons, retenant Halona.

— Non ! N’y va pas, c’est une boucherie, là-dedans !

Puis s’adressant au médecin, bon dernier de la course : 

— Doc ! Allez-y ! Je vous rejoins. 

Le commandant ressortit sitôt entré, courant vers les toilettes proches. 

— Laisse-moi entrer ! s’écria Halona. 

— Non chérie, c’est trop dégueu ! Occupe-toi de la femme, elle va nous piquer une crise de nerfs. 

La jeune femme n’insista pas. Scott put entrer à son tour, pour rejoindre le médecin. 

— Quelle belle journée, hein ? Doc ? Du rire, des jeux, j’adore cette croisière, pile poil dans mes cordes !

L’homme de science était plus blanc que la page d’un écrivain sans inspiration. 

— J’ai rarement vu un tel étalage de monstruosités, marmonna-t-il, sous le choc. 

— Vous n’aimeriez pas le Bronx ! se moqua Scott.

— Le pauvre type n’a pas eu le temps de se défendre. Ça n’a pas été difficile de le descendre. 

— Ouais, ce mec devait rayer la baignoire, il est taillé comme un bâton de sucette. 

Le médecin afficha un air d’incompréhension totale. Ses cours d’anglais se limitaient au langage courant, pas familier de la banlieue newyorkaise.

— Je vous demande pardon ? 

— Il est maigre ! Désolé, Doc, j’oubliais votre accent français, répondit le jeune new-yorkais en lançant un clin d’œil.

Il s’accroupit pour constater les dégâts et examiner la scène. Il ôta son tee-shirt pour récupérer l’arme, une clé à molette.

— Je doute de trouver une empreinte, mais on sait jamais, ajouta-t-il. 

Halona pénétra dans la pièce, horrifiée à son tour. 

— Scott, mon dieu, Scott ! lança-t-elle, au bord de l’évanouissement.

Il se retourna et vociféra pour lui épargner ce paysage peu ragoûtant. 

— Sors de là ! C’est pas ta place ! Occupe-toi de la femme !

Elle courut vers le couloir, en pleurs, croisant le commandant qui revenait à vide.

— Que lui avez-vous fait, bon sang ? s’enquit-il. 

— Il vaut mieux qu’elle ne voie pas ce carnage, non ? 

Le lieutenant s’était relevé, tenant l’objet lourd, dans son tee-shirt. 

— C’est quoi ? dit le patron.

— L’arme du crime, une clé à molette. 

Scott regardait l’arme et la bibliothèque qui les entouraient. Il analysa chaque élément de chaque meurtre et son visage blanchit soudain.

— Vous ne vous sentez pas bien lieutenant ? s’inquiéta Roy. 

Le jeune officier leva lentement sa tête et ses yeux bleus regardèrent le commandant, horrifiés. 

— Mais bon sang, qui a-t-il ? insista ce dernier.

— Ce fumier nous fait une partie de Cluedo. 

 

Marie-P. Nadal  Emoji
07 83 25 84 27
Perpignan







 

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" Rouge Océan Feuilleton " Marie-Pierre Nadal

Publié le par Evy

Chers amis,

Je vous donne rendez-vous, tous les vendredis, pour un feuilleton sur le groupe FaceBook « 66 infos libres » : ROUGE OCEAN

J’y dévoile un récit de mon cru, quasiment en direct. 3600 signes hebdomadaires pour vous faire frissonner et rêver devant le paysage océanique illustrant une croisière pas comme les autres, à la pointe du triangle des Bermudes.

Des meurtres vont être perpétrés, sans mobile apparent, sans aucun lien, et surtout, sans la moindre mansuétude.

Accompagnez-moi dans ce voyage si singulier, que vous n’en reviendrez pas !

Frissons garantis.

(Retrouvez-moi également sur ma page FaceBook dédiée à l’écriture : https://www.facebook.com/mpnadal/ ou Marie-P. NADAL-Auteure)

 

 

ROUGE OCEAN

Episode 1

Scott avait besoin de vacances. C’est avec le plus grand enthousiasme qu’il était prêt à embarquer sur l’ATLANTIS BLUE, gigantesque paquebot d’un blanc bleuté, qui s’étirait sur près de 350 m et culminait à plus de 60. Du sol, il semblait atteindre le ciel sans nuages.

Le jeune lieutenant de police new-yorkais n’en revenait pas. Se trouver à Miami pour le départ était déjà magique, mais embarquer pour une croisière d’une semaine était inespéré. Le cadeau que lui avait offert ses collègues pour ses trente-deux ans le laissait un peu dans les vaps. Il souriait, son nez retroussé en l’air, heureux comme un enfant qui découvre ses jouets un 25 décembre.

Les passagers défilaient devant lui qui était figé face au colosse flottant.

Cependant, une autre merveille s’approchait. La Directrice de croisière venait vers lui pour l’encourager à monter à bord. Elle descendait de la passerelle alors que le regard du new-yorkais se posait sur sa belle silhouette.

Il put ainsi se rendre compte que Pocahontas était bel et bien de ce monde. Ses yeux verts grandirent pour mieux apprécier cette jeune femme d’une trentaine d’années, brune hâlée aux cheveux caressant ses reins.

Ses yeux noirs accompagnaient un sourire pour le moins accueillant.

— N’ayez pas peur de monter, il n’y a aucun piège, dit la belle espiègle.

Elle tendit la main pour se présenter.

— Bonjour, je suis Halona Saint-James, la directrice de cette croisière. Vous êtes Monsieur ?

Le jeune homme reprit ses esprits et se présenta à son tour.

— Scott, je crois que je m’appelle Scott Cameron.

La jeune femme afficha un sourire plus accentué encore, à la limite du rire.

— Bien, Monsieur Cameron, je lis que vous venez de New-York, lieutenant de police, c’est exact ? Vous avez déjà parcouru un long chemin, dites-moi.

— Oui, et je compte bien profiter du plus intéressant. J’ai envie de me laver la tête de toutes les horreurs que je vois au quotidien.

— Je comprends. Eh bien, nous allons faire en sorte de vous distraire et vous détendre.

Elle le pria de la suivre. Ils s’engagèrent sur la passerelle comme on monte vers l’espoir de réjouissances festives.

Ils stoppèrent à son sommet, devant l’entrée du navire.

— Je m’arrête ici, annonça la belle indienne. Vous êtes sur le pont AZUR, au cinquième étage, cabine 508, dit-elle en regardant sa tablette. C’est à droite de l’ascenseur. Je vous souhaite une bonne croisière Monsieur Cameron.

— Merci, appelez-moi Scott, on sera peut-être amenés à se voir souvent, enfin j’espère, je veux dire, dans le cadre de votre travail, évidemment.

— Evidemment, reprit-elle, alors à bientôt !

Scott ne pouvait soutenir ce regard noir qui perçait son cœur si endurci par les affres de son métier. Il pénétra donc dans la ville sur mer.

Dès son entrée, la splendeur du lieu lui flanqua une gifle.

Devant lui, un hall démesuré et brillant de mille feux, où se croisaient des passagers aux bras chargées de valises et autres sacs, des uniformes bleu ciel signifiant que l’on avait affaire au personnel naviguant. Il y avait également des boutiques de toutes sortes, essentiellement pourvues en vêtements, bijoux et parfums pour tous les goûts. Les lumières projetaient leur clarté comme un sorcier jetterait des sorts de bonheur çà et là dans l’ambiance joyeuse.

Il se dirigea vers l’ascenseur que lui indiquait un panneau lumineux (lui aussi). Le lieutenant sortait du sombre de la vie new yorkaise pour plonger dans l’éclat du faste, l’esprit et les yeux déjà comblés de beautés diverses et variées.

Le mot splendeur avait été inventé pour qualifier le paquebot. Et il n’avait vu qu’une infime partie de l’endroit.

Toutefois, avant de se faufiler dans la cabine qui allait le mener à son étage, il eut un regard pour celle qui l’avait si gentiment reçu et qui se tenait, pour un quart d’heure encore, à l’accueil des retardataires. Il pensa que les bijoux n’étaient pas tous faits de matière inerte, l’éclat de la jeune indienne valait bien toutes les étoiles de la voute céleste. Que la vie était donc belle et surprenante !

Il respira profondément la joie d’être là et sourit à l’idée qui était une certitude, celle de vivre une semaine inoubliable.

Rien n’allait être plus vrai.

http://www.mariepnadal.fr/

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