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66 résultats pour “Jean-Louis Sanchez

Poème humoristique " ode à mon chou " de l'Auteur Jean-Louis Sanchez...

Publié le par Evy

ODE A MON …CHOU !!

 

 

Quand je t'ai acheté tu étais tout gamin,

Car tu tenais tout juste dans le creux de ma main.

 

Avec plein d'attentions je t'ai remis en terre,

Dans un lieu aéré, inondé de lumière.

 

Je t'ai biné, bêché, et beaucoup arrosé,

Pour que tu pousses bien et que tu sois au frais.

 

Et je t'ai protégé des féroces limaces,

Des très gros escargots, animaux très voraces.

 

Puis j'ai pulvérisé sur toi l'insecticide,

Afin d'éradiquer les mauvaises piérides.

 

Te voilà devenu un bonhomme joufflu.

Tu portes bien ton nom ! Tu te nommes capu !

 

Tes couleurs sont si douces et ta peau mordorée,

Tu es tellement beau que j'en suis honoré.

 

Ta chair est parfumée, délicate et légère,

Comme serait la joue d'une jolie bergère....

 

Tu finiras pour sur, en potée auvergnate,

Accompagné de lard et de dodues patates.

 

Quand je t'ai rencontré tu étais un gamin,

Te voilà devenu le roi de mon jardin !!

 

Jean-Louis Sanchez

 

Idée cadeau pour les fêtes

Envie de le lire : à commander directement chez l'auteur (lien ci-dessous). laissez vos coordonnées par mail et votre adresse. En retour je vous donne la mienne pour le règlement ....+ frais d'envoi

jls.sanchez@wanadoo.fr

Grand un Choix de livres de l'Auteur dédicacé lien ci-dessous

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/search/Jean-Louis%20Sanchez/

 

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Au Fil De L'Aude Des Mots organise le : Salon du livre à Espéraza le 11 & 12 décembre

Publié le par Evy

Au Fil De L'Aude Des Mots organise le :
Salon du livre à Espéraza le 11 & 12 décembre
de nombreux Auteurs et Auteures
Pour faire vivre la Littérature Régionale. Française sur d’autres pays, fictions, Romanciers, Poètes, Auteurs de Théâtre, Terroir et Traditions, Patrimoine, Histoire, Jeunesse, Évènements...
Venez nombreux

Liste des Auteurs & Auteures au Salon

--- Kiess Georges

--- Barcelone Catherine

--- Salerno Patrice

--- Sorgesa Alibert Sylvie

--- Champagneur Bernard

--- Campuouët Pierre-Jean

--- Cazeaux Bernard

--- Savarit Fabienne

--- Péllisier Mouillet Marion

--- Ortéga Béatrice

--- Tournié Jean-Yves

--- Nadal Marie-Pierre

--- Baylet Gérad

--- Bonnafos Laetitia

--- Mondange Robert

--- Genique Evelyne

--- Sanchez Jean-Louis

--- Rodriguez Angel

--- Pitat Catherine

--- Temple Jean-Pierre

--- Balbastre Marie-André

--- Savelli André

--- Savalli Odile

---Bernard Villa Nicole

--- Brochard Alissa

--- Delmon Françoise

--- Castan Rémy

--- Lizon Jeanne-Rose

Publié dans Salon du livre

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Idée cadeaux pour les fêtes de fin d'année, un anniversaire,ou simplement pour le plaisir d'offrir

Publié le par Evy

Idée cadeaux pour les fêtes de fin d'année, un anniversaire,ou simplement pour le plaisir d'offrir

Pour les fêtes de fin d'année, un anniversaire, ou bien simplement le plaisir d'offrir...

Découvrez notre sélection de livres :

                                             : Littérature régionale, Patrimoine

                                             : Auteurs de Fictions

                                             : Auteur de théâtre

                                             : Romanciers, Poètes

                                             : Histoire, Jeunesse

A mettre au pied du sapin.

Pour les soirées au coin du feu

Personnalisé, dédicacé...

Cliquez sur les liens en rouge des Auteurs pour découvrir leurs livres

L'Auteur Robert Mondange :

 http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/search/Robert%20Mondange/

L'Auteur Bernard Cazeaux:

 http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/search/bernard%20cazeaux/

L'Auteure Sylvette Faisantier:

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/sylvette%20faisantier/

L'Auteur Jean-Louis Sanchez

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/jean-louis%20sanchez/

L'Auteure Sylvies Alibert Sorgesa

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/sylvie%20alibert-sorgesa/

Catherine Barcelonne

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/catherine%20barcelonne/

Cathou Quivy

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/cathou%20quivy/

Gerard Baylet

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/cathou%20quivy/

Marie-Paule Nadal

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André Pages

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Association Plumes de Mémoire

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Elisabeth Valéry

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Isabelle Shahmiriam

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/isabelle%20shahmirian/

Jean-Paule Alandry

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Marie Ade

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Marie-Andrée Ballastre

http://auteurs-d-occitanie.over-blog.com/tag/marie%20ade/

Patrice Salerno

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Pierre Giner Kouzmin

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Tatiana Kletzky Pradere

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Evelyne Genique

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Thérèse Cau

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Brigitte Farines

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L'Auteur Jean-Louis Sanchez...Jean-

Publié le par Evy

L'Auteur Jean-Louis Sanchez...Jean-

LE SANGLIER DE PHILEMON

 

Aux chasseurs de la famille......

Un cers glacé chargé de la fraîcheur des crêtes pyrénéennes, du Canigou au Saint Barthélémy, courait dans les ruelles de Véraza charmant petit village de la Haute Vallée de l’Aude situé en dessus d’Alet Les Bains, dont les habitants sont réputés pour leur générosité et leur sens de l’hospitalité.

Après avoir traversé le barri  (quartier) d’en haut, le vent arriva sur la placette du village et s’amusa à décrocher quelques feuilles jaune pâle, marbrées de rouille, d’un platane centenaire qui virevoltèrent lentement et vinrent se poser doucement sur l’asphalte. Continuant sa progression la bise s’attaqua à un groupe de chasseurs et s’immisça sous leurs manteaux en les faisant frissonner.

Philémon semblait insensible à cette fraîcheur matinale et se disputait avec le capitaine:

- Cela fait plus de trois ans que vous évitez de me poster au « pas du loup »! Aujourd’hui, je ne me laisserai pas faire et j’irai coûte que coûte!

Le capitaine, un ancien du maquis de Picaussel qui avait baroudé en Indochine, n’était pas habitué à voir son autorité ainsi mise en cause et marmonnait dans sa barbe. Toutefois, il convint intérieurement que la requête de Philémon était fondée et qu’il se devait de réparer une injustice.

- D’accord Philémon, tu iras au « pas du loup ». Jean et Noël, vous l’accompagnerez et vous prendrez les deux postes situés en dessus.

Philémon exultait. On le prenait souvent pour un imbécile mais, en se rebellant, il leur avait montré, à tous ces tartarins d’opérette, ce dont il était capable. Il était tellement euphorique, qu’il n’eut aucune peine à suivre ses deux jeunes compagnons de chasse malgré la charge de son sac à dos et la dureté des raidillons à gravir.

Il atteignit rapidement le poste convoité, et il dut quitter avec regrets ses accompagnateurs. Lorsqu’ils se séparèrent, Noël le plus espiègle des deux lui lança:

- J’espère que tu n’as pas pris une gourde trop pleine!

Philémon ne répondit pas à cette discourtoise insinuation et toisa son interlocuteur avec mépris d’un air qui signifiait: « Toi le morveux occupe toi de tes affaires! ».

Pendant que les deux jeunes gens continuaient leur ascension, Philémon s’installa précautionneusement derrière un gros buis ventru de l’extérieur et creusé de l’intérieur. Les chasseurs l’avaient si souvent piétiné qu’il s’était adapté, par tropisme, aux formes du corps humain.

Le pas du loup! Le plus beau poste de la région, situé à un carrefour stratégique où se croisaient deux chemins très fréquentés. De là, on supervisait toute la chasse et l’on était réceptif au moindre bruit qui émanait de la vallée.

Philémon chargea son Darne de deux balles, puis, il épaula visant un point du croisement. C’était ici, pour sûr, que l’Honoré avait réussi son doublé sur deux sangliers de plus de cinquante kilos! Il abaissa son arme, avisant un petit  furol  (passage à gibier) il épaula à nouveau en s’interrogeant. Et si c’était là que la grosse laie de près d’un quintal avait échappée au Baptistou? Il recommença la manoeuvre un nombre incalculable de fois, enfin, il se jugea fin prêt. Le sanglier pouvait déboucher d’où il voulait, il aurait de toute façon affaire à lui!

Pour se rasséréner, il entrouvrit son sac à dos, se saisit de sa gourde et but  à galet (à la régalade) une grande rasade de vin rosé qui lui réchauffa le coeur.

Le vent avait tourné brutalement comme cela arrive si souvent dans ces contreforts occitans. Un marin tiède et gras, porteur des senteurs de thym, de romarin, de lavande, de fenouil sauvage de la garrigue des Corbières voisines, succédait au vent du nord.

Philémon huma l’air goulûment en s’imprégnant de tout son être de cette douceur méditerranéenne et, par crainte de se déshydrater, il but longuement une deuxième rasade de l’élixir si délicatement parfumé.

Il écouta quelques instants espérant entendre le lancer des chiens, mais, pas un bruit susceptible de troubler sa paisible quiétude ne montait de la vallée. Alors, il se saisit à nouveau de son fusil et mit en joue des sangliers imaginaires. Jean qui était placé juste au-dessus de lui, l’observait avec stupeur et le voyait tantôt épauler son arme, tantôt lever sa gourde face au soleil levant...

Il était maintenant près de onze heures du matin; l’astre avait presque achevé sa courbe ascensionnelle et dardait ses rayons sur Philémon qui, à force de se désaltérer, voyait son appétit grandir. Il décida donc d’ouvrir la  saquette (contenu de la musette) que son épouse, la douce Clarisse, avait confectionnée avec amour. Il déplia son Laguiole et se mit à taster (goûter) le tripoux, ce boudin noir fait maison qui embaumait les plantes aromatiques et qui se mariait à la perfection avec le rosé fruité. Puis il goûta un morceau de  cambajou (jambon), une relique du dernier cochon saigné la saison dernière qui s’était bonifié en vieillissant. Enfin, il attaqua avec gourmandise la fromette, cette tome de vache mitonnée patiemment par son épouse et qui fleurait bon le lait fermier.

Il accompagna sa dernière bouchée d’une nouvelle gorgée de breuvage qui embrasa ses papilles. Tout en refermant son couteau, il laissa sa langue s’égarer, de manière gourmande, vers les encoignures de ses lèvres, afin de recueillir une dernière goutte du précieux liquide.

Il était bien le Philémon!

Le soleil était maintenant à son apogée et l’entourait d’une sorte de cocon moelleux. Le marin soufflait sur son visage un air iodé, doux et apaisant....

Il était bien le Philémon!

Il s’allongea, positionnant sa tête à l’ombre ténue d’un argelats (ajonc) qui se parait de tardives fleurs d’or, pour éviter toute insolation et il se détendit lentement. Alors, tout doucement, il franchit la frontière. Frontière entre le temporel et l’intemporel; le réel et le virtuel .....

Il n’était plus dans cette somptueuse forêt de châtaigniers dont le soleil automnal mettait en exergue les ocres, les pourpres ou les bruns prononcés. Il ne sentait plus l’odeur âcre de l’humus du sol, ni celle plus épicée des mycéliums de cèpes ou de girolles. Il ne percevait plus les jacassements des  agasses  qui se querellaient sans cesse pour la possession d’un hypothétique territoire.

Il était là-bas, près de la grande bleue, dans ces pinèdes du massif de La Clape, bercé par le chant de milliers de cigales et cigalons. Il respirait à plein nez l’odeur de la résine qui se mêlait aux senteurs de l’étang de l’Ayrolles tout proche, formant un mélange capiteux. Les teintes rubis des plumages des flamants avaient remplacé le bleu roi de la parure des geais....

Il était bien le Philémon!

Il n’entendit pas Clairon, un vieux limier au corps couvert de cicatrices, lancer un énorme solitaire au fond de la vallée. Il ne perçut pas plus la symphonie de la meute d’où émergeaient les graves et les aigus, monter crescendo vers le pas du loup. Il fut indifférent aux cris de détresse des merles et au bruit des broussailles qui gémissaient sous la charge du cochon sauvage.

Il était bien le Philémon!

Ce fut le grelot de Finette, une petite beagle qui avait pris du retard sur le reste de la meute qui le sortit de sa torpeur. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il vit Jean qui le dévisageait, hilare, tandis que Noël tenait dans les mains sa gourde flasque ou perlait une larme vermeil de vin rosé.....

 

 

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Extrait de l'ouvrage « la vallée du bonheur » Jean-Louis Sanchez

Publié le par Evy

Une histoire bio 
 

Pierre et Paul naquirent au cœur de notre belle cité templière pratiquement le même jour de la même année. En sus de leurs prénoms d’apôtre, ils se ressemblaient énormément. D’une corpulence et d’une intelligence identiques, ils avaient usé leurs culottes sur les bancs de la communale, pratiqué ensemble tous les jeux des gamins de leur âge et, plus tard, courtisé les mêmes filles... 

Pourtant, très tôt, il fallut se rendre à l’évidence, ils possédaient un trait de caractère qui les différenciait totalement. Pierre était un gros travailleur ! Levé tous les matins avant l’aube et couché bien après le soleil, il œuvrait tous les jours avec opiniâtreté et persévérance. Jamais il ne semblait las. Pire ! Il avait la passion de son ouvrage. Tel le savetier de La Fontaine il sifflotait tout en semant, taillant ou labourant…. 

 

Lorsque l’un des malheurs, si fréquents dans le monde agricole survenait, il affrontait l’adversité avec courage, sans se départir de son éternel sourire disant à qui voudrait l’entendre “qu’après la pluie vient toujours le beau temps”. 

 

Son jardin semblait inspiré par Lenôtre tant les formes y étaient harmonieuses ; les couleurs chatoyantes s’y entremêlaient à souhait pour former des arcs-en-ciel végétaux. Le rouge provenait des arbres à fruits : cerisiers ou graciles groseilliers, de quelques touffes de géraniums, il s’étalait sur les sauges, les tomates ou sur les feuilles de vigne à l’orée de l’hiver. Les citrouilles rebondies et de taille respectable apportaient une touche orangée complétée durant la saison par l’éclat de petits plans de soucis disséminés sur toute la parcelle. Le violet naissait au cœur des giroflées ou des tulipes, il se répandait sur les dodues aubergines, et, vers la fin de l’été, il colorait les ceps de vigne afin de rendre Bacchus impatient... Le rose s’évadait, pétale par pétale, des fleurs portant son nom en répandant autour de lui des senteurs sucrées. Il venait parfois taquiner les framboises ou les fraises en annonçant les prémices de l’été. Les tournesols, les blés, les chaumes ou... les genêts, faisaient valser sur la planète l’or déversé à profusion par l’astre incandescent. Le bleu du ciel et de l’onde se mirait dans les myrtilles, la dentelle des myosotis ou l’âme des pensées. Le vert s’appropriait la quasitotalité de l’espace, du tendre des jeunes pousses à celui plus prononcé des courgettes ou des joufflues salades...

 

Lorsque le moment des récoltes venait et qu’il fallait moissonner les blonds épis, ou couper les lourdes grappes gorgées de nectar parfumé, Pierre éprouvait le bonheur simple de ceux qui connaissent la valeur des choses de la terre. Il se satisfaisait amplement de la générosité de la nature et se montrait insensible aux mesquineries des villageois. Il ne s’accordait qu’une journée de repos par semaine le dimanche, jour du seigneur, qu’il passait en compagnie de sa famille et de ses nombreux amis et encore, profitait-il de cette trêve hebdomadaire pour établir le planning de ses futures activités... 

 

Paul était à l’opposé de son ami d’enfance. La Catinou, l’aurait sûrement affublé du sobriquet de balen manquat !  (vaillant manqué!) Il avait pourtant fait d’énormes efforts. Il s’embaucha aux PTT à Paris, trompé par les publicités mensongères de l’administration qui omettent de préciser qu’après une rue, il y toujours... une autre rue, ce qui rend la distribution du courrier harassante, d’autant, que lorsqu’on a achevé une tournée il faut impérativement recommencer le lendemain ! Cette vie parisienne ruina son métabolisme et le contraignit à démissionner après quatre mois d’activité intense. Son père essaya alors de le traîner dans les blanquetières mais le calvaire parisien recommença : après la première rangée de vigne, il y a toujours une autre rangée de vigne... Il testa par la suite d’autres métiers réputés moins pénibles comme standardiste dans une clinique ou veilleur de nuit mais ce fut peine perdue. Un jour, il dut se rendre à l’évidence, il était atteint de la maladie incurable qui ravage les comptes de la sécurité sociale : l’allergie au travail ! Il abandonna alors toute velléité de résistance et se résigna totalement. Puisqu’il était né ainsi, que pouvait-il faire contre la génétique ? Son quotidien fut alors immuable. Levé très tard il passait la matinée à décortiquer scrupuleusement le journal dans le bistrot du village. Il se révélait ainsi l’un des habitants les plus avisés de l’actualité locale ou internationale. Il n’hésitait pas d’ailleurs à informer bénévolement, en homme serviable et dévoué, ses congénères des toutes dernières nouveautés. Ensuite, il tuait la matinée autour d’un tapis de carte ou sur le terrain de pétanque. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à utiliser l’aimant pour ramasser les boules... L’après-midi, après une sieste bienheureuse, il reprenait les parties interrompues en fin de matinée. Parfois il déambulait en bordure de la belle Aude pour taquiner dame truite, mais la pêche qu’il pratiquait n’était pas des plus sportives. Il dédaignait le “toc” ou le “fouet” et se contentait de pêcher “à fond” et à attendre, en rêvassant, la touche prometteuse qui agiterait le bout de son sillon... Ses journées passaient de manière quasi immuable et rien ne semblait devoir bouleverser ce bel ordonnancement. Il détenait toutefois une vision aiguë du travail et ne rechignait jamais à donner de bons conseils... aux autres. Il ne pouvait bien sûr jamais les mettre lui-même en pratique, du fait de son allergie chronique et dévastatrice, ce qui le désolait sincèrement. 

 

Un jour pourtant, Paul se rendit chez Pierre, la mine décomposée et l’air terriblement préoccupé : – Pierre, tu dois absolument me rendre service, il faut que tu me prêtes un bigos  (pioche à deux branches utilisé dans le midi pour le ramassage des pommes de terre)!  Son ami le dévisagea d’un air éberlué et incrédule. Un bigos ! L’instrument de torture des fainéants ! Il n’en croyait pas ses oreilles. Il s’empressa de dépanner son ami et lui présenta sa collection d’outils précautionneusement alignés, du plus petit au plus grand, sur une poutre de son établi. Leurs dents brillantes et affûtées à l’extrême semblaient dévisager les deux protagonistes. Sans hésiter, Paul désigna le plus gros de la série, un engin de plus de dix livres, aux pointes terrifiantes. Ce choix désarçonna encore plus Pierre qui lui proposa d’effectuer la tâche à sa place, inquiet de la tournure que prenaient les événements. Mais son ami refusa catégoriquement et partit son instrument sur l’épaule, le dos voûté, le visage décomposé... 

 

Soixante-douze heures plus tard, Paul était de retour, mais il arborait cette fois un large sourire. – Je viens te rendre ton bigos. Sans toi, j’étais perdu, je crois bien que tu m’as sauvé la vie ! Pierre ne savait que répondre et l’interrogeait du regard. Son ami continua : – Voilà, comme tu l’as sans doute constaté, l’autre jour j’étais malade, j’avais attrapé une grippe carabinée. Pour me  soigner, j’ai utilisé une médecine douce. J’ai posé ton outil sur la tablette de nuit bien en face de moi. La nuit, lorsque je me réveillais frissonnant de fièvre, je voyais ces deux pointes qui luisaient et me regardaient fixement. Alors, transi d’angoisse, je suais, je suais… Je fus ainsi rapidement débarrassé de mes microbes et, grâce à toi, je suis totalement guéri en un temps record ! ! 

 

Croyez-le si vous voulez mais Pierre resta totalement estabousi (éberlué) et, ce fut sans doute, l’une des rares fois, dans l’histoire de l’humanité, où un fainéant se servit d’un outil pour impressionner un honnête travailleur, jardinier de surcroît .


 

Extrait de l'ouvrage « la vallée du bonheur »

 

Pour acquérir ses livres le contacter à l'adresse mail suivante: 

 jls.sanchez@wanadoo.fr ou au 06 71 90 34 09.

jean-louis sanchez - Auteurs Occitans & Catalans (over-blog.com)

 

Publié dans Extrait du Roman

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Une nouvelle " Un Pastisopathe " Jean-Louis Sanchez..

Publié le par Evy

Une nouvelle " Un Pastisopathe "  Jean-Louis Sanchez..

 

Un Pastisopathe

 

A Jep bien sûr et à sa tendre épouse, ainsi qu’à notre ami commun Robert qui aurait tant aimé lire cette nouvelle.

 

En apparence, Jep (diminutif de Joseph en Catalan) avait tout d’un être normal en dépit d’un arbre généalogique chargé. Si nous évoquons ses ascendants, c’est parce qu’il se targuait d’être petit-fils de curé et fils de communiste! Le fait est que ses ancêtres étaient d’authentiques catalans qui lui avaient légué un accent rocailleux au formidable roulement du R.

Ses origines n’avaient point nui au personnage puisqu’il avait hérité de son père un grand humanisme ainsi que des idées très progressistes et de son aïeul, une immense ferveur qu’il mettait dans l’accomplissement de tous ses actes, y compris les plus communs.

Grâce à cet apport ancestral, il était entré dans l’administration où il avait réussi un parcours professionnel parfait, entièrement basé sur un travail acharné, malgré un environnement difficile qui faisait que la servilité était souvent privilégiée aux dépens de la compétence... 

Ce fut vers le milieu de sa vie, alors qu’il était déjà un honorable père de famille, que se produisit la rencontre qui devait bouleverser son existence. Cet événement eut lieu sur la place d’un petit village catalan, inondée d’un franc soleil estival, le jour de la fête locale et au rythme enjoué de la sardane. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Jep n’avait  jamais goutté au pastis, breuvage méridional par excellence qui fait depuis plus d’un siècle le bonheur des habitants du sud de la Loire. 

Fonctionnaire consciencieux, tenu au devoir de réserve, il s’était jusqu’à présent contenté d’apprécier les formidables vins du terroir catalan: les côtes du Roussillon et les vins liquoreux  consommés à l’apéritif et qui ont pour noms Maury, Rivesaltes ou Banyuls. Ce jour-là, arguant de l’extrême chaleur et prétextant des vertus hydratantes de la boisson, notre homme se hasarda à commander, sous le regard désapprobateur de son épouse, un verre de pastis.

Ce premier contact envers cette boisson provoqua sur le personnage un choc émotionnel d’une extraordinaire densité qu’un vulgaire petit chroniqueur de province ne saurait décrire (et un chroniqueur parisien.... encore moins!). Toujours est-il que sur la place se produisit un coup de foudre et ce fut le début d’une intense histoire d’amour. Notre homme ne tarda pas à renouveler cette expérience bouleversante et très vite, il rattrapa son retard dans le domaine de l’étude du pastis. Il apprit à connaître les différentes marques: le goût de réglisse du Ricard, la légère amertume du Duval ou le vert prononcé du Pernod. Tel un professionnel, il voulut approfondir encore plus son savoir, et, pour cela, il fit un pèlerinage en   Provence où il découvrit des marques peu connues comme le Janot ou plus artisanales encore qui exaltaient toutes le soleil méridional.

Il prit son temps, un temps considérable et un jour il prononça un verdict longuement réfléchi. Il ne fit pas comme les juges modernes qui rendent quinze jugements dans la même journée. Il pesa le pour et le contre, contrôla la régularité des dosages, essaya de décrypter le parfum idéal, puis, il fit son choix: son pastis préféré, c’était le 51. A coup sûr, l’équilibre de tous les ingrédients s’harmonisait à la perfection pour former, sous les papilles une symphonie « pastissale ». Cette sentence délicate rendue, il décida de s’y conformer jusqu’à la fin de sa vie et d’y faire le moins d’entorses possibles (sauf cas de force majeure!).

La pénible décision assumée, commença alors pour lui une période de réel bonheur, consommée, bien sûr, avec modération. Il fallait être un de ses plus fidèles amis pour deviner l’émotion qui l’étreignait à la vue des premiers frémissements du breuvage. Il versait son eau parcimonieusement et contemplait avec béatitude le  léger trouble qui envahissait le fond de son verre. Parfois,  parodiant les évangiles qui prétendent que Dieu est amour, il n’hésitait pas à affirmer: Dieu est anis! D’autres fois, il avait la sensation de voir la vierge apparaître au fond de son verre.

Il ne supportait pas la goujaterie! Le manque de respect des  buveurs qui engloutissent leur breuvage d’un trait, sans la moindre trace de tendresse, l’horripilait. Il leur jetait des regards hostiles tout en s’imprégnant des senteurs les plus subtiles de la boisson, de la farigoule au fenouil, de la réglisse à l’anis étoilé...

Cette ferveur inconsidérée, héritée sans doute de son aïeul, faillit lui jouer un mauvais tour vers la fin de sa carrière. Il avait un contentieux sérieux avec un de ses puissants supérieurs hiérarchiques et les locaux administratifs résonnaient de son timbre puissant lors des différentes algarades qui l’opposaient à ce sévère personnage peu enclin à l’humour. Un jour qu’il était invité au pot de départ à la retraite d’un de ses collègues de travail, il fut pris d’une faiblesse coupable. Etait-ce la surcharge de travail? La nostalgie de devoir quitter un proche que l’on a longtemps connu auprès de soi? Ou un moment d’égarement dont les fonctionnaires - même les plus respectables - peuvent parfois être victimes? Toujours est-il que l’ami Jep rendit un hommage un peu trop appuyé à la bouteille de 51 qui était proche de lui. Or, les boissons anisées ont un important pouvoir diurétique qui obligea notre grand buveur à aller se soulager plusieurs fois. Mais celui-ci dédaigna les toilettes qui étaient à sa portée pour uriner abondamment sur la moquette du supérieur honni. Cette action, pour le moins incongrue, ne tira fort heureusement pas à conséquence car l’administration n’avait pas les moyens budgétaires nécessaires, carbone 14 ou tests génétiques, à l’identification du coupable.....

Ce fut à l’heure de la retraite sonnée que se produisit la révélation! Comme tous les sexagénaires, Jep avait d’importants problèmes avec ses articulations liés à l’arthrose ou aux rhumatismes. Ce jour-là, il sortait totalement déprimé d’une consultation auprès d’un éminent spécialiste qui venait de lui conseiller une opération urgente de son épaule totalement bloquée au point qu’il ne pouvait bouger son bras. Aussi, décida-t-il, pour se réconforter, d’assister à une petite sauterie organisée par la commune où il résidait. Après avoir consommé son troisième pastis qui l’avait rendu plus gai, il se présenta sur la piste de danse. L’orchestre entreprit un des anciens succès du célèbre Johnny Hallyday «souvenirs, souvenirs». Au bout de quelques minutes, Jep fut pris de sautillements et se surprit à taper dans ses mains en entonnant en catalan:

 

Si no vols treballar          Si tu ne veux pas travailler

Fes-te soldat o capellà       Fais toi soldat ou bien curé

 

I traparas res de tan bo      Et tu ne trouveras rien d’aussi bon       

El pastis del Rossello.       Que le pastis du Roussillon.

 

 Il se tourna vers son épouse qui lui fit remarquer sa guérison miraculeuse. 

 

Quelqu’un de normal se serait sûrement arrêté là mais Jep crut dur comme fer avoir découvert une nouvelle médecine douce. Après les homéopathes, les ostéopathes, il se baptisa pastisopathe et, en homme très généreux, il décida de se mettre au service de l’humanité toute entière. Malheureusement, il dut vite déchanter car son invention n’eut d’effets que sur lui. Les autres humains, moins respectueux que lui envers le quasi-divin breuvage, ne pouvaient bénéficier de ses bienfaits. Car, la pastisopathie est une science délicate, n’apportant le bonheur qu’à ceux qui le méritent.

 

Vexé par cet échec, l’ami Jep s’est retiré en Cerdagne catalane, tout près de l’Andorre, gros fournisseur de matière première, où il coule une retraite heureuse en profitant tout seul des vertus de sa découverte scientifique. 

 

 N B: L’auteur et l’imprimeur tiennent à préciser que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et que les boisons anisées, quelles que soient leurs marques, doivent être consommées avec modération!

 

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Extrait de l'ouvrage: " la vallée du bonheur " de l'Auteur Jean-Louis Sanchez ..Idée cadeau pour les fêtes...

Publié le par Evy

 Extrait de l'ouvrage: " la vallée du bonheur " de l'Auteur Jean-Louis Sanchez ..Idée cadeau pour les fêtes...

(Extrait de son ouvrage: la vallée du bonheur)

 

Le Blanquetaïre

 

    Une douleur lancinante le tenaillait depuis plus de deux heures. Sa poitrine semblait prise dans un étau et sa cage thoracique explosait. Il se leva lentement, en faisant bien attention à ne pas réveiller son épouse qui sommeillait paisiblement à ses côtés et s'habilla à tâtons, profitant des lueurs de la pleine lune qui parvenaient à s'infiltrer à travers les volets mi-clos.

    Il ouvrit délicatement la porte et sortit. Le ciel était constellé d'étoiles que les frimas de cette fin d'hiver faisaient scintiller intensément. L'air frais et pur de la nuit le saisit et le réconforta. Il respira goulûment; la souffrance lui parut moins forte et il entreprit de gravir la légère côte qui le mènerait à la cave.

    C'est sûr, il aurait peut-être du consulter le docteur, d'autant qu'il n'en était pas à sa première alerte, mais à quoi bon! Durant toute son existence il n'avait visité un médecin qu'à deux reprises. Lorsqu'il s'était brisé le poignet en glissant du sommet d'une cuve et lorsqu'il avait contracté un "virus" le tenant alité pendant une semaine. Un virus! C'est ainsi qu'on nommait sans doute les maladies inconnues impossibles à diagnostiquer...

    Ce qui l'importait, c'était d'atteindre son but et il entreprit sa marche, frissonnant de froid, sous la clarté bienveillante de la voûte céleste. Il dut marquer plusieurs pauses, le souffle court, les jambes molles, mais il atteignit, à force de pugnacité, l'objectif recherché. Il fit tourner la clef dans l'épais portail en chêne qui s'ouvrit dans un grincement lugubre puis resta sur le seuil, humant l'odeur familière mêlée de marc de raisin, de souffre et de bisulfite. Il régnait dans la pièce un grand silence perturbé par le bruit d'une goutte d'eau qui sourdait dans un endroit inaccessible et résonnait inlassablement. Tic! Toc! Tic! Toc!

  Il sourit, constatant que malgré tous les efforts entrepris pour assainir son lieu de travail, il n'avait pu parvenir à neutraliser cette intruse qui s'était faufilée dans des interstices inexplorables...

    La vue de ces lieux familiers le rasséréna. Il fit quelques pas vers le quai de déchargement. Il lui semblait entendre les jurons des hommes tirant leurs mules fermement par le harnais, le bruit des sabots et des roues de charrettes en route vers cet endroit. Il revoyait les gestes des viticulteurs basculant les comportes d'un grand coup de reins, les grappes de cépage blanc, Mauzac, Chenin ou Chardonnay tombant dans le pressoir pour être broyées et donner leurs précieux breuvages, le visage angoissé des hommes qui attendaient les verdicts de la pesée, du mustimètre et du réfractomètre. Dans un instant ils connaîtraient le résultat d'une année de travail: le poids de la récolte ainsi que son degré alcoolique qui assureraient leurs revenus de l'année à venir.

    Il s'adossa contre un mur, porta sa main conte la poitrine pour se soulager un peu et fit l'inventaire de sa cave. Il recensa en un clin d’œil, les muids, les demi-muids, les barricots, le pressoir et la chaîne de mise en bouteille dont les tétons de cuivre rutilaient, les très nombreux filtres qui permettraient au breuvage d'atteindre une limpidité absolue. Au fond de la cave, précautionneusement alignées sur une cinquantaine de mètres reposaient cul par-dessus tête les bouteilles de la récolte précédentes auxquelles il conviendrait, de temps à  autre, d'effectuer de petites rotations pour concentrer les dépôts vers les goulots. Tout était en ordre.... Qui aurait pu imaginer les privations endurées pour financer un tel ordonnancement, les heures de travail pour tout régler de façon quasi parfaite, la quête permanente de nouvelles techniques pour améliorer la qualité du produit ainsi que le rendement de l'entreprise?

    Un nouveau spasme l'ébranla, il parvint difficilement à se hisser sur un promontoire, reposant sa tête contre la paroi en béton armée d'une des plus anciennes cuves. Il ferma les yeux, se revit, lui l'Espagnol, arrivant en France âgé d'une vingtaine d'années, sa légère valise sous les bras, devant affronter la barrière de la langue. Rapidement il avait pris contact avec cette terre du pays d'Oc délaissée par ses fils ingrats et si avenante pour l'étranger. Il avait dû tout apprendre de cette viticulture étrange et difficile,l'entretien des vignes avec le déchausselage au printemps, la taille en gobelet en hiver, le palissage des rameaux en été ou les vendanges à l'automne. Cette terre si tolérante à son égard et ignorante du racisme et de l'hypocrisie des hommes, il l'avait vénérée et tenté de l'apprivoiser plus que de la posséder. Ensuite, il s'était attelé à la fabrication de la blanquette s'appuyant sur les conseils des anciens et essayant sans cesse de faire évoluer les techniques, d'apporter aux méthodes basiques de production la fantaisie de ses origines latines.

    Combien d'années de labeur le séparaient de la date de son arrivée? Il n'osait se le remémorer. Il avait même omis de faire valoir ses droits à la retraite tant sa passion avait été grande. Lorsqu'il avait acquis sa première vigne, le vendeur lui avait dit:

  • Aquela vinha pichon te la cal pas vendre, te portara bonur!

    (Cette vigne, petit, il ne te faut pas la vendre, elle te portera bonheur!)

    Il ne l'avait jamais vendue et la prophétie de l'ancien s'était réalisée. Du bonheur devant les choses simples de la nature, il en avait éprouvé énormément et il lui revenaient de fugaces souvenirs. Le spectacle des graciles bourgeons bourrés de sève, prêts aussitôt à affronter le gel et les intempéries ou les maladies quotidiennes le fascinait. Tout comme le passionnaient les premières dégustations de vin bourrut – ce vin primeur mal dégrossi comme un adolescent en pleine croissance - qu'il effectuait quasi religieusement avec ses proches, dans des moments uniques de convivialité, en recherchant ses tanins, son caractère ou ses éventuelles faiblesses...

    Son souffle devenait de plus en plus court, il avait peine à respirer, la vie semblait l'abandonner, cette vie dont il avait joui pleinement et qu'il avait consacré lui Joseph, le blanquetaîre à la mise en valeur de la terre. Il ne regrettait rien, Emile Zola n'avait il point écrit " qu'il suffit à l'honnête homme d'avoir passé en ayant fait son œuvre". Cette œuvre il l'avait parachevé en transmettant à son fils sa dévorante passion.

    Comme Molière, foudroyé en plein spectacle, il n'éprouvait aucune appréhension à rejoindre l'au-delà entouré de ses éléments familiers. Alors, il ferma doucement les yeux et s'abandonna dans les bras de la grande faucheuse.

    Affolé par la disparition de son mari, la mère très tôt alerta son fils. Celui-ci n'hésita pas et se rendit à grandes enjambées vers la cave. Il découvrit avec horreur son père lové contre la cuve,le visage apaisé, esquissant un sourire bienheureux.

    Il était parti rejoindre Bacchus, bien disposé à devenir son bras droit et à lui transmettre ses secrets de fabrication, ainsi, qu'à faire exploser dans toutes les planètes de l'univers et les galaxies, des millions de bulles de blanquette...

 

    (Extrait de son ouvrage: la vallée du bonheur)

Idée cadeau pour les fêtes ou pour le plaisir dédicacé

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"la mort du blanquetaire" extrait du livre "La vallée du bonheur" Jean-Louis Sanchez

Publié le par Evy

Le péché de gourmandise

 

A André, grand maître de la confrérie du foie gras à Mazéres ancien adhérent des auteurs d'Occitanie et aujourd'hui disparu ….

 

Lorsqu’il se présenta aux portes du paradis, l’Augustou n’en menait pas large, d’autant qu’à quelques mètres de là crépitaient les flammes de l’enfer et qu’une forte odeur de roussi venait effleurer ses narines.

 

Saint Pierre l’attendait sur le perron du purgatoire et arborait un air avenant:

 

- Bonjour manhac (gentil garçon), as tu fait un bon voyage?

 

- Très bon seigneur, mais ....... vous parlez patois?

 

- Mais oui, pitchon notre religion rayonne sur toute la planète et je suis obligé de connaître toutes les langues de mes paroissiens. Je parle usuellement le Russe, les dialectes africains ou le Chinois ainsi que le basque, le breton et le catalan.

 

- C’est stupéfiant! Parlez vous également le Corse?

 

- Euh ..... le Corse ..... Là, vois tu,........ je ne peux pas te répondre car je suis soumis au secret professionnel! Mais, revenons à nos préoccupations, tu sais que je dois décider de ton avenir et nous devons passer en revue ton existence antérieure pour voir si tu mérites d’atteindre le paradis. As tu commis les sept péchés capitaux?

 

- Seigneur, je n’ai jamais tué personne, mis à part quelques perdigals (perdreaux) ou lapins forains et encore très peu car j’étais malaisit (maladroit) au fusil.

 

- As tu volé?

 

- Oh non, je n’ai jamais pris l’avion!

 

- As tu volé quelque chose?

 

- Jamais de ma vie, sauf, peut être, quelques figues ou cerises dans les vergers de mes voisins.

 

- Je vois, il s’agit de quelques larcins sans importance majeure. As tu souvent menti?

 

- Vous savez seigneur, mentir dans le midi c’est comme respirer, tout le monde ment du plus petit au plus âgé. Le mensonge nous est aussi nécessaire que l’EPO au coureur cycliste. Dire la vérité serait comme jouer aux cartes sans tricher, quelque chose d’inconcevable!

 

- Je le sais bien Auguste! J’ai à ce sujet de gros problèmes avec mes pensionnaires originaires du Sud de la Loire.

 

- Je me mets à votre place, mais vous ne pouvez pas nous envoyer tous griller en enfer pour ce simple motif, cela accroîtrait inexorablement votre stock de farine humaine en ces temps de vache folle.

 

- N’épiloguons pas, veux tu! Et le péché de chair, as tu commis ce terrible péché?

 

Visiblement mal à l’aise, l’âme d’Augustou ne put qu’avouer:

 

- Aie Seigneur! Celui là, je crois bien l’avoir commis souvent et ..... avec beaucoup de plaisir encore! Mais voyez vous, je pense avoir des circonstances atténuantes. En effet, comme vous devez le savoir, ma parcelle jouxtait celle de la Baptistine. Entre nos deux propriétés n’existait qu’un muret de pierres que j’avais assemblées unes à unes en son temps, avec, tout au bout un piboul (peuplier) qui procurait une ombre bienfaisante. Lorsque nous étions chacun au bout de la rangée de vigne, nous nous réfugions sous l’arbre où nous parlions et puis un jour, on avait rien à se dire alors ...... Je me dois de vous préciser que sans moi, la Baptistine, elle n’aurait pas eu deux beaux garçons, car son mari n’était guère prolifique. Grâce à moi, ils ont eu une famille comme tout le monde et le Mathurin explique à qui veut l’entendre, que ces enfants sont son portrait tout craché, donc....... je n’ai pas fait trop de mal.

 

- Et les autres? Parle moi un peu des autres.

 

- Les autres? Questionna à son tour le prévenu de plus en plus mal à l’aise.

 

- Oui, petit, les autres? Répondit Saint Pierre d’une voix douce et mielleuse.

 

Décidément son interlocuteur connaissait tout sur son passé et il allait falloir jouer serré pour éviter d’être damné.

 

- Voyez vous, Seigneur, là également ce n’était pas de ma faute. J’ai été pendant longtemps conseiller municipal et mes administrées me faisaient mander pour quelques problèmes d’extrêmes urgences et importances que je devais solutionner sur le champ. Et puis, j’ai toujours aimé rendre service...... C’est d’ailleurs dans ces occasions, que j’ai constaté que seules les voies du seigneur sont impénétrables!

 

- Ne blasphème pas malheureux, car cela n’arrange pas du tout ta situation! Parle moi plutôt du péché de gourmandise.

 

(A ce stade du récit nous nous devons de préciser que l’âme d’Augustou était plutôt du genre enveloppé. En effet, notre homme, durant son existence, dépassait allègrement le quintal et était réputé pour son goût de la bonne chère. Or - peu d’études ont été effectuées sur ce point nous nous devons d’en convenir- lorsque l’âme quitte son enveloppe charnelle, elle en conserve néanmoins son apparence d’origine.)

 

Cette question n’arrangeait visiblement pas l’ami Auguste qui essaya de biaiser en répondant:

 

- Oh! Vous savez le plus souvent je me contentais d’un petit mossèc (morceau).

 

- Parle moi donc du dernier banquet de la pétanque?

 

- Je ne crois pas avoir commis le péché auquel vous faites allusion, car c’est Isidore, notre Président qui avait élaboré le menu et les recettes n’étaient point amphigouriques. En entrée, nous avions du foie gras d’oie. Une tranche épaisse et délicieuse de plus de trois centimètres parfumée à l’Armagnac. Ensuite nous avons eu droit à un assortiment de tripou et cambajou maisons bien entendu. Le jambon était comme je l’aime, lardé d’un gras bien rosé. Après s’être rincé la bouche avec une salade batavia, on nous a servi une poularde rôtie, dodue et dorée à point. A l’intérieur de la volaille, les cuisinières avaient mis une farce gradaillée (aillée) réussie à la perfection et tout autour quelques pommes de terre bien mijotées dans le jus. Enfin, elles nous ont servi une crème faite avec douze oeufs et parfumée à la cannelle qui était si bonne que je crois bien que j’en ai repris ....trois fois.

 

- Disons plutôt quatre! Conte moi donc ta passion pour les champignons?

 

- Je n’ai jamais aimé trop les ramasser vous savez, car, compte tenu de ma corpulence, me baisser me posait des problèmes! Mais, j’ai toujours eu grand plaisir à les cuisiner. Tenez par exemple, les couriolettes accompagnent toujours une sauce de veau, les morilles blondes se servent avec un peu de crème fraîche sur un tournedos bien saignant, quant au cèpe je le prépare farci avec un peu de cansalade (petit salé) fumée qui lui octroie un parfum du tonnerre de ....

 

L’âme laissa sa phrase en suspens afin de ne pas commettre une gaffe.

 

- Et le vin petit, il paraît que tu étais un amateur?

 

(A vrai dire, la chose était aisée à deviner, car le divin breuvage avait laissé, du temps de son vivant, de nombreux sillons écarlates sur la figure de notre ami.)

 

- Ah seigneur, j’ai adoré le sang du Christ! J’avais pour lui une passion incommensurable. Quelle que soit sa couleur, du blanc au rouge, il me donnait beaucoup d’ardeur pour mon travail et me régénérait après une intense séance de bigòs (pioche à deux pointes). Je dois quand même vous avouer que parfois, j’ai un peu abusé de carthagène ou de blanquette......

 

- C’est d’ailleurs pour cela que tu es devant moi aujourd’hui! Je me suis laissé dire que tu as pris un coup de sang après un repas trop arrosé. Vraiment, dit-il fronçant les sourcils et élevant la voix, ton cas me paraît très délicat et presque désespéré.

 

L’âme d’Augustou ne put alors s’empêcher de se mettre en colère:

 

- Mais enfin, Nòstre Senher, qui a mis sur cette terre les jolies filles, les poulardes et le bon vin? Si vous désiriez que nous menions une vie monacale, pourquoi nous soumettre sans cesse à la tentation? Nous eussions pu nous contenter de patates bouillies et de pissenlits arrosés d’onde claire..... Je crois sincèrement ne jamais avoir péché durant mon existence mais avoir été, en quelque sorte, en état de .... légitime défense.

 

Croyez le si vous voulez, mais Saint Pierre fut tellement interloqué qu’il en ouvrit tout grand les portes de son établissement.

 

Et c’est ainsi que ce grand mécréant d’Augustou regagna le paradis. Prouvant ainsi qu’en certaines circonstances, la justice divine, comme parfois son homologue humaine, n’est pas exempte de bavures, et que ... la gourmandise n’est pas un si vilain défaut!

 

 

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Idée cadeau pour les fêtes ou pour le plaisir 

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Une Bibliothèque pour Assikoi de Robert Mondange

Publié le par Evy

Une Bibliothèque pour Assikoi de Robert Mondange

VENTS D’AFRIQUE Présente

Une Bibliothèque pour Assikoi

Prix d'Honneur du Collège Jean Louis Etienne

Salon du livre international

Mazamet 2019

 

Une Bibliothèque pour Assikoi de Robert Mondange

Un livre pour enfants et adolescent de 68 pages de texte

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mondange@aliceadsl.fr

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Prix Littéraires Evelyne Genique

Publié le par Evy

Prix Littéraires Evelyne Genique

 

Prix de poésie :

 

2014 - Premier prix de poésie libre - Prix Barbeaux Bourgois Maillard de Château Thierry

 

05/2018 - Diplôme d'honneur poésie récompensant le recueil "Ma plume tisse" - Salon de Mazamet.

 

12/2018 - 2ème prix de poésie libre au concours Charles Trenet  2018


05/2019 - Diplôme d'honneur "Collège Jean Louis Etienne" récompensant le recueil "La porte de l'imaginaire" Salon du livre de Mazamet.

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