" Rouge Océan Feuilleton " Marie-Pierre Nadal

Publié le par Evy

Chers amis,

Je vous donne rendez-vous, tous les vendredis, pour un feuilleton sur le groupe FaceBook « 66 infos libres » : ROUGE OCEAN

J’y dévoile un récit de mon cru, quasiment en direct. 3600 signes hebdomadaires pour vous faire frissonner et rêver devant le paysage océanique illustrant une croisière pas comme les autres, à la pointe du triangle des Bermudes.

Des meurtres vont être perpétrés, sans mobile apparent, sans aucun lien, et surtout, sans la moindre mansuétude.

Accompagnez-moi dans ce voyage si singulier, que vous n’en reviendrez pas !

Frissons garantis.

(Retrouvez-moi également sur ma page FaceBook dédiée à l’écriture : https://www.facebook.com/mpnadal/ ou Marie-P. NADAL-Auteure)

 

 

ROUGE OCEAN

Episode 1

Scott avait besoin de vacances. C’est avec le plus grand enthousiasme qu’il était prêt à embarquer sur l’ATLANTIS BLUE, gigantesque paquebot d’un blanc bleuté, qui s’étirait sur près de 350 m et culminait à plus de 60. Du sol, il semblait atteindre le ciel sans nuages.

Le jeune lieutenant de police new-yorkais n’en revenait pas. Se trouver à Miami pour le départ était déjà magique, mais embarquer pour une croisière d’une semaine était inespéré. Le cadeau que lui avait offert ses collègues pour ses trente-deux ans le laissait un peu dans les vaps. Il souriait, son nez retroussé en l’air, heureux comme un enfant qui découvre ses jouets un 25 décembre.

Les passagers défilaient devant lui qui était figé face au colosse flottant.

Cependant, une autre merveille s’approchait. La Directrice de croisière venait vers lui pour l’encourager à monter à bord. Elle descendait de la passerelle alors que le regard du new-yorkais se posait sur sa belle silhouette.

Il put ainsi se rendre compte que Pocahontas était bel et bien de ce monde. Ses yeux verts grandirent pour mieux apprécier cette jeune femme d’une trentaine d’années, brune hâlée aux cheveux caressant ses reins.

Ses yeux noirs accompagnaient un sourire pour le moins accueillant.

— N’ayez pas peur de monter, il n’y a aucun piège, dit la belle espiègle.

Elle tendit la main pour se présenter.

— Bonjour, je suis Halona Saint-James, la directrice de cette croisière. Vous êtes Monsieur ?

Le jeune homme reprit ses esprits et se présenta à son tour.

— Scott, je crois que je m’appelle Scott Cameron.

La jeune femme afficha un sourire plus accentué encore, à la limite du rire.

— Bien, Monsieur Cameron, je lis que vous venez de New-York, lieutenant de police, c’est exact ? Vous avez déjà parcouru un long chemin, dites-moi.

— Oui, et je compte bien profiter du plus intéressant. J’ai envie de me laver la tête de toutes les horreurs que je vois au quotidien.

— Je comprends. Eh bien, nous allons faire en sorte de vous distraire et vous détendre.

Elle le pria de la suivre. Ils s’engagèrent sur la passerelle comme on monte vers l’espoir de réjouissances festives.

Ils stoppèrent à son sommet, devant l’entrée du navire.

— Je m’arrête ici, annonça la belle indienne. Vous êtes sur le pont AZUR, au cinquième étage, cabine 508, dit-elle en regardant sa tablette. C’est à droite de l’ascenseur. Je vous souhaite une bonne croisière Monsieur Cameron.

— Merci, appelez-moi Scott, on sera peut-être amenés à se voir souvent, enfin j’espère, je veux dire, dans le cadre de votre travail, évidemment.

— Evidemment, reprit-elle, alors à bientôt !

Scott ne pouvait soutenir ce regard noir qui perçait son cœur si endurci par les affres de son métier. Il pénétra donc dans la ville sur mer.

Dès son entrée, la splendeur du lieu lui flanqua une gifle.

Devant lui, un hall démesuré et brillant de mille feux, où se croisaient des passagers aux bras chargées de valises et autres sacs, des uniformes bleu ciel signifiant que l’on avait affaire au personnel naviguant. Il y avait également des boutiques de toutes sortes, essentiellement pourvues en vêtements, bijoux et parfums pour tous les goûts. Les lumières projetaient leur clarté comme un sorcier jetterait des sorts de bonheur çà et là dans l’ambiance joyeuse.

Il se dirigea vers l’ascenseur que lui indiquait un panneau lumineux (lui aussi). Le lieutenant sortait du sombre de la vie new yorkaise pour plonger dans l’éclat du faste, l’esprit et les yeux déjà comblés de beautés diverses et variées.

Le mot splendeur avait été inventé pour qualifier le paquebot. Et il n’avait vu qu’une infime partie de l’endroit.

Toutefois, avant de se faufiler dans la cabine qui allait le mener à son étage, il eut un regard pour celle qui l’avait si gentiment reçu et qui se tenait, pour un quart d’heure encore, à l’accueil des retardataires. Il pensa que les bijoux n’étaient pas tous faits de matière inerte, l’éclat de la jeune indienne valait bien toutes les étoiles de la voute céleste. Que la vie était donc belle et surprenante !

Il respira profondément la joie d’être là et sourit à l’idée qui était une certitude, celle de vivre une semaine inoubliable.

Rien n’allait être plus vrai.

http://www.mariepnadal.fr/

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