ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL 4ème partie

Publié le par Evy

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL  4ème partie

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

Crédit photos: LH K-rine

Episode 4

Le commandant devint plus blanc qu’un drapeau de reddition.

C’est lui, à présent, qui entraîne le jeune Scott à l’écart de la salle à manger.

— Venez avec moi ! s’écria-t-il, nous allons dans mon bureau. 

Les deux hommes parcoururent les nombreuses coursives jusqu’aux quartiers du commandant, jouxtant son bureau.

La porte de ce dernier était entrouverte, ce qui étonna le propriétaire du lieu. 

— Je ne me souviens pas l’avoir laissée ouverte, je n’étais pas si pressé que ça d’aller dîner.

Scott passa devant sans rien dire, et s’avança lentement. 

Il poussa délicatement la porte, pour découvrir, assis sur le fauteuil et affalé sur le bureau, un homme visiblement … mort. 

Scott accourut auprès de lui, vérifiant son pouls.

Le commandant le suivit, lâchant un cri de stupeur.

— Oh seigneur ! il est ??

— Cané ! lança le lieutenant.

L’officier de bord ouvrit une bouche de laquelle aucun son ne put s’échapper. Toutefois, après quelques secondes : 

— Vous êtes certain ? et c’est un meurtre ?

— Commandant, si j’en crois le couteau planté entre ses omoplates et à moins que ce type fût un contorsionniste à la ramasse, on peut affirmer que oui, on l’a tué.

Le new-yorkais se moquait à peine du pauvre homme, totalement dépassé, qui n’était pas vraiment coutumier des frasques meurtrières, contrairement à lui, qui les connaissait si bien.  

— Ça fait deux en une soirée !

— Bien compté ! lança le jeune homme, et vous savez quoi ? 

— Je vous écoute.

— J’espère que vous aurez assez de vos dix doigts, parce que quelque chose me dit que nous partageons la croisière avec un tueur en série. Ces mecs prennent rarement des vacances. Et comme pas grand monde ne sautera pour nager vers les côtes portoricaines, cette croisière va devenir un vrai buffet naviguant. 

Le commandant, à la limite de l’apoplexie, s’appuya sur un meuble proche, baissant la tête comme sous un fardeau trop lourd.

Scott reprit son sérieux et devint plus amical au regard de ce qui s’annonçait. Il s’approcha de l’officier et posa la main sur son épaule. 

— Roy, Roy, il faut appeler les secours, les gardes côtes, ce que vous voulez, pour éviter un carnage.

Le commandant se redressa et fit face au lieutenant. 

— Scott. Je me demandais si vous ne pourriez pas enquêter sur mon navire. Je vous le demande comme service. On ne peut pas rester sans rien faire et j’avoue que je ne connais rien quant au déroulement d’une enquête criminelle. Je suis perdu.

Le jeune homme ne fut pas surpris. Cependant, il n’avait pas autorité en dehors de New-York et dût refuser la sollicitation, à regret. 

— Je regrette, je ne suis pas du FBI, et on n’est même plus dans les eaux territoriales. Je ne peux pas vous aider. 

- Nous sommes sur un navire privé, lieutenant. Ici, je suis souverain et je peux donner le pouvoir à qui je veux. J’ai besoin de vous.

Le policier réfléchit. Il était là pour se détendre et profiter d’une semaine de calme. En aucun cas pour commencer une investigation sur une probable série de meurtres. Son regard se posa à nouveau sur le cadavre. Il se dit qu’il n’était pas flic par hasard. Il aimait son métier. Il l’avait choisi pour servir son prochain. La devise de la police américaine n’était-elle pas « Servir et Protéger » ? Le crime ne connaît pas de frontières, mais la justice non plus. Il prit sa décision. 

— Très bien. Si vous en prenez la responsabilité, je veux bien vous aider. Il faudra faire exactement ce que je vous dirai. J’ai ma propre manière d’enquêter, je vous demanderai de ne pas être étonné, tout ce que je vais faire sera bien considéré. Pas très orthodoxe, mais bien pesé.

— Pas de problème, je vous suis.

Le commandant tendit la main pour sceller cet accord. 

— On va le chopper ! lança le lieutenant. 

La soirée continuait ses festivités dans la salle à manger. Les passagers goûtent à des instants heureux, sans se douter de ce qu’il se passait. Nul ne savait ce que présageait la belle balade. 

À part un.

 

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