Rouge Ocean – Marie-P. Nadal 2ème partie...

Publié le par Evy

Rouge Ocean – Marie-P. Nadal  2ème partie...

ROUGE OCEAN – Marie-P. NADAL

L’œuvre est protégée par le droit d’auteur et a fait l’objet d’un dépôt auprès de Copyright-France.

 

Episode 2

Scott n’eut aucun mal à se rendre dans sa cabine. Il se dit que si son apparence était proportionnelle à ce qu’il venait de voir, il allait pénétrer dans une véritable géode. 

Aucune fraude sur la marchandise, l’espoir ne fut pas vain. La porte s’ouvrit sur un bijou doré genre soleil couchant. 

Un lit deux places, peut-être même trois, régnait magistralement au centre d’une grande pièce ornée de dorures et de cuivres scintillants, tels qu’on en trouve dans les musées d’art moderne. De chaque côté de la pièce, un bureau et une table, tous deux en bois précieux. La table supportait un vase de cristal dans lequel fleurissait un bouquet de tulipes rouge sang.

Une longue et rectangulaire baie vitrée en guise de ciel de lit, remplaçait l’habituel hublot. À travers la vitre, l’océan étalait sa nappe bleue vers l’horizon. Un goéland glissait sur l’air marin qui l’emportait vers une destination inconnue. 

Une véritable toile de Maître. 

Scott jeta son sac sur le lit en vue d’un rangement ultérieur. Il prit toutefois ses effets de toilettes et se rendit dans la salle bains aux murs de marbre noir.

*****

Un appel du commandant annonça le départ. La voix dans les haut-parleurs invita les passagers à se réunir sur le pont principal pour des au revoir festifs, comme de coutume au départ d’une croisière.

Scott ne voulut pas s’y soustraire, l’occasion de revoir Halona étant bien trop belle. 

Il laissa là la corvée du triage vestimentaire, prit le plan du navire à la volée et se précipita sur le pont. 

Une foule de touristes en short et petites dentelles se pressait contre la balustrade décorée pour l’occasion de guirlandes et fleurs en papier. La musique trop forte couvrait les rires et les cris. Scott scrutait le pont pour tenter d’apercevoir l’image presque irréelle de la beauté incarnée. 

C’est par l’arrière que vint l’apparition attendue. 

— Scott ? hurla la jeune femme, son cri presque étouffé par le brouhaha. 

Le lieutenant se tourna brusquement. 

— Oh ! Halona ! s’exclama-t-il, à peine surpris.

— Etes-vous bien installé ?

— Oui, ma cabine est splendide. Merci. Vous restez pour le départ ?

- Non, j’ai encore du travail, mais…profitez, je vous en prie. Nous nous reverrons ce soir au dîner. J’ai organisé une soirée de gala.

La charmante personne approcha son visage de celui de son hôte. Sa bouche sensuelle manqua de peu le lobe auriculaire du lieutenant, qui n’était déjà plus ici et aujourd’hui.

— Je vais vous prévoir à la table du commandant, annonça la belle, d’ici là, visitez notre vaisseau des mers.

Scott avait du mal à respirer malgré la brise marine qui chargeait ses poumons d’embruns bienfaisants. Le visage de la jeune femme était si près, si près de lui, que le vide s’était installé entre ses oreilles. Il acquiesça de la tête, ne pouvant dire un mot. 

La belle fit demi-tour et disparut dans la foule comme un rêve qui s’évanouit. 

*****

L’heure du dîner arriva très vite, Scott avait juste eu le temps de visiter quelques étages, notamment la salle de sport, véritable hall de gare pour appareils de musculation. 

Il regarda sa tenue face à un miroir et fut satisfait de son apparence. 

— Parfait ! dit-il modestement, en ajustant son nœud papillon. 

La salle était comble. Les portes s’ouvraient sur une étendue de tables et fauteuils rouges, dispersés sur deux étages. 

Halona vint à la rencontre du policier. Sa robe bleu profond éblouit le jeune homme. 

— Vous êtes… époustouflante ! s’écria-t-il, frôlant la combustion spontanée.

— Merci, vous n’êtes pas mal non plus. Mais venez, que je vous présente au commandant.

Ce dernier était déjà sur place, une table au centre de la pièce, entouré de ses invités.

Commandant, laissez-moi vous présenter le lieutenant Scott Cameron, de la police de New-York. 

Le maître de bord se leva pour saluer son convive. 

— Enchanté lieutenant, je suis le commandant Roy Bradford, c’est un plaisir d’accueillir un policier de la grosse pomme. 

— Merci commandant, votre paquebot est un vrai bijou.

— Oui, c’est ma fierté. Voici mon second officier, Diego Alves.

— Lieutenant ! dit ce dernier. 

— Bien ! termina le commandant, asseyez-vous et faisons honneur à nos cuisiniers français.

Halona et Scott s’installèrent côte à côte, sous la bienveillance du commandant, affamé. 

Le dîner se passe dans les meilleures conditions. La mort était pourtant là qui guettait, prête à s’inviter pour le dessert.

 

 

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