La Parcelle du sang de Marie Ader auteur...

Publié le par Evy

La Parcelle du sang de Marie Ader auteur...

Extrait :

C’est le quatrième jour de cueillette, le jeudi matin. Louis se rend comme chaque matin au lieu d’arrivée des cueilleurs. Ce jour-là, ils vont cueillir plus loin, les parcelles sont en effet très étendues. Ils se rapprochent donc en voiture du lieu de travail et ne se garent pas au hangar.

Hier, Louis a croisé Alfred et lui a demandé si le miroir brisé était encore une de ses blagues. Celui-ci s’est mis en colère aussitôt, accusant Louis de harcèlement, lui promettant de porter plainte à la gendarmerie… Bref, comme d’habitude, c’est l’impasse. Louis se dit qu’il aurait mieux fait de la fermer, pour cette fois. Même s’il ne voit pas ce que ce miroir tranchant, coupé en deux, faisait là ! Il l’a emporté et jeté dans la benne à ordure. C’était un assez grand morceau de miroir, d’environ 25 cm de haut et 15 cm de large.

 

Les cueilleurs sont prêts à s’installer. Tout le monde est là, sauf Valério. Ceux de la plate-forme partent avec Éric.

« Est-ce qu’on pourrait pas changer ? J’aimerais mieux travailler avec le groupe d’en bas. »

C’est Jérôme qui demande ça, un gars pas très motivé par le travail, qu’il trouve trop dur, mais qui est très intéressé par la présence des filles du groupe. Il est venu travailler au verger, d’une part parce qu’il a besoin d’argent, d’autre part parce que ses copains l’y ont poussé. Il a 25 ans, fait une formation en boucherie, mais le travail ne lui plaît pas, alors il ne sait plus quoi faire. Il se cherche, dit-il.

Louis, qui a auparavant déjà fait le point avec Éric, lui dit :

-On verra, on verra. Pour aujourd’hui, on continue comme ça.

[…]

Il se dirige au bout d’un moment vers le hangar et là, il voit qu’une voiture de la gendarmerie est garée et qu’un gendarme parle avec Éric. Il s’approche.

« Voilà le patron, Louis Bélinier, dit-il au gendarme. Il s’éloigne vers le verger pour conduire la plate-forme jusqu’au champ à cueillir.

-Bonjour monsieur Bélinier. Brigadier Loiret, Brive. Vous êtes le propriétaire de ce verger ?

-Oui, enfin, mon père, mais il est à la retraite maintenant. J’ai repris l’exploitation.

-Je vais avoir besoin de vous dans une de vos parcelles.

-Ah bon, mais… pourquoi ?

-Suivez-moi ! Je vais vous expliquer en chemin. Montez, nous irons plus vite en voiture.

 

Les deux hommes se dirigent vers les champs du bas. Il faut bien cinq minutes pour y parvenir en roulant doucement.

-Nous avons été prévenus qu’un cadavre se trouve sur l’un de vos champs.

-Un … cadavre ? Louis blêmit, ne comprend pas tout à fait ce que le brigadier veut lui dire.

-Oui, ce matin. Et j’ai besoin de vous car vous connaissez peut-être la personne qui est décédée. Nous avons déjà mis en place les procédures d’usage en attendant l’arrivée de Madame Bélars, la Capitaine chargée de l’enquête. Madame la Procureure va également se déplacer.

-Mais… pourquoi ? Comment… ?

-Voilà. On arrive. Je vous préviens, ce n’est pas beau à voir. Il faut avoir le cœur bien accroché. Ah, au fait, je ne vous l’ai pas dit encore, mais il s’agit d’un meurtre !

Le brigadier est direct et ne semble pas se soucier de l’effet de ses paroles sur Louis, mais c’est volontaire. Il connaît bien son boulot. Il a une longue expérience professionnelle, et même s’il n’y a pas des meurtres tous les mois dans son secteur de travail, il sait ce qu’il doit faire.

Louis est devenu encore plus pâle, si possible. Il est très sensible et est pris d’une peur panique, inconsidérée. Il a les jambes qui tremblent et ne sait pas comment il va descendre de la voiture et marcher. Il y parvient cependant mais hésite à suivre le Brigadier Loiret.

-Venez, Monsieur Bélinier. Dans une enquête, il faut faire vite, si l’on veut trouver rapidement un coupable.

Les deux hommes voient déjà les rubans blanc et rouge qui entourent un coin du champ, ou plutôt le chemin du bas et l’extrémité de deux rangs de pommiers, jusqu’à la haie de séparation entre les champs du voisin et le sien. Des personnes vêtues de combinaisons et de sur chaussures s’affairent. Un photographe prend de nombreux clichés en se déplaçant avec précaution. En s’approchant davantage encore, Louis aperçoit la silhouette de quelqu’un assis, adossé au premier arbre du rang. Mais maintenant, ils sont à moins de dix mètres et Louis pousse un cri. Il ne peut pas s’en empêcher.

-Oui, je vous l’avais dit, ce n’est pas beau à voir…

 

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